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Barrages, dessalement et grands transferts: Les piliers de la sécurité hydrique nationale

L’Algérie poursuit sa mutation hydrique pour faire face aux défis croissants imposés par les changements climatiques. À l’occasion de l’ouverture de la 21e édition du Salon international des équipements, des technologies et des services de l’eau (SIEE-Pollutec), qui se poursuivra jusqu’au 4 juin courant, le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a présenté les grandes orientations de la stratégie nationale visant à garantir durablement la sécurité hydrique du pays.

Organisé avec la participation d’entreprises publiques, privées et étrangères, au nombre de 170, venues de 16 pays, le salon constitue, dira le ministre, une plateforme privilégiée d’échange d’expériences et de diffusion des innovations technologiques dans les domaines de l’eau et de l’environnement. Au cours de sa visite des différents stands, le ministre a souligné la diversité des solutions présentées, allant des équipements hydrauliques aux technologies de gestion intelligente des réseaux. Il a notamment mis en avant les avancées réalisées en matière de télésurveillance, de télégestion et de contrôle à distance des infrastructures, ainsi que la contribution croissante des start-up et des microentreprises au développement du secteur.

Face aux effets du stress hydrique accentués par les changements climatiques, l’Algérie a engagé une profonde diversification de ses sources d’approvisionnement en eau. « Nous ne pouvons plus nous appuyer sur une seule ressource », a insisté le ministre, rappelant que le pays mobilise désormais les barrages, les eaux souterraines, les forages et le dessalement de l’eau de mer dans le cadre d’une approche intégrée.

Cette stratégie semble déjà produire ses effets. Grâce aux importantes précipitations enregistrées cette année, le taux moyen de remplissage des barrages a dépassé les 60 %, certains ouvrages atteignant même leur capacité maximale. Une situation qui permet d’aborder la saison estivale avec davantage de sérénité et qui a contribué à l’amélioration du service public de distribution de l’eau durant les dernières semaines, notamment à l’occasion de l’Aïd El-Adha.

Le ministre a également relevé la recharge progressive des nappes phréatiques, favorisant la remise en exploitation de plusieurs forages qui avaient vu leur rendement diminuer au cours des années précédentes.

Le dessalement, pilier de la sécurité hydrique

L’un des axes majeurs de la politique hydraulique nationale demeure le développement du dessalement de l’eau de mer. L’Algérie dispose actuellement de 19 stations de dessalement en exploitation, auxquelles s’ajoutent 12 autres installations gérées par l’Algérienne des Eaux.

Ces infrastructures permettent aujourd’hui d’alimenter seize wilayas côtières ainsi que plusieurs wilayas de l’intérieur du pays, notamment Blida, Bouira et Sidi Bel Abbès. Toutefois, les ambitions des pouvoirs publics vont bien au-delà.

Conformément aux orientations du président de la République, un nouveau programme de développement du dessalement est en cours de préparation. Trois nouvelles stations devraient ainsi être réalisées dans l’ouest du pays, à Tlemcen, Chlef et Mostaganem, avec pour objectif d’acheminer l’eau dessalée jusqu’aux régions éloignées des Hauts-Plateaux et du Sud-Ouest. Selon le ministre, ces infrastructures permettront d’approvisionner plusieurs wilayas, dont Tiaret, El Bayadh, Saïda et Naâma, grâce à des réseaux de transfert pouvant atteindre 250 kilomètres.

Vers un équilibre national des ressources

Outre le dessalement, les autorités misent également sur les grands transferts hydrauliques et l’interconnexion des barrages afin d’assurer une meilleure répartition des ressources entre les différentes régions du pays. En effet, cette approche vise à transférer les excédents des zones bénéficiant d’une importante disponibilité en eau vers les wilayas confrontées à des déficits structurels. Plusieurs projets de ce type ont déjà démontré leur efficacité, notamment dans l’ouest du pays et dans les Hauts-Plateaux.

Le ministre a cité l’exemple du barrage de Koudiat Acerdoune, qui est passé d’un niveau critique d’environ trois millions de mètres cubes l’année dernière à près de 135 millions de mètres cubes actuellement grâce aux précipitations enregistrées. Cette ressource permettra de sécuriser l’alimentation en eau de plusieurs wilayas, notamment Médéa, Bouira, Tizi Ouzou et M’Sila. D’autres opérations d’interconnexion sont également prévues afin de relier les barrages entre eux et de renforcer la solidarité hydrique entre les territoires.

Une vision fondée sur la résilience

Pour les responsables du secteur, la priorité consiste désormais à bâtir un système hydraulique plus résilient, capable de faire face aux aléas climatiques et aux fluctuations des ressources naturelles. La vision portée par le ministère repose sur la diversification des sources d’approvisionnement, la modernisation des réseaux, l’intégration des nouvelles technologies et le développement des infrastructures structurantes. L’objectif affiché est de garantir un accès durable et équitable à l’eau potable à l’ensemble des citoyens tout en consolidant la sécurité hydrique du pays sur le long terme.

« Notre stratégie à long terme consiste à disposer de plusieurs alternatives afin de garantir la continuité du service public de l’eau dans toutes les circonstances. Aujourd’hui, les ressources hydriques existent à travers les barrages, les forages et les stations de dessalement. Notre ambition est de poursuivre les investissements et les projets structurants afin d’améliorer davantage la qualité du service public de l’eau au profit des citoyens », a-t-il conclu.

Par Zahir R.

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