L’exploitation du gisement Zinc-Plomb de Bejaïa lancée: Une nouvelle étape pour l’économie nationale
Sous instruction du Président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Monsieur Sifi Ghrieb, a présidé ce mardi dans la wilaya de Béjaïa, la cérémonie de lancement des travaux du projet d’exploitation et de valorisation de la mine de zinc et de plomb, située entre les communes d’Amizour et de Tala Hamza.

Le Premier ministre a officiellement lancé la phase d’exploitation de ce gisement stratégique, marquant une avancée majeure dans la concrétisation de l’un des projets miniers les plus importants du pays, appelé à renforcer la position de l’Algérie sur le marché international des métaux. À son arrivée dans la wilaya, il a été accompagné d’une importante délégation ministérielle et en présence du wali et des autorités locales. Lors du lancement des travaux d’aménagement de l’entrée de la mine, qui s’étend sur une superficie de 234 hectares, Sifi Ghrieb a prononcé une allocution : « Le président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, a tenu sa promesse de lancer le projet avant la fin du mois de mars ; et nous voici aujourd’hui, conformément à ses instructions, en train d’en superviser le démarrage ».
Le Premier ministre a également souligné l’importance stratégique et économique de ce projet : « Les travaux dans cette mine apporteront une valeur ajoutée à travers les ressources que l’Algérie proposera sur le marché international, permettant ainsi à l’économie nationale de se positionner stratégiquement ». Il a insisté sur la dimension concurrentielle des ressources : « Ces ressources minières constituent désormais un pivot économique puissant au cœur de la concurrence entre les différents pays détenteurs de ces richesses ».

Classé parmi les cinq plus grandes mines de zinc au monde, le projet se distingue par son ambition industrielle et son approche respectueuse de l’environnement, visant à préserver l’équilibre écologique de la vallée de la Soummam. Doté d’un investissement global estimé à 471 millions de dollars, le projet affiche des perspectives économiques particulièrement prometteuses, avec un chiffre d’affaires annuel attendu de l’ordre de 215 millions de dollars et un amortissement prévu en seulement cinq années après le démarrage de la production. Sur le plan technique, la mine devrait atteindre une production annuelle avoisinant les deux millions de tonnes de minerai brut.
Une unité de traitement dédiée permettra d’en extraire environ 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb par an, positionnant le site comme un pôle industriel de premier plan dans le secteur minier. Le projet constitue également un levier de développement territorial, générant près de 700 emplois directs et jusqu’à 4 000 emplois indirects, dynamisant ainsi l’activité économique locale et offrant de nouvelles perspectives aux populations de la région.
À cette occasion, le Premier ministre a rappelé la dynamique nationale autour des grands projets miniers : « Tout comme nous avons commencé hier à Gara Djebilet, nous partons aujourd’hui de Béjaïa et nous lancerons demain le projet de la mine de phosphate, en attendant d’autres projets à venir ». Il a conclu : « L’Algérie et son économie avancent à pas fermes vers la sortie de la rente pétrolière, ce qui constitue l’objectif suprême tracé par Monsieur le Président de la République ».
Lors de la cérémonie, plusieurs présentations techniques ont été effectuées. La Société Nationale de Recherche et d’Exploitation Minière (Sonarem) a d’abord exposé les objectifs de production et de valorisation du gisement, tandis que le ministère des Travaux publics a détaillé le projet de liaison routière reliant la mine à l’axe autoroutier. Parallèlement, le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables a présenté le plan de raccordement électrique via une ligne de 60 kV depuis la station d’El Kseur, et le ministère de l’Hydraulique a précisé les mesures hydrologiques mises en place pour préserver l’équilibre de la vallée de la Soummam. Pour conclure ces interventions, le Directeur général du Port de Béjaïa a présenté les infrastructures dédiées à l’exportation du zinc et du plomb, assurant un traitement logistique efficace tout en respectant les normes environnementales.
Cette approche durable se traduit par l’utilisation des stériles miniers pour le remblayage des vides souterrains et la mise en place de systèmes avancés de gestion des eaux afin de prévenir tout risque de drainage acide. Sur le plan commercial, la production sera d’abord destinée au marché national avant que les excédents ne soient exportés, contribuant ainsi à renforcer les revenus de l’État et la dynamique industrielle régionale. Les premières étapes concrètes du projet sont déjà engagées, notamment avec l’ouverture d’une route de deux kilomètres reliant la RN75 aux hauteurs du village Aït Bouzid. Cette infrastructure stratégique facilitera l’accès au site et accompagnera le déploiement opérationnel du projet dans des conditions optimales.
Enfin, le Premier ministre a procédé à la pose de la première pierre des travaux d’aménagement de l’entrée de la mine, donnant le signal officiel du lancement de l’exploitation et de la valorisation de ce gisement. L’exploitation se fera par extraction souterraine, avec traitement visant à augmenter la concentration à environ 60 % pour le zinc et le plomb, contre une teneur initiale d’environ 4 % pour le zinc et moins de 1,5 % pour le plomb.
Par Selma R.
