03/04/2026
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Alger accueille le Forum africain des administrations fiscales : La fiscalité et la gouvernance économique en débat

Alger sera, du 3 au 7 novembre 2025, la capitale africaine de la fiscalité. En accueillant le Forum africain des administrations fiscales (ATAF), l’Algérie s’inscrit dans une dynamique continentale visant à moderniser les systèmes fiscaux, à renforcer la coopération internationale et à faire face aux défis posés par la mondialisation et la numérisation de l’économie.

Selon Mme Ghania Rabhi, directrice des relations fiscales internationales à la Direction générale des impôts (DGI), ce forum constitue une étape décisive dans la consolidation d’une coopération fiscale africaine fondée sur la transparence, l’équité et l’efficacité. Les débats porteront sur les grands défis actuels du continent en matière de fiscalité et de gouvernance économique.

L’événement, organisé par la Direction générale des impôts (DGI) en partenariat avec l’ATAF, réunira des représentants des administrations fiscales africaines, mais aussi des experts venus d’Asie, d’Europe et d’Amérique. Plusieurs organisations internationales, dont l’ONU et l’OCDE, prendront part aux travaux, aux côtés d’acteurs du secteur privé et d’institutions financières mondiales.

Interviewée par nos confrères de la radio nationale, Mme Rabhi Mansour explique que « le monde économique a changé. Aujourd’hui, une entreprise peut réaliser des profits dans un pays sans y mettre le pied. Nos systèmes fiscaux doivent s’adapter pour garantir à l’État les ressources nécessaires à son développement. »

Pour cette responsable, la modernisation numérique constitue l’un des axes majeurs du forum. Pour la DGI (Direction générale des impôts), la numérisation représente une réponse concrète à plusieurs fléaux, dont l’économie informelle et le manque de traçabilité.

Grâce à la digitalisation, les contrôles fiscaux seront désormais basés sur le risque et les données, limitant l’intervention humaine et réduisant les marges d’erreur. Cette transformation devrait renforcer la conformité fiscale et assurer une meilleure collecte des recettes publiques.

Elle poursuit en affirmant, que « Notre mission est régalienne : garantir les ressources de l’État. Pour cela, nous devons disposer d’outils modernes — gestion des données, automatisation, analyse prédictive — afin de suivre les flux économiques et identifier les revenus imposables ».

Avant d’aborder le vif du sujet, celle-ci a tenu a rappeler que l’Algérie, est un acteur engagé dans la coopération africaine. Membre de l’ATAF depuis 2024, l’Algérie joue déjà un rôle actif dans l’organisation du forum. L’adhésion du pays à cette organisation intergouvernementale créée en 2009 témoigne de sa volonté de s’inscrire dans une approche multilatérale de la gouvernance fiscale. « Nous avons une expertise à partager et beaucoup à apprendre des autres », précise Mme Rabhi. Des pays comme le Bénin — pionnier de la facturation électronique — ou le Nigeria — leader en matière d’imposition des services numériques — offrent des exemples inspirants de bonnes pratiques que l’Algérie souhaite adapter à son propre système.

L’objectif commun est clair : renforcer la coopération entre les États africains, mutualiser les connaissances et lutter collectivement contre la fraude et les flux financiers illicites, qui privent les pays du continent de milliards de dollars chaque année.

Le forum abordera également la fiscalité des entreprises algériennes souhaitant s’implanter sur le continent. Dans le sillage de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), l’Algérie négocie de nouvelles conventions de non-double imposition avec plusieurs pays africains.

Ces accords, soutient-elle, visent à éviter la double imposition d’un même revenu dans deux pays et à offrir une sécurité juridique aux opérateurs économiques. En cas de litige, une procédure amiable entre administrations fiscales permet de résoudre les différends sans recourir aux tribunaux.

Nos entreprises doivent être rassurées : si elles investissent en Afrique, leur administration d’origine les accompagnera et défendra leurs droits, affirme Mme Rabhi Mansour.

Au-delà du continent africain, l’Algérie s’implique activement dans les discussions internationales sur la refonte du système fiscal mondial. Sous l’égide de l’ONU, les États négocient actuellement une Convention-cadre sur la coopération fiscale internationale, accompagnée de protocoles spécifiques sur la fiscalité des services numériques.

Elle souligne par ailleurs, que l’enjeu est d’assurer une répartition plus juste des impôts entre pays développés et pays en développement. « Les règles actuelles favorisent trop souvent les économies avancées. L’Afrique doit parler d’une seule voix pour défendre ses intérêts et garantir que les bénéfices générés sur son sol y soient imposés », insiste la directrice. Pour les responsables algériens, la fiscalité est au cœur de la bonne gouvernance. Une administration performante, transparente et juste renforce la confiance des citoyens et des investisseurs.

Mme Rabhi Mansour conclut en affirmant que « La fiscalité, c’est le civisme. Payer ses impôts, c’est contribuer au développement de son pays — à ses routes, ses écoles, ses hôpitaux. Ce forum africain marque une étape vers une fiscalité plus moderne, plus équitable et plus solidaire, au service du développement durable de l’Afrique. »

A ce sujet, en accueillant le Forum africain des administrations fiscales, l’Algérie affirme son rôle moteur dans la construction d’une souveraineté fiscale africaine fondée sur la transparence, la coopération et la numérisation.

Par Réda Hadi

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