03/04/2026
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Augmentation des capacités nationales de raffinage: Cap sur 800 000 barils/jour d’ici 2027

Longtemps dépendante des importations pour couvrir ses besoins en carburants, le pays est désormais engagé dans une dynamique inverse, visant non seulement à consolider son autosuffisance, mais aussi à s’imposer comme un acteur régional dans l’exportation de produits pétroliers raffinés. À l’horizon 2027, les autorités ambitionnent de porter la capacité nationale de raffinage à plus de 800 000 barils par jour, contre environ 677 000 barils actuellement.

Cette montée en puissance repose sur un vaste programme de modernisation et d’extension des infrastructures existantes, piloté par le groupe Sonatrach. Réparties sur six sites majeurs (Skikda, Arzew, Alger, Hassi Messaoud et Adrar), les raffineries algériennes ont, pour la plupart, été construites entre les années 1960 et 1980. Malgré leur ancienneté, plusieurs d’entre elles ont bénéficié de travaux de réhabilitation et de mise à niveau technologique, permettant d’améliorer les rendements et de diversifier les produits finis, notamment les carburants à faible teneur en soufre.

Au cœur de cette stratégie figure le projet de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, considérée comme l’un des chantiers industriels les plus structurants de la décennie. Selon la plateforme spécialisée « Attaqa.net », cette installation, implantée dans la wilaya de Ouargla, affichera une capacité de 5 millions de tonnes par an, soit l’équivalent de près de 97 000 barils par jour. Le projet, dont l’investissement est estimé à 7 milliards de dollars, a été officiellement lancé en février 2025 et devrait entrer en production vers la fin de l’année 2027. Une fois opérationnelle, la raffinerie produira sept dérivés pétroliers conformes aux normes environnementales Euro 5, destinés aussi bien au marché national qu’à l’exportation.

Parallèlement, d’autres projets viennent renforcer l’effort global d’augmentation des capacités. À Arzew, un complexe de craquage du naphta, d’une capacité de 1,2 million de tonnes d’essence par an, est attendu pour 2027, tandis qu’à Skikda, une unité de conversion des résidus permettra de produire, à l’horizon 2029, près de 1,75 million de tonnes de diesel et 250 000 tonnes de bitume. Ces investissements devraient, à terme, accroître la capacité nationale de raffinage d’environ un tiers par rapport au niveau actuel. Les effets de cette politique commencent déjà à se faire sentir. Selon les données de l’Opep, la production des raffineries algériennes est passée de 644 000 barils par jour en 2022 à 681 000 barils en 2024.

La production d’essence a progressé, tandis que les volumes de distillats ont également enregistré une hausse notable, confirmant l’amélioration des performances opérationnelles du parc de raffinage. Au-delà des chiffres, l’enjeu est aussi stratégique. En transformant une part croissante de son pétrole brut localement, l’Algérie cherche à capter davantage de valeur ajoutée, à réduire sa vulnérabilité aux fluctuations des marchés internationaux et à renforcer sa sécurité énergétique. La proximité géographique avec l’Europe, combinée à des infrastructures portuaires développées à Arzew et Skikda, confère au pays un avantage compétitif certain pour devenir, d’ici la fin de la décennie, un hub régional de raffinage et de commerce des produits pétroliers.

Si des défis techniques et financiers subsistent, la trajectoire est désormais clairement tracée. Avec des capacités appelées à dépasser les 800 000 barils par jour d’ici 2027, le secteur du raffinage s’impose comme l’un des leviers majeurs de la transformation de l’économie énergétique nationale et de son repositionnement sur l’échiquier régional.

Par M. A.

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