Avec une production de 11 millions de mètres cubes d’hélium en 2025: L’Algérie se classe au quatrième rang mondial
L’Algérie consolide sa position d’acteur incontournable sur l’échiquier mondial de l’hélium en 2025, malgré les tensions persistantes qui pèsent sur l’offre internationale. Avec une production constante avoisinant les 11 millions de mètres cubes, le pays préserve son rang de quatrième fournisseur à l’échelle globale, se plaçant directement après les États-Unis, le Qatar et la Russie.

À l’échelle globale, la production d’hélium a atteint 190 millions de mètres cubes en 2025, en hausse de 7 millions par rapport à l’année précédente, selon des données récentes de la plateforme spécialisée « Attaqa.net ». Ce gaz rare, aux propriétés physico-chimiques uniques, s’impose comme une ressource indispensable pour des secteurs de pointe tels que l’électronique, l’aérospatial, la médecine et les technologies de communication. Sa capacité à rester liquide à des températures extrêmement basses en fait notamment un élément clé des systèmes de refroidissement avancés.
Dans ce paysage mondial, la position de l’Algérie se distingue par sa stabilité. Contrairement à d’autres grands producteurs, le pays n’a enregistré ni hausse ni baisse significative de sa production entre 2024 et 2025. Cette constance traduit une certaine maîtrise des capacités d’exploitation, mais révèle également des marges d’expansion encore limitées à court terme.
Toutefois, l’évolution récente du marché international pourrait jouer en faveur d’Alger. Depuis la fin du mois de février 2026, les exportations du Qatar, deuxième producteur mondial, sont fortement perturbées à la suite d’attaques ayant affecté le complexe gazier de Ras Laffan, dans le contexte de la conflit Iran–Qatar 2026. Cette situation a entraîné une contraction de l’offre mondiale, susceptible de provoquer une hausse des prix. Dans ce contexte de tension, l’Algérie pourrait bénéficier d’une fenêtre d’opportunité pour renforcer sa présence sur les marchés internationaux, notamment en Europe et en Asie.
Cependant, cette perspective reste conditionnée par sa capacité à accroître sa production, un défi qui implique des investissements lourds et une planification industrielle adaptée. Par ailleurs, le pays dispose d’atouts non négligeables en matière de réserves. À l’instar du Qatar, l’Algérie figure parmi les principales puissances mondiales en termes de ressources d’hélium, dans un classement dominé par les États-Unis, qui détiennent près de 40 % des réserves mondiales estimées à 52 milliards de mètres cubes.
L’importance de l’hélium dépasse largement le simple cadre économique pour s’inscrire dans une dimension stratégique majeure. Ce gaz est désormais un pilier de la souveraineté industrielle en raison de son utilisation indispensable dans la production de semi-conducteurs, de fibres optiques, de dispositifs médicaux et de technologies liées à l’espace. Dans ce cadre, l’Algérie dispose de sérieux atouts grâce à ses vastes ressources et son savoir-faire reconnu dans l’industrie gazière. Cette expertise permet au pays de se positionner comme un partenaire clé pour garantir la stabilité et la sécurité des chaînes d’approvisionnement à l’échelle internationale.
Bien que la production du pays reste constante dans l’immédiat, les transformations en cours sur la scène internationale offrent des horizons inédits. L’Algérie se situe désormais à une étape charnière, entre défis structurels et opportunités de marché, lui permettant de mieux exploiter ses gisements d’hélium et de renforcer durablement son influence au sein d’un secteur industriel en pleine mutation.
Par S. R.
