18/05/2026
ACTUALITEFOIRE/SALON

La 10e édition du salon Algest 2025 s’ouvre à Alger

À la veille de l’ouverture du Salon international de la sous-traitance (Algest 2025), le président de la Bourse algérienne de la sous-traitance et du partenariat, Kamel Agsous, détaille les enjeux d’un secteur devenu stratégique pour l’économie nationale, à nos collègues de la radio nationale. Unique événement entièrement dédié à la sous-traitance en Algérie, le salon, désormais annuel, s’impose comme une plateforme incontournable de rencontres d’affaires, de débats et de mise en valeur du potentiel industriel local.

Créée sous forme d’association professionnelle à but non lucratif, la Bourse de la sous-traitance a pour vocation première de rapprocher les grands donneurs d’ordre — notamment les industries manufacturières, les groupes publics comme Sonatrach ou Sonelgaz — des petites et moyennes entreprises spécialisées dans la fabrication de composants, pièces et services techniques. L’objectif est clair : développer les échanges industriels, encourager l’intégration locale et réduire la dépendance aux importations.

Dans un pays où l’industrie ne représente encore que 5 % du PIB, loin des standards des économies émergentes, cette mission devient cruciale. Les pouvoirs publics visent un taux d’intégration nationale de 40 % à moyen terme, ambition affichée dans les grandes orientations industrielles.

Pour l’édition 2025, Algest occupe une surface de plus de 2 500 m² au Palais des Expositions et réunit 130 exposants issus de l’ensemble du tissu industriel : mécanique, métallurgie, électronique, chimie, caoutchouc, énergie et services industriels. Le salon accueillera aussi plusieurs délégations étrangères venues de Pologne, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, de Chine ou encore de Tunisie.

Lors de son passage sur les ondes de la radio nationale « Chaîne 3», Kamel Agsous a précisé que « l’édition de cette année consacre un pôle important à l’industrie automobile, secteur dont l’essor est annoncé pour 2025-2026, avec un accent particulier sur la fabrication de pièces de rechange et l’accompagnement des futurs constructeurs». Selon la Bourse de la sous-traitance, l’Algérie compte environ 1 300 PME réellement actives dans ce domaine, un chiffre modeste au regard des besoins industriels. Le ratio de sous-traitance dans l’industrie nationale serait évalué à près de 10 %, un niveau faible comparé aux standards internationaux.

Le potentiel existe pourtant. Agsous cite notamment Sonatrach, considéré comme un gigantesque réservoir de commandes : près de 500 000 items consommés chaque année, représentant entre 750 millions et 1 milliard de dollars de pièces et composants. Un marché colossal dont une part importante pourrait être capté par les PME locales, à condition que celles-ci atteignent les standards requis.  Car c’est l’un des principaux défis : la mise à niveau. Les secteurs émergents — automobile, énergies renouvelables, infrastructures ferroviaires, dessalement de l’eau de mer — imposent des normes strictes, tant sur la qualité que sur la capacité de production.

Pour Agsous, la montée en gamme des PME est incontournable si l’on veut créer un tissu industriel fiable et intégrer les chaînes de valeur internationales. L’industrie automobile, citée à de nombreuses reprises dans le discours du président de la Bourse, demeure l’un des secteurs les plus riches en opportunités… mais aussi l’un des plus contraignants. Deux conditions majeures sont nécessaires. La première est en lien avec les volumes de production. « Sans un minimum de 300 000 à 400 000 véhicules fabriqués annuellement, la rentabilité des investissements dans la pièce de rechange reste incertaine», affirme l’intervenant.

Quant à la deuxième condition, le président de la bourse de la sous-traitance a cité le partenariat stratégique. Pour lui, les constructeurs étrangers doivent s’impliquer, apporter leurs équipes, transférer le savoir-faire et co-développer des capacités locales, indiquant que les investisseurs algériens de la pièce de rechange « sont sur les starting-blocks », mais n’avanceront que lorsqu’une visibilité réelle sur les volumes sera assurée.

Pour accélérer le développement de la sous-traitance, la Bourse propose plusieurs mesures, dont, une restructuration des groupes industriels afin qu’ils se concentrent sur leur cœur de métier et externalisent davantage, ainsi que la dépénalisation de l’acte de gestion, pour fluidifier la relation entre donneurs d’ordre publics et PME privées. Celui-ci précise aussi que la création d’une loi sur l’investissement productif, distincte du code des investissements, afin de simplifier les procédures pour les projets industriels et réduire les retards, serait utile.

Par Réda Hadi

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