28/07/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Blé dur: L’autosuffisance attendue durant la saison agricole en cours

L’Algérie s’apprête à franchir une étape majeure dans son histoire agricole. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé que le pays devrait atteindre, dès la campagne agricole en cours, l’autosuffisance en blé dur, un objectif longtemps considéré comme difficile à réaliser. Lors de son entretien périodique avec les représentants des médias nationaux, le chef de l’État a présenté cette performance comme l’un des symboles les plus marquants de la nouvelle politique économique engagée depuis plusieurs années, fondée sur le développement de la production nationale, la réduction des importations et le renforcement de la souveraineté économique.

Pour le président de la République, cette avancée constitue un véritable « miracle », tant les défis à relever étaient importants. Il a expliqué que ce résultat est le fruit d’une combinaison de facteurs, parmi lesquels l’amélioration des techniques agricoles, les investissements consentis dans les infrastructures rurales, le raccordement des exploitations agricoles aux réseaux énergétiques ainsi que des conditions climatiques favorables grâce à un niveau satisfaisant de précipitations.

Au-delà de l’aspect purement agricole, Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la portée stratégique de cette réalisation. Selon lui, l’autosuffisance en blé dur représente une victoire économique qui permettra de réduire la facture des importations de plus de 1,5 milliard de dollars. Dans un contexte marqué par les fluctuations des marchés internationaux des céréales et les tensions géopolitiques qui fragilisent les chaînes d’approvisionnement, produire localement cette céréale stratégique constitue un enjeu majeur de sécurité nationale.

Le président y voit également un motif de « fierté nationale », estimant que cette réussite démontre la capacité de l’Algérie à assurer progressivement sa souveraineté alimentaire. Cette orientation, devenue l’un des axes majeurs de la politique publique, vise à diminuer la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs tout en valorisant les immenses potentialités agricoles du pays.

Le chef de l’État a d’ailleurs élargi son analyse à l’ensemble du secteur agricole, soulignant que celui-ci connaît une transformation profonde. Il a rappelé qu’il y a une dizaine d’années, l’Algérie importait encore des produits de grande consommation comme les oignons, l’ail ou les pommes de terre. Aujourd’hui, plusieurs productions nationales alimentent non seulement le marché local mais trouvent également des débouchés à l’exportation.

Selon Abdelmadjid Tebboune, cette évolution est le résultat d’un environnement économique devenu plus favorable à l’investissement agricole. L’amélioration des infrastructures, notamment le raccordement au réseau électrique des périmètres agricoles, la modernisation des moyens de production et les différents programmes de soutien mis en œuvre par l’État ont permis d’accroître les rendements et d’élargir les superficies cultivées.

Le président a affirmé que l’objectif est désormais d’étendre cette dynamique à la majorité des filières agricoles. Il a toutefois reconnu que le secteur des viandes demeure confronté à des difficultés, principalement en raison des phénomènes de spéculation qui perturbent le marché. Il a assuré que les pouvoirs publics poursuivront leurs efforts afin de réguler cette filière et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.

L’autosuffisance agricole s’inscrit, selon le chef de l’État, dans une stratégie économique plus globale. Il a rappelé que l’Algérie a déjà atteint, depuis 2022, l’autosuffisance dans le raffinage des carburants, permettant non seulement de couvrir les besoins nationaux en essence et en kérosène, mais également de développer les exportations. L’entrée en production de la raffinerie de Hassi Messaoud devrait, selon lui, renforcer davantage cette capacité.

Le président a également mis en avant les performances enregistrées par le secteur industriel, estimant que plusieurs branches, notamment l’électroménager et les équipements électriques, disposent aujourd’hui de capacités de production suffisantes pour satisfaire le marché national et conquérir des marchés extérieurs.

Abdelmadjid Tebboune a enfin inscrit ces résultats dans une vision économique de long terme. Il a rappelé l’engagement des opérateurs économiques, réunis au sein du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), à porter les exportations hors hydrocarbures à près de 30 milliards de dollars à l’horizon 2029-2030, soit un niveau comparable aux recettes générées par les exportations pétrolières.

Abordant les mégas projets économiques structurants, le président de la République a souligné l’importance du projet de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, dont la réception est prévue en 2028. S’agissant de la stratégie de l’Algérie pour assurer sa sécurité hydrique, le président de la République a évoqué l’accélération du programme de réalisation des stations de dessalement de l’eau de mer, permettant à l’Algérie de devenir un pays leader à l’échelle mondiale en la matière, avec un taux de couverture de 62 % de la consommation à l’horizon 2029.

Par Réda Hadi

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