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Approvisionnement en GNL: L’Algérie à la conquête du marché bangladais

L’Algérie et le Bangladesh explorent les voies d’un renforcement de leur coopération dans le domaine des hydrocarbures, avec en ligne de mire l’approvisionnement du marché bangladais en gaz naturel liquéfié (GNL). Les discussions engagées entre les deux pays pourraient ouvrir la voie à de nouveaux contrats commerciaux et permettre au GNL algérien de renforcer sa présence sur le marché asiatique.

Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a examiné jeudi, par visioconférence, avec le ministre bangladais de l’Energie et des Ressources minérales, Iqbal Hassan Mahmood, les mécanismes susceptibles de permettre l’approvisionnement du Bangladesh en GNL algérien ainsi que les moyens de consolider la coopération bilatérale dans le secteur des hydrocarbures.

La rencontre, à laquelle ont pris part le PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, l’ambassadeur du Bangladesh en Algérie ainsi que des responsables de plusieurs entreprises bangladaises du secteur pétrolier et gazier, dont Petrobangla, Bangladesh Petroleum Corporation (BPC) et Rupantarita Prakritik Gas Company Limited (RPGCL), traduit l’intérêt croissant de Dhaka pour la diversification de ses sources d’approvisionnement.

La partie bangladaise a ainsi exprimé son intérêt pour la conclusion de contrats d’achat de GNL auprès de l’Algérie, en mettant en avant la position de Sonatrach comme fournisseur fiable et stratégique sur le marché international du gaz.

Vers de nouveaux contrats

Les discussions ont porté ainsi sur les possibilités de partenariat entre Sonatrach et les entreprises bangladaises dans plusieurs segments de la chaîne énergétique, notamment le gaz de pétrole liquéfié (GPL), les produits pétroliers ainsi que le développement des infrastructures liées à ces activités.

Les deux parties souhaitent ainsi aller au-delà des opérations ponctuelles réalisées par le passé et inscrire leur coopération dans un cadre plus structuré. A cet effet, elles ont convenu de mettre en place un groupe de travail conjoint chargé du suivi des différents dossiers, en prélude à la conclusion d’accords concrets.

Cette démarche intervient dans un contexte où le Bangladesh cherche activement à sécuriser ses approvisionnements énergétiques. Le GNL occupe une place de plus en plus importante dans son bilan gazier, représentant environ 33 % de la demande intérieure de gaz en 2025. Cette proportion pourrait atteindre près de 60 % à l’horizon 2030, selon les prévisions de l’Unité de recherche sur l’énergie basée à Washington.

Pour l’Algérie, un éventuel contrat avec le Bangladesh représenterait une ouverture vers un marché asiatique dont la présence reste limitée dans la carte actuelle de ses exportations de GNL.

Au premier semestre 2026, les exportations algériennes de GNL ont reculé de 6,5 % sur un an, à environ 4,47 millions de tonnes, contre 4,78 millions de tonnes durant la même période de 2025. L’essentiel de ces volumes a été absorbé par le marché européen, cinq pays représentant à eux seuls plus de 90 % des cargaisons, soit environ 4 millions de tonnes.

La Turquie arrive en tête avec près de 1,55 million de tonnes, suivie de la France avec 1,31 million de tonnes et de l’Italie avec environ 520.000 tonnes. Le Royaume-Uni et l’Espagne complètent les principaux marchés européens, avec respectivement près de 350.000 et 300.000 tonnes. Les autres marchés ont reçu environ 440.000 tonnes au cours des six premiers mois de l’année.

Si l’Europe demeure donc le principal débouché du GNL algérien, des cargaisons ont déjà été expédiées vers certains marchés asiatiques, notamment la Thaïlande, la Corée du Sud, le Japon et le Bangladesh. Ces opérations sont toutefois restées ponctuelles et ne se sont pas inscrites, jusqu’à présent, dans le cadre de contrats d’approvisionnement à long terme.

Le Bangladesh n’est pas totalement nouveau pour le GNL algérien. Les premières cargaisons ont été enregistrées en 2019, avec environ 292.000 tonnes réparties sur quatre cargaisons. Les volumes ont ensuite évolué de manière irrégulière : 70.000 tonnes en 2020, 132.000 tonnes en 2021, 67.000 tonnes en 2022 et 134.000 tonnes en 2023. En 2024, le Bangladesh n’a reçu qu’une seule cargaison algérienne, d’environ 79.000 tonnes, arrivée en septembre. Il s’agit, à ce jour, de la dernière livraison de GNL algérien enregistrée à destination de ce marché.

Par Z R.

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