A LA UNE

Banque africaine de l’énergie: Les projets prioritaires à financer

Raffineries, gazoducs, terminaux de GNL, infrastructures de stockage et projets de conversion du gaz en électricité figurent parmi les premières catégories de projets ciblées par la nouvelle institution financière africaine. La Banque africaine de l’énergie (BAE), dont l’entrée en service est prévue dès septembre prochain, est appelée à jouer un rôle central dans le financement des infrastructures énergétiques du continent, notamment dans les pays producteurs d’hydrocarbures.

Dans un entretien accordé à Energies Media, le secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), Farid Ghezali, a détaillé les principales priorités de cette banque, présentée comme une réponse africaine au déficit de financement auquel sont confrontés les projets énergétiques du continent. Selon lui, la BAE doit permettre aux pays africains de « mieux valoriser leurs ressources », tout en finançant des projets considérés comme trop risqués par certaines banques internationales. L’objectif est également de soutenir l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’amont jusqu’à la transformation locale, afin de conserver une part plus importante de la valeur créée sur le continent.

Des projets à fort impact

La nouvelle banque entend concentrer ses premiers financements sur des projets jugés stratégiques et susceptibles de produire rapidement des effets sur l’économie et la sécurité énergétique africaines.

Les raffineries, les infrastructures de transport, les capacités de stockage, les gazoducs, les terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) et les projets de gaz-to-power figurent ainsi parmi les principales catégories ciblées.

L’approche défendue par l’APPO repose sur la sélection de projets « bancables, stratégiques et à fort impact » pour l’intégration énergétique du continent. Il s’agit notamment de financer des infrastructures capables d’améliorer simultanément la sécurité des approvisionnements, la création de valeur ajoutée locale et le commerce intra-africain.

Cette orientation traduit la volonté de dépasser une logique limitée au financement de la production d’hydrocarbures. La priorité est désormais donnée aux infrastructures permettant de transformer les ressources, de les transporter et de les commercialiser davantage à l’intérieur du continent.

Pour Farid Ghezali, l’un des principaux enjeux de la BAE consiste à réduire la dépendance des pays africains aux sources de financement extérieures.

La banque doit notamment permettre de sécuriser les projets structurants et de mobiliser des capitaux adaptés aux réalités économiques du continent. L’objectif est de disposer d’un instrument financier capable d’accompagner des projets énergétiques stratégiques dont le financement peut s’avérer difficile auprès des institutions financières internationales.

Cette capacité de financement devrait également favoriser une meilleure conservation de la valeur ajoutée en Afrique et soutenir le développement de chaînes de valeur locales.

L’APPO accélère ses préparatifs

Le lancement de la Banque africaine de l’énergie constitue l’une des trois priorités fixées par Farid Ghezali depuis sa prise de fonction à la tête de l’APPO en novembre 2025.

Le responsable fait état d’avancées importantes sur le chantier de la conformité nécessaire au démarrage de la banque. Selon lui, l’institution dispose désormais d’un siège opérationnel à Abuja et le capital minimal a été atteint, tandis que les travaux se poursuivent pour rendre son démarrage effectif.

La restructuration du secrétariat de l’APPO constitue le troisième axe de travail. Elle vise à adapter l’organisation aux nouvelles ambitions du continent et à disposer d’un secrétariat « plus agile, plus performant et mieux structuré ». Parallèlement à la création de la banque, l’APPO prépare une plateforme numérique destinée à améliorer l’accès des entreprises africaines aux opportunités dans le secteur énergétique.

Cette plateforme, dont la mise en service est prévue vers la fin de 2026 ou le début de 2027, doit notamment donner davantage de visibilité aux entreprises africaines dans les appels d’offres énergétiques et améliorer la circulation de l’information sur les marchés du continent.

Par Z R.

lesenjeuxeco

Share
Published by
lesenjeuxeco

Recent Posts

10e édition de « Seeds for the Future 2026 »: Huawei Algérie accompagne 30 étudiants algériens en Chine

Huawei Algérie poursuit son engagement en faveur du développement des jeunes talents, en participant à…

13 heures ago

Campagne labours-semailles 2026-2027: L’OAIC renforce son dispositif d’accompagnement des agriculteurs

Les 78 guichets uniques de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), déployés à travers le…

13 heures ago

Un budget de 20,48 milliards de DA alloué au secteur minier: L’accélération des projets structurants en priorité

Le secteur des mines s’engage à accélérer la valorisation des ressources naturelles nationales en 2027,…

13 heures ago

Solidarité nationale: 270 milliards de DA de budget prévus dans le PLF 2027

Les crédits alloués au secteur de la solidarité nationale devraient connaître une nouvelle hausse en…

13 heures ago

Projet Baladna El Djazair: 50 jeunes en formation pour répondre aux besoins en main d’œuvre qualifiée

Une session de formation au profit de 50 jeunes a été lancée, dimanche à l’Institut…

13 heures ago

Le président de la République reçoit le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu, dimanche, le ministre tunisien des…

13 heures ago