02/04/2026
ACTUALITENATIONAL

35 milliards DA/an de pertes causées par les catastrophes naturelles : L’urgence de renforcer les mécanismes de prévention

En Algérie, les catastrophes naturelles continuent de peser lourdement sur les finances publiques et sur la vie des citoyens. Chaque année, elles engendrent en moyenne 35 milliards de dinars de pertes pour le Trésor public. Rien que pour 2025, avant même la fin du mois de septembre, ce coût avait déjà dépassé les 40 milliards, un record inquiétant qui illustre l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention.

Les récentes pluies diluviennes survenues à M’sila, Djelfa et Sétif ont rappelé la vulnérabilité du pays face aux aléas climatiques. Les précipitations, bien que modérées (environ 50 mm, soit 50 litres par mètre carré en 24 heures), ont provoqué d’importants dégâts et des pertes humaines. Pour le Pr Abdelhamid Afra, délégué national aux Risques majeurs au ministère de l’Intérieur, ces drames ne sont pas liés uniquement à l’intensité des pluies mais surtout à « un manque de culture du risque et à des comportements évitables ».Selon lui, l’Algérie dispose déjà d’une stratégie nationale des risques majeurs, adoptée en novembre 2020, qui prévoit des mesures structurelles comme les ouvrages de protection et l’aménagement des oueds mais aussi des actions non structurelles, axées sur la gouvernance, la sensibilisation et la formation. Cependant, la mise en œuvre reste freinée par des lenteurs bureaucratiques, des budgets limités et parfois des blocages au niveau local.

Le pays compte 865 zones à risque d’inondations, identifiées et géoréférencées. Mais la prévention est souvent négligée. L’exemple de Sidi Aïssa, dans la wilaya de M’sila, en est une illustration : trois oueds traversent la ville et des murs de protection de quatre mètres avaient été construits. Or, des dépôts sauvages de déchets et des constructions anarchiques ont réduit considérablement leur efficacité, aggravant l’impact des crues. Pour Dr Afra, il est impératif de « changer de paradigme » : « Un dollar investi dans la prévention permet d’économiser quatorze dollars en intervention. C’est une vérité que nous devons intégrer dans notre politique de gestion des risques ». Cet investissement doit passer par un entretien régulier des oueds et des réseaux de drainage, une gouvernance claire et des campagnes de sensibilisation destinées à ancrer la culture du risque au sein de la société.

La technologie et la numérisation représentent également un levier majeur pour améliorer l’efficacité de la prévention. L’alerte précoce, la modélisation des risques, l’usage de drones, du LiDAR ou encore de logiciels de simulation climatique sont autant d’outils que l’Algérie commence à introduire dans sa stratégie. « Nous avons accumulé des données climatiques sur plusieurs décennies, mais faute de numérisation, elles sont sous-exploitées », a regretté M. Afra, appelant à valoriser la recherche scientifique et à renforcer la formation d’une nouvelle génération de cadres spécialisés.

Par M A.

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