03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Cadre de vie des Algériens: Le bonheur n’est pas que dans le pré

En ces deniers jours de préparatifs de l’Aïd El Adha, les ménages terminent leurs courses pour accueillir dignement cette fête. Les marchés sont bondés et les achats se font pratiquement au coude-à-coude. Pourtant, en dépit de quelques couacs économiques dus à la hausse de certains prix de produits très demandés en cette période, l’Algérien affiche une certaine sérénité, qui décontenance plus d’un.

Si l’on dit, que l’algérien a un esprit râleur, il n’en demeure pas moins lucide, la tête sur les épaules. Au marché de la cité 8 Mai 45 Bab-Ezzouar, réputé accessible aux bourses moyenne, l’atmosphère reste à la fête, et ce que d’autant plus, les fruits et légumes n’ont pas connu de hausse exagérée. Hormis la viande, les prix sont restés relativement stables au grand étonnement d’un homme venu à cet endroit pour la première fois. « Sur les conseils d’un ami, je suis là pour faire mes courses, et je ne le regrette pas », et de continuer de dire que « j’appréhendais cette fête, mais finalement, je m’en sors bien, et les prix sont corrects ».

Des anthropologues soutiennent que nos concitoyens jaugent leur qualité de vie, en le comparant aux restes du monde et particulièrement à nos voisins immédiats. Alors que des pays dits « développés » ont terriblement souffert des multi-crises, l’Algérien a continué à vivre sans trop de soucis, à part ses tracas quotidiens.

Ces mêmes anthropologues dans leurs différentes analyses disent que l’Algérien n’est pas malheureux et que dans son ensemble, il est satisfait, car il est animé d’une hargne et une envie d’être heureux sans égale.

D’un autre côté, soulignent des observateurs, même si les conditions de vie ne sont pas les meilleurs, et en dépit de ce qui se dit, les marchés ne désemplissent pas, les restaurants, même les plus chers sont pleins, les grandes surfaces ne connaissent pas de crise, et les pizzerias connaissent des fréquentations record.

Les anthropologues estiment que c’est dans la nature des Algériens de râler, mais aussi de ne rien se refuser. Même cher, il achète, si ça fait son bonheur. C’ est inscrit dans son ADN et sa quête d’être heureux.

L’exemple le plus significatif, est celui de la banane (qui nous a valu tant de railleries d’un certain pays), bien que cher, ce fruit ait été acheté. Il en est de même pour des produits agricoles qui ont été achetés 4 fois plus chères, sous prétexte qu’on avait besoin pour la circonstance. Si ce n’est pas un signe d’opulence, c’est sûrement le signe que l’économie va bien et que nos concitoyens en profitent.

Un autre exemple est souvent cité par les spécialistes, qui soulignent qu’à chaque Aïd El Adha, le mouton gagne en puissance dans son prix. Reste que même en pestant sur sa cherté, le mouton est acheté. C’est un signe évident que l’Algérien en a les moyens.

Les économistes qu’à eux sont plus pragmatiques, et disent que la gouvernance algérienne a su profiter de conjonctures favorables, et que les dispositions prises pour la macroéconomie, vont dans le bon sens.

Ceux-ci avancent que la diversification de l’économie, ne peut être que favorable, avec en prime une politique sociale, qui soutient les plus défavorisés, avec un plus grand partage des richesses du pays.

À oued Ouchayeh dans la proche banlieue d’Alger, « ammi » Brahim , la soixantaine bien affirmée, , nous a résumé sa notion du bonheur. «Nous vivons dans un pays avec ses difficultés bien sur, mais pas loin de nous, on meurt de faim ; ce qui n’est pas le cas chez nous. Nous ne sommes pas encore riches, mais plaît-il à Dieu, nous ne sommes pas pauvres. Nous devons arrêter de penser qu’ailleurs, c’est mieux ; et que l’herbe est toujours plus verte chez nos voisins. Le bonheur n’est pas que dans le pré, mais dans notre façon de gérer ce que l’on gagne. Notre pays est bien gouverné, souhaitons que ça dure ».

Par Réda Hadi

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