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11,4 milliards USD de contrats signés à l’IATF 2025: Cap sur la concrétisation

La foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), tenue récemment à Alger, a marqué un tournant dans la dynamique d’intégration économique du continent. Avec plus de 48 milliards USD de transactions conclues entre pays africains, soit une hausse de 5 milliards par rapport aux prévisions, l’événement a confirmé la place centrale de l’Algérie dans la nouvelle géographie économique africaine. À elle seule, elle a signé pour 11,4 milliards USD de contrats commerciaux, représentant plus de 20 % du total.

L’ampleur de ce rendez-vous a dépassé toutes les attentes : plus de 2 000 exposants, 49 pays africains représentés, 21 délégations internationales et plus de 112 000 visiteurs. Mais au-delà de ces chiffres, l’enjeu désormais réside dans la concrétisation effective des accords conclus. Plusieurs projets portés par des entreprises algériennes se distinguent. La société Agrolog, spécialisée dans l’agroalimentaire et la logistique, a conclu un accord majeur avec un partenaire ougandais pour la transformation de cacao et de café. « Il s’agit d’un projet de 200 millions USD sur cinq ans, qui permettra d’importer chaque année près de 20 000 tonnes de cacao à transformer localement », a expliqué Mohamed Batraoui, directeur général d’Agrolog. Selon lui, l’objectif est double : réduire la facture d’importation et positionner l’Algérie comme hub régional de transformation. De son côté, le groupe Madar Holding, via sa filiale Tafadis, a signé 27 contrats portant sur l’exportation de 1,4 million de tonnes de sucre, soit l’équivalent de 18 mois de production nationale. « Rien qu’avec la Libye, nous avons conclu un accord portant sur 360 000 tonnes », a précisé Ahmed Derai, PDG de Tafadis. Pour lui, ces engagements traduisent « la volonté de l’industrie algérienne de répondre aux besoins africains tout en préservant l’autosuffisance nationale ».

La réussite de l’IATF ne se limite toutefois pas à la signature des contrats. Le Président de la République a annoncé qu’il assurerait un suivi personnel de leur exécution, en coordination avec le ministère du Commerce extérieur. Une commission spéciale a déjà été mise en place pour garantir le respect des délais, des volumes et des normes de qualité. Comme l’a rappelé Abdelouahed Kerrar, vice-président du Conseil de renouveau économique algérien (CREA), « le plus grand défi aujourd’hui est d’assurer la traduction de ces contrats en réalisations concrètes. Signer est une étape, mais exécuter dans les temps et selon les standards exigés en est une autre ».

Malgré l’enthousiasme, plusieurs freins persistent. Les opérateurs économiques évoquent l’insuffisance des infrastructures logistiques, la complexité des procédures douanières et fiscales, ainsi que les lenteurs du système bancaire. « Sans un accompagnement renforcé des banques, il sera difficile d’honorer certains engagements, surtout dans les filières à forte intensité de capitaux », a souligné Amine Boutalbi, président directeur général du Centre arabo-africain d’investissement et de développement (CAAID). L’intégration de l’Algérie dans le système panafricain de paiement électronique est, à ce titre, perçue comme un levier majeur pour fluidifier les transactions et contourner les lenteurs des circuits financiers classiques.

Avec ses excédents industriels dans le ciment, l’acier et les engrais, ses productions agroalimentaires et ses ambitions numériques, l’Algérie dispose d’atouts solides pour s’imposer comme un acteur clé du commerce intra-africain. Comme le souligne Mohamed Hachemaoui, directeur général de l’École supérieure de gestion et d’économie numérique (ESGEN) : « Nos entreprises doivent désormais franchir un cap culturel : passer d’une logique d’attente de la commande publique à une culture d’exportation offensive. L’Afrique est une chance historique à saisir ». L’IATF 2025 aura donc été un jalon décisif, mais la véritable épreuve commence maintenant : celle de la concrétisation. Transformer ces 11,4 milliards USD de contrats en succès industriels et commerciaux tangibles sera la clé pour consolider le statut de l’Algérie en tant que puissance économique montante sur le continent, ont plaidé les intervenants de l’émission « El Mouachir » de la Chaîne I de la radio nationale.

Par M. A.

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