55e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures : Booster la production et renforcer l’attractivité internationale
Depuis 1971, le secteur des hydrocarbures a profondément évolué. Aujourd’hui, la priorité consiste à accroître les capacités de recherche et de production afin de répondre à la demande nationale tout en consolidant les positions de l’Algérie sur les marchés extérieurs. Entre 2025 et 2026, le pays a ainsi doublé la cadence de conclusion des contrats de partenariat dans l’exploration et le développement.

Début 2026, un accord majeur de 1,35 milliard de dollars a été officialisé entre Sonatrach et Eni pour le périmètre de Zemoul El Kbar, à la faveur d’un décret présidentiel signé le 7 janvier. En 2025, un contrat de 850 millions de dollars a également été conclu avec Sinopec dans le bassin de Hassi Berkine Nord. D’autres partenariats ont été scellés avec TotalEnergies, QatarEnergy et Repsol sur un périmètre d’environ 14 900 km². Par ailleurs, Sonatrach a signé cinq contrats d’exploration et de développement gaziers pour un montant global de 606 millions de dollars, notamment dans le cadre de l’Algeria Bid Round.
Ces investissements, encadrés par la loi 19-13 sur les hydrocarbures, visent à renforcer les capacités nationales de production et l’attractivité du secteur. « Nous avons doublé le rythme de signature des contrats en 2025-2026. Cela traduit un climat d’investissement plus favorable et une confiance internationale renouvelée », a souligné Wassila Houmel, directrice du transport, de la transformation et de la commercialisation des hydrocarbures au ministère des Hydrocarbures et des Mines, sur les ondes de la « Chaîne I » de la radio nationale.
La stratégie nationale prévoit de porter la production primaire d’hydrocarbures de 194 millions de tonnes équivalent pétrole en 2023 à environ 208 millions en 2026. Pour le pétrole brut, l’objectif est d’atteindre près de 48 millions de tonnes à l’horizon 2028, contre 46 millions actuellement. Cette progression doit permettre d’absorber une demande intérieure en hausse annuelle de 3,7 %.

La consommation de gasoil devrait ainsi osciller entre 10 et 11,4 millions de tonnes d’ici 2028, tandis que celle de l’essence resterait comprise entre 3,3 et 3,5 millions de tonnes par an. « Malgré l’augmentation soutenue de la consommation nationale, nous avons réussi à maintenir des niveaux d’exportation significatifs », a précisé la responsable, insistant sur l’équilibre entre marché interne et engagements extérieurs.
Cette performance repose sur des infrastructures solides. Le réseau de transport du brut et des condensats comprend 22 systèmes de pipelines totalisant 21 190 km, appuyés par 85 stations de pompage et 128 bacs de stockage d’une capacité de 4,307 millions de tonnes équivalent pétrole. Pour le gaz naturel, dix systèmes couvrent 11 735 km, avec un centre de dispatching à Hassi R’mel capable de traiter 390 millions de m³ par jour. Les exportations s’appuient notamment sur le gazoduc vers l’Italie via la Tunisie, d’une capacité de 32,7 milliards de m³ par an, et sur la liaison directe vers l’Espagne, de 11,25 milliards de m³.
En aval, l’État ambitionne de porter le taux de transformation des hydrocarbures de 32 % à 50 % d’ici 2029. Six raffineries sont actuellement en exploitation, dont celles de Skikda (16,5 millions de tonnes/an) et d’Alger (3,7 millions). Plusieurs projets structurants sont en cours, notamment la raffinerie de Hassi Messaoud, prévue pour octobre 2027 avec une capacité de 5 millions de tonnes de gasoil, ainsi que des unités d’hydrocraquage et de reformage à Arzew et Skikda. Des projets pétrochimiques, dont une unité MTBE attendue en 2026, viennent compléter cette stratégie de valorisation locale.
Par S R.
