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Augmenter le taux de valorisation des déchets à 30% d’ici 2035: La révision du système de taxation recommandée

Le Centre de recherche en Environnement, situé à Annaba, à l’Est de l’Algérie, en collaboration avec l’Union européenne (UE), organise, du 6 au 8 février 2023, à l’hotel Sabri d’Annaba, un Workshop international « Economie Circulaire et Stratégie Innovante des Déchets en Algérie », sous forme d’atelier sur l’économie circulaire sur la thématique de « la gestion des déchets ménagers »                                                                                                                                                    

Le workshop  intervient dans le cadre du projet de l’Union Européen P3A (Programme d’Appui à la mise en œuvre de l’Accord d’Association), particulièrement le programme « TAIEX : Technical Assistance and Information Exchange instrument of the European Commission », a indiqué Pr Zihad Bouslma, directrice du Centre de Recherche en Environnement qui a présenté un exposé sur : « Le CRE : Pour Une Économie Circulaire».

Elle a précisé que l’objectif du cet événement se fonde sur deux axes majeurs à savoir l’orientation et le conseil afin de gérer d’une manière optimale et plus performante les déchets  et soutenir le développement d’un comité national, qui aura à élaborer une stratégie innovante pour  l’essor de l’économie circulaire en Algérie.

L’intervenante a précisé que l’économie circulaire n’est ni l’économie du déchet et ni celle du recyclage. Il s’agit de passer d’une société du tout jetable à un modèle économique plus circulaire.

Le Réseau Algérien de Gestion des Déchets aura pour mission de mener des actions : de recherche scientifique; d’innovation technologique; de valorisation et de formation dans les domaines de gestion des déchets ; d’analyse de cycle de vie ; d’éco-innovation et d’économie circulaire.

A travers ses missions, le RAGD, ajoute l’intervenante, contribue activement au développement du savoir dans la gestion des déchets et à sa transformation en savoir-faire en appliquant le principe de 3R (Réduire, Réutiliser et Recycler) et redessine les politiques déchets pour donner la priorité à la prévention, au réemploi et au recyclage.

Il est à noter que la quantité des déchets ménagers et assimilés produits en  2021, est estimée à 11,1 millions de tonnes, soit une moyenne de 0,68 kg par jour et par habitant. Sur la valorisation des déchets, les données font état d’un taux de valorisation de 9,83% en 2020, tandis que le ministère de l’Environnement tend à augmenter ce taux à 30%, à l’horizon 2035, rappelle l’intervenante.

Pour atteindre ces objectifs, des adaptations organisationnelles  scientifiques, technologiques sont nécessaires pour passer de  9% à 30 %. En effet, la Stratégie Nationale et Plan d’Actions de la Gestion Intégrée et de la Valorisation des Déchets à l’Horizon 2035 estime que : la condition limite est la majoration de la TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères) à 1% du revenu de ménage, les déchets doivent être compostés à 50% recyclé à 25 % et enfuit dans des CET classe II avec une bonne récupération énergétique à 25%.

Actuellement, la problématique financière est la principale entrave pour la valorisation des déchets en Algérie. Selon une autre étude présentées lors de cet événement, sous le thème : «Gestion des déchets en Algérie : L’empreinte carbone due aux pratiques courantes et projection future », avec un taux de recouvrement de la taxe d’enlèvement des ordures ménagers TEOM à 25%, fixée à 2000 DA/an/ménage, l’Etat ne récupère que 2,6 Milliards de DA , dont 321 Million de DA la TEOM, et 2,3 Milliards de la valeur des marchés de recyclage. Donc, le système est déficitaire financièrement de 36,3 Milliards de DA/an sur 38,6 Milliards de DA/an, soit 94% .

Par ailleurs, en vue de renforcer l’approche d’économie circulaire dans la stratégie de gestion des déchets en Algérie, ces chercheurs estiment qu’il est nécessaire d’ instaurer les bonnes pratiques de l’économie circulaire par l’intégration du principe de responsabilité élargie des producteurs, ‘’extended producers responsibility”.

Il s’agit d’une application du principe pollueur-payeur à grande échelle (ou d’élargir l’initiative eco-jem) à tous les secteurs industriels. Un tel dispositif permet l’intégration par le producteur du coût de prévention et de gestion des déchets dans le coût du produit, ce qui l’incite à l’éco-conception de son produit pour réduire ces coûts.

Par Sirine R       

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