AFRIQUE

Avec plus de 120 milliards de barils de réserves: L’Afrique réclame plus d’investissements

Riche de plus de 120 milliards de barils de réserves pétrolières, soit environ 8 % des réserves mondiales, l’Afrique s’affirme de plus en plus comme un acteur incontournable du futur énergétique mondial. Mais pour que cette richesse naturelle se transforme en véritable levier de croissance, la question des investissements demeure centrale. C’est tout le sens du message porté par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) lors de la Semaine africaine de l’énergie, organisée à Cape Town, en Afrique du Sud, du 29 septembre au 3 octobre 2025.

Le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais, a saisi cette occasion pour rappeler que le continent dispose « d’un potentiel immense » et qu’il est « temps que l’Afrique bénéficie pleinement de ses ressources naturelles ». Selon lui, les ressources pétrolières et gazières africaines ne doivent plus être perçues comme une simple opportunité d’exportation, mais comme un véritable moteur de développement économique et social. « Chaque nation africaine doit avoir le droit de choisir sa propre voie énergétique et de valoriser ses ressources au service de son peuple », a-t-il déclaré sur la plateforme X, rapporté par la plateforme spécialisée « Attaqa.net ».

Au cœur des discussions de cette semaine dédiée à l’énergie, un consensus s’est dégagé sur la nécessité de stimuler les investissements dans l’exploration et la production. D’après les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le monde devra investir près de 500 milliards de dollars par an pour garantir la stabilité de la production de pétrole et de gaz. Une partie substantielle de ces financements devrait être orientée vers l’Afrique, où les besoins sont considérables et les opportunités, prometteuses.

Les exemples de la Nigeria et de l’Angola illustrent bien cette dynamique. En Nigeria, premier producteur africain de brut, la mise en œuvre du PetroleumIndustryAct a renforcé la gouvernance du secteur et attiré de nouveaux investisseurs. Résultat : la production de brut et de condensats a enregistré une hausse significative, atteignant son plus haut niveau depuis cinq ans. Plusieurs anciens champs pétroliers ont été relancés grâce à des opérateurs locaux, tandis que l’exploration offshore en eaux profondes attire de nouveau les grandes compagnies internationales, à l’image de Shell, symbole du regain d’intérêt pour le marché nigérian.

En Angola, l’objectif est de maintenir une production supérieure à un million de barils par jour, soit environ la moitié du volume enregistré il y a dix ans. Malgré cette baisse, le pays multiplie les incitations fiscales pour revitaliser son secteur. Ces efforts commencent à porter leurs fruits : la société britannique Afentra a annoncé avoir doublé sa production grâce à de nouvelles facilités financières, tandis que TotalEnergies poursuit le développement du projet Caminho, dont la production devrait atteindre 70 000 barils par jour. Des perspectives encourageantes pour un pays longtemps marqué par les conséquences de la guerre civile.

Pour Haitham Al Ghais, ces expériences démontrent que les réformes structurelles et la stabilité réglementaire constituent des conditions essentielles à l’attraction des capitaux dans le secteur énergétique africain. « L’Afrique n’a pas besoin de pitié, mais de partenariats équitables et de financements à long terme », a-t-il affirmé, appelant la communauté internationale à reconnaître la place stratégique du continent dans la sécurité énergétique mondiale. Au-delà du pétrole, le secrétaire général de l’OPEP a également insisté sur la nécessité de diversifier les investissements vers le gaz et les infrastructures énergétiques intégrées, afin de répondre à la demande croissante en électricité et de favoriser l’industrialisation locale. La Semaine africaine de l’énergie 2025 aura ainsi servi de tribune à un message clair : l’Afrique entend être actrice de son destin énergétique, et non plus simple spectatrice du marché mondial.

Forte de ses vastes réserves, de son potentiel d’exploration encore sous-exploité et de l’intérêt croissant des grandes compagnies internationales, elle ambitionne désormais de transformer sa richesse naturelle en richesse économique, au service de son développement durable et de sa souveraineté énergétique.

Par M. A.

lesenjeuxeco

Share
Published by
lesenjeuxeco

Recent Posts

10e édition de « Seeds for the Future 2026 »: Huawei Algérie accompagne 30 étudiants algériens en Chine

Huawei Algérie poursuit son engagement en faveur du développement des jeunes talents, en participant à…

10 heures ago

Campagne labours-semailles 2026-2027: L’OAIC renforce son dispositif d’accompagnement des agriculteurs

Les 78 guichets uniques de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), déployés à travers le…

10 heures ago

Un budget de 20,48 milliards de DA alloué au secteur minier: L’accélération des projets structurants en priorité

Le secteur des mines s’engage à accélérer la valorisation des ressources naturelles nationales en 2027,…

10 heures ago

Solidarité nationale: 270 milliards de DA de budget prévus dans le PLF 2027

Les crédits alloués au secteur de la solidarité nationale devraient connaître une nouvelle hausse en…

10 heures ago

Projet Baladna El Djazair: 50 jeunes en formation pour répondre aux besoins en main d’œuvre qualifiée

Une session de formation au profit de 50 jeunes a été lancée, dimanche à l’Institut…

10 heures ago

Le président de la République reçoit le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu, dimanche, le ministre tunisien des…

10 heures ago