18/05/2026
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Torchage du gaz en Algérie: En baisse de 4% en 2024

Alors que le volume mondial de gaz brûlé en torchère a atteint un niveau record en 2024, l’Algérie affiche une évolution inverse. Selon les derniers rapports, le pays a réduit ses volumes de torchage de 4 %. Cette progression est notable, même si l’intensité de torchage par baril produit demeure une préoccupation majeure pour le secteur énergétique national.

Dans un contexte énergétique mondial marqué par une recrudescence du torchage, l’Algérie enregistre une amélioration relative de ses performances. En 2024, le pays a réduit de 4 % le volume de gaz associé brûlé, soit une économie estimée à environ 0,3 milliard de mètres cubes. Selon la plateforme spécialisée « Attaqa.net », cette évolution intervient dans un environnement régional contrasté, où l’Irak et la Libye, malgré des investissements importants, peinent encore à stabiliser leurs niveaux d’émissions liées au brûlage du gaz.

Toutefois, derrière cette baisse des volumes en Algérie se profile une réalité plus nuancée liée à l’intensité du torchage. En effet, si les volumes globaux diminuent, l’intensité (c’est-à-dire la quantité de gaz brûlé par baril de pétrole extrait) a progressé d’environ 2 %, dépassant 19 m³ par baril. Cette hausse s’explique en grande partie par le recul de la production pétrolière nationale, estimé à 5 %, ce qui augmente mécaniquement la quantité de gaz brûlé rapportée à chaque baril produit.

Dans ce contexte, la compagnie nationale Sonatrach concentre l’essentiel des efforts de réduction. Responsable d’environ 80 % du torchage national, le groupe a réussi à faire baisser significativement les volumes brûlés sur plusieurs installations majeures. Sur huit sites principaux, les émissions ont été réduites d’environ 0,8 milliard de mètres cubes grâce à des ajustements techniques et à une meilleure valorisation des flux de gaz associés. L’exemple le plus marquant de cette démarche se situe dans le sud-est du pays, au niveau du champ de Tin Fouyé Tabankort.

Ce site a enregistré une baisse de 36 % du torchage grâce à une solution d’optimisation des infrastructures existantes. Le gaz auparavant brûlé est désormais dirigé vers une unité de traitement voisine déjà opérationnelle, ce qui permet sa récupération et son injection dans le circuit d’exportation. Cette approche transforme une perte environnementale en ressource commercialisable et constitue un modèle reproductible.

Les autorités du secteur et l’opérateur national envisagent d’appliquer ce schéma à d’autres zones de production, notamment dans les bassins de Berkine et d’In Amenas. Parallèlement, des solutions complémentaires sont étudiées, comme le micro-GNL, qui permet de liquéfier et de transporter le gaz récupéré sur des sites isolés non raccordés aux réseaux de gazoducs.

À l’horizon 2030, l’objectif reste l’élimination du torchage de routine, conformément à l’initiative internationale portée par la Banque mondiale. Pour l’Algérie, l’enjeu est à la fois environnemental, afin de respecter ses engagements climatiques, énergétique, pour accroître les volumes de gaz valorisés et exportables, et économique, chaque mètre cube récupéré représentant une valeur ajoutée supplémentaire. Même si le pays figure encore parmi les plus importants brûleurs de gaz à l’échelle mondiale, la baisse enregistrée traduit une dynamique engagée. La valorisation systématique du gaz associé tend ainsi à s’imposer non seulement comme une ambition stratégique, mais comme une exigence opérationnelle durable.

Dans le cadre de ses efforts pour mieux valoriser ses ressources énergétiques, l’Algérie a défini une stratégie ambitieuse visant à réduire significativement le torchage du gaz associé d’ici la fin de la décennie. La compagnie nationale Sonatrach a intégré dans sa feuille de route climatique des objectifs précis pour ramener le taux de gaz torchés à moins de 1 % d’ici 2030.

Cette stratégie s’inscrit dans l’initiative internationale « Zero Routine Flaring by 2030 », soutenue par la Banque mondiale, que l’Algérie a officiellement adoptée en s’engageant à éliminer le brûlage de routine et à réduire les émissions fugitives de méthane.  Depuis 2020, les programmes de récupération des gaz associés ont déjà permis de faire reculer le taux de torchage, contribuant à une diminution mesurable des volumes brûlés. La feuille de route prévoit également l’amélioration de l’efficacité énergétique, le développement de technologies de mesure et de gestion des émissions, ainsi que des projets de valorisation comme le complexe d’Aïn T’sila, qui transforme le gaz récupéré en produits commercialisables.

Ces mesures s’intègrent dans un cadre national plus large de réduction des émissions de gaz à effet de serre, avec pour objectif de réduire le torchage à moins de 1 % tout en respectant les engagements climatiques de l’Accord de Paris et en consolidant la position de l’Algérie en tant que fournisseur d’énergie durable.

Par Zahir R.

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