03/04/2026
ACTUNATIONAL

Afin de réduire le gaspillage d’eau; Plaidoyer pour une nouvelle tarification

Alors que l’Algérie engage un programme ambitieux de dessalement pour sécuriser son avenir hydrique, la question du prix de l’eau s’impose désormais comme un enjeu central de viabilité économique. Derrière les chiffres impressionnants des nouvelles capacités (3,7 millions de mètres cubes d’eau dessalée par jour aujourd’hui, et près du double à l’horizon 2030), se cache une réalité financière difficilement soutenable : le mètre cube d’eau produite coûte entre 140 et 150 dinars, tandis que le consommateur final n’en paie que 6 dinars.

Pour Ahmed Kettab, expert consultant international dans le domaine de l’eau, cette situation n’est plus tenable : « On ne peut pas continuer à subventionner indéfiniment une ressource devenue rare et coûteuse à produire. L’eau gratuite, ce n’est pas de la justice sociale, c’est du gaspillage garanti », a-t-il déclaré à la radio nationale.L’expert propose une réforme audacieuse mais équilibrée : garantir le droit fondamental à l’eau en offrant 20 m³ gratuits par mois à chaque foyer, puis appliquer une tarification progressive au-delà de ce seuil. Le principe est simple : plus on consomme, plus on paie cher. Comme l’a expliqué M. Kettab, « Il faut faire payer le vrai prix à ceux qui en ont les moyens (entreprises, ambassades, grands ménages), tout en protégeant les familles modestes ».

Cette refonte tarifaire, loin d’être purement économique, s’inscrit dans une logique de sobriété et de durabilité, essentielle pour combattre le gaspillage. En effet, l’Algérie perd encore entre 40 et 70 % de son eau dans les réseaux de distribution, contre seulement 10 à 15 % dans les pays développés. Une consommation mieux maîtrisée, conjuguée à une maintenance renforcée des réseaux et à l’utilisation des nouvelles technologies de détection des fuites, permettrait de réduire considérablement ces pertes massives.

Pour Ahmed Kettab, il ne s’agit pas seulement de revoir les factures, mais de changer de culture : « L’eau n’est pas infinie. La sécurité hydrique nationale passe par une gestion responsable, une tarification équitable et une conscience collective ». Entre équité sociale, impératif écologique et viabilité économique, la réforme du prix de l’eau apparaît désormais comme la clé d’une gestion durable de “l’or bleu” algérien.

Par A. A.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *