Les travaux du 25e Congrès mondial de l’énergie (WPC Energy 2026) ont débuté lundi à Riyad, en Arabie saoudite, avec la participation du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal. Intervenant lors du dialogue ministériel sur les marchés pétroliers et gaziers, M. Arkab a appelé à intensifier les investissements dans les infrastructures énergétiques afin de sécuriser les approvisionnements face à la hausse de la demande. Il a également souligné le rôle pivot du gaz naturel dans le mix énergétique mondial et salué l’action de l’alliance OPEP+ pour préserver la stabilité des marchés.

Cette session, qui réunissait des figures majeures du secteur, dont le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais, a permis au ministre d’insister sur la croissance durable de la demande mondiale de pétrole et de gaz, portée par les pays émergents d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient. Il a précisé que « les transformations du système énergétique mondial ne signifient pas nécessairement une baisse généralisée de la consommation de pétrole, mais plutôt une évolution de la nature de la demande, de sa répartition géographique et de ses usages ». Il a notamment mis en avant la hausse des besoins dans l’aviation, le transport lourd et la pétrochimie.
Pour Mohamed Arkab, le défi majeur réside dans la mobilisation des financements nécessaires pour transformer les ressources en capacités effectives de production, de transport et d’exportation. Il a ainsi averti que « l’insuffisance des investissements pourrait accentuer les déséquilibres entre l’offre et la demande et provoquer une volatilité accrue des marchés », et appelé à investir à long terme dans l’ensemble des infrastructures : gazoducs, GNL, ports, raffinage et stockage.
Dans cette optique, il a valorisé les efforts de l’Algérie pour développer ses hydrocarbures et attirer les investisseurs, notamment à travers le lancement de l’Algeria Bid Round 2026. Il a indiqué que « le dispositif prévoit notamment la mise à disposition des données techniques par l’intermédiaire de salles de données virtuelles, avec pour objectif l’évaluation des offres et la signature des contrats avant mars 2027 ». Il a enfin rappelé la volonté du pays de favoriser le transfert de technologies grâce au cadre attractif de la loi sur les hydrocarbures de 2019.
S’agissant du marché gazier, le ministre a rappelé le rôle pivot du gaz naturel et du GNL pour répondre à la hausse de la demande d’électricité et des besoins industriels, soulignant « leur contribution à la flexibilité des systèmes énergétiques, en complément du développement des énergies renouvelables ». Il table par ailleurs sur une progression du GNL à 65 % du commerce mondial de gaz. Face à cette évolution, il a insisté sur l’urgence d’investir dans les infrastructures gazières, en mettant l’accent sur l’importance majeure du projet de Gazoduc Transsaharien (TSGP), qui reliera le Nigeria à l’Algérie via le Niger. Selon lui, « le projet est passé de la phase des études à celle de la réalisation, après l’adoption de l’étude de faisabilité actualisée en juin 2026 et le lancement officiel des travaux sur le tronçon algérien le 4 juin dernier. Cette infrastructure devrait contribuer à renforcer la sécurité énergétique et l’intégration régionale en Afrique ».
Sur le volet pétrolier, Mohamed Arkab a salué le rôle stabilisateur de l’alliance OPEP+ face aux risques géopolitiques, tout en insistant sur la nécessité de renforcer les chaînes de valeur dans le raffinage et la pétrochimie. Il a conclu en rappelant que « la sécurité énergétique mondiale repose sur des investissements suffisants, engagés en temps opportun, une visibilité à long terme et une coopération équilibrée entre pays producteurs et consommateurs ».
Arkab multiplie les rencontres bilatérales en marge du Congrès
La participation de la délégation algérienne à ce Congrès s’inscrit dans la volonté de promouvoir les potentialités et les opportunités d’investissement du pays. Placé sous le slogan « Des voies vers un avenir énergétique pour tous », cet événement de la Semaine de l’énergie réunit experts et dirigeants mondiaux pour débattre de la sécurité énergétique, de la stabilité des marchés, des nouvelles technologies et des mutations du mix énergétique.

Dans ce cadre, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, accompagné du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, s’est entretenu avec le ministre saoudien de l’Énergie, de l’Industrie et des Ressources minérales, Abdelaziz ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud. Cette rencontre visait à consolider les relations bilatérales historiques et à élargir la coopération dans les secteurs des hydrocarbures, des énergies renouvelables et du dessalement de l’eau de mer.
Les discussions ont porté sur le développement conjoint de projets d’exploration, de pétrochimie et de réduction de l’empreinte carbone entre Sonatrach et les entreprises saoudiennes, tout en favorisant le transfert de technologies et la formation. Les deux parties ont également abordé le renforcement des partenariats dans l’électricité, l’hydrogène propre, le solaire photovoltaïque et l’efficacité énergétique, notamment à travers le Conseil supérieur de coopération algéro-saoudien et le Conseil ministériel arabe de l’électricité. Enfin, elles ont salué l’impact positif de l’alliance OPEP+ sur la stabilité du marché pétrolier international, en réaffirmant leur engagement total envers les accords conclus pour garantir l’équilibre des marchés et la pérennité des investissements énergétiques à long terme.

Dans ce même élan de coopération, Mohamed Arkab s’est également entretenu avec son homologue irakien, Bassem Mohammed Khudair Al-Abadi, afin de renforcer les partenariats bilatéraux. Les discussions ont porté sur des projets conjoints entre Sonatrach et les compagnies irakiennes, notamment dans l’exploration, la pétrochimie et les engrais, ainsi que sur le partage de l’expertise algérienne dans la valorisation du gaz associé. Tout en soulignant l’importance des technologies propres pour réduire les émissions, les deux ministres ont réaffirmé leur engagement à coordonner leurs actions au sein de l’OPEP, de l’OPEP+ et du FPEG afin de stabiliser les marchés.
Le ministre d’État a par ailleurs rencontré son homologue koweïtien du Pétrole, Tariq Suleiman Al-Roumi, avec l’objectif de renforcer la coopération bilatérale et d’explorer de nouvelles opportunités de partenariat dans les industries pétrolière et gazière. Les discussions ont principalement porté sur la coordination étroite entre les deux pays au sein de l’OPEP et de l’alliance OPEP+, dans le but de garantir la stabilité des marchés mondiaux et l’équilibre des approvisionnements.

À cette occasion, Mohamed Arkab a invité les entreprises koweïtiennes à investir en Algérie et à prendre part au récent appel d’offres Algeria Bid Round 2026, en profitant du cadre juridique avantageux du secteur. De son côté, le ministre koweïtien a salué la vision stratégique algérienne et exprimé l’intérêt prononcé de son pays pour la concrétisation de projets conjoints à long terme.
Par Selma R.



