Approvisionnement et régulation des marchés nationaux: Plaidoyer pour une approche anticipative et structurée
Le gouvernement algérien s’emploie à renforcer durablement l’approvisionnement des marchés nationaux en biens et services, en s’appuyant sur des mécanismes modernes de régulation et de gestion. Les pouvoirs publics affichent ainsi leur volonté de rompre avec les interventions ponctuelles et conjoncturelles au profit d’une approche anticipative, structurée et inscrite dans la durée.
S’exprimant sur les ondes de la « Chaîne I » de la Radio nationale, le Dr Ahmed El Hidouci, expert et professeur en sciences économiques à l’Université d’Alger, a indiqué que les autorités publiques ont engagé une série de mesures visant à garantir un approvisionnement régulier et organisé des marchés, en particulier pour les produits agricoles et alimentaires de large consommation. « L’objectif est d’assurer la disponibilité continue des produits essentiels tout en modernisant les circuits de distribution », a-t-il expliqué, soulignant que cette démarche prend une importance particulière à l’approche du mois de Ramadhan, période traditionnellement marquée par une forte hausse de la demande.
Selon l’expert, la nouvelle stratégie repose avant tout sur une meilleure compréhension du fonctionnement du marché. Cela passe, a-t-il précisé, par « la collecte et l’analyse de données quantitatives et qualitatives relatives au comportement des consommateurs, aux produits et aux tendances sectorielles ». Il a également mis en avant l’importance de la conclusion de contrats à long terme pour les produits importés, afin d’anticiper avec précision les niveaux de consommation, de sécuriser les approvisionnements et d’adapter l’offre aux besoins réels du marché national.
Le professeur a par ailleurs insisté sur la nécessité d’atteindre un niveau de stock de sécurité d’au moins 30 %, aussi bien pour les matières premières destinées à la production locale que pour les produits finis, qu’ils soient d’origine nationale ou importée. « Disposer d’un stock de sécurité suffisant permet d’éviter les pénuries, de mieux gérer les quantités mises sur le marché et de garantir la qualité sanitaire des produits », a-t-il souligné. Une telle approche suppose également, selon lui, une gestion rigoureuse des opérations de stockage et d’inventaire, ainsi qu’un respect strict des normes de sécurité alimentaire. Dans cette optique, le développement de systèmes modernes de gestion de l’approvisionnement constitue un levier essentiel pour stabiliser les prix, notamment lors des périodes de forte demande, et protéger le pouvoir d’achat des citoyens, conformément aux orientations du président de la République.
Ahmed El Hidouci a également mis en lumière les efforts engagés par l’État pour accélérer la numérisation du secteur du commerce. Cette démarche concerne aussi bien le commerce extérieur, avec la création de deux agences chargées de la régulation des opérations d’exportation et d’importation, que le commerce intérieur, afin d’assurer un meilleur suivi des flux de marchandises et une distribution plus fluide et régulière. Dans le même esprit, la mise en place d’une cellule de veille chargée de surveiller la disponibilité des produits de base constitue, selon lui, « un outil stratégique pour anticiper toute tension sur l’offre ».
À travers une commission ministérielle intersectorielle, les autorités entendent ainsi renforcer la coordination entre les différents départements concernés et consolider la relation de confiance entre l’État et les citoyens, tout en encourageant une consommation plus rationnelle. Abordant la question des dépenses des ménages, l’économiste a rappelé l’importance accordée par le président de la République à la connaissance fine des niveaux et des structures de consommation des familles algériennes.
« Mieux connaître comment et sur quoi dépensent les ménages permet d’ajuster les politiques publiques et de cibler plus efficacement les mécanismes de soutien », a-t-il affirmé, dans un contexte mondial marqué par des tensions persistantes sur la sécurité alimentaire. Il a également évoqué la hausse structurelle de la consommation durant le mois de Ramadan, qualifiée de phénomène économique et social récurrent. Face à cette réalité, il a appelé les consommateurs à davantage de modération.
Par Adem A.
