02/04/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Campagne moisson-battage 2025-2026: Les préparatifs déjà lancés

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a présidé mercredi dernier une importante rencontre nationale consacrée à la préparation de la campagne moisson-battage 2025-2026. Cette réunion stratégique a rassemblé les directeurs des coopératives des céréales et légumes secs (CCLS), ainsi que des cadres de l’Office algérien interprofessionnel des céréales, dans un contexte marqué par la volonté des pouvoirs publics de renforcer la sécurité alimentaire du pays.

Selon un communiqué du ministère, cette rencontre s’inscrit dans une démarche d’anticipation visant à garantir le bon déroulement de la campagne, dont le lancement est prévu à partir de la mi-avril, notamment dans les wilayas du Sud où les récoltes démarrent plus tôt en raison des conditions climatiques spécifiques.

Les travaux de cette rencontre ont permis de dresser un état des lieux détaillé de la campagne labours-semailles en cours. Les participants ont examiné l’évolution des cultures céréalières à travers les différentes régions du pays, en s’appuyant notamment sur les taux de levée enregistrés. Ces indicateurs sont essentiels pour apprécier le potentiel de rendement et anticiper les besoins logistiques liés à la récolte.

Les premières évaluations font ressortir des situations contrastées selon les zones agro-climatiques, ce qui renforce la nécessité d’une gestion différenciée et adaptée aux réalités du terrain. Dans ce contexte, le ministre a insisté sur l’importance d’un suivi rapproché des cultures jusqu’à la phase de maturation, afin d’optimiser les conditions de récolte.

La préparation de la campagne moisson-battage constitue un enjeu majeur pour la filière céréalière, notamment en matière de mobilisation des moyens matériels et humains. À ce titre, un exposé détaillé a été présenté sur le degré de préparation des CCLS pour la réception des récoltes dans les meilleures conditions.

Les responsables ont ainsi mis en avant les efforts engagés pour renforcer les capacités logistiques, à travers la mobilisation de moissonneuses-batteuses, de camions de transport et de moyens de manutention. L’identification et l’aménagement de points de collecte supplémentaires figurent également parmi les priorités, afin de fluidifier l’acheminement des récoltes et éviter les engorgements.

Par ailleurs, un accent particulier a été mis sur le renforcement des capacités de stockage, un maillon essentiel pour préserver la qualité des céréales et limiter les pertes post-récolte. Des espaces supplémentaires ont été mobilisés et des solutions temporaires envisagées pour faire face aux pics de production.

Appel à une mobilisation élargie

Dans son intervention, le ministre a souligné la nécessité d’une préparation « proactive et rigoureuse » de la campagne, insistant sur la mobilisation de l’ensemble des moyens disponibles. Il a notamment appelé à une synergie accrue entre les secteurs public et privé, en particulier pour ce qui concerne les capacités de transport et de stockage.

Cette approche vise à pallier les éventuelles insuffisances du parc public, en s’appuyant sur les ressources du secteur privé pour assurer une couverture optimale des besoins. Dans le même esprit, il a été recommandé d’équiper les moissonneuses-batteuses de dispositifs de détection des pertes de grains, une innovation technique destinée à réduire les pertes au moment de la récolte.

Afin d’assurer une gestion efficace de la campagne, le ministre a donné instruction d’élaborer sans délai un plan global et précis. Ce document devra définir la répartition des moyens logistiques, la localisation des points de collecte, ainsi que l’organisation des flux de production entre les wilayas.

L’objectif est de mettre en place un dispositif coordonné permettant de transférer les excédents de production vers les zones déficitaires ou disposant de capacités de stockage disponibles. Cette logique de solidarité territoriale est appelée à jouer un rôle clé dans l’optimisation de la gestion des récoltes à l’échelle nationale.

Modernisation de la mécanisation agricole

La rencontre a également été l’occasion d’aborder la question du renforcement de la mécanisation agricole, considérée comme un levier essentiel pour améliorer la productivité et réduire les pertes. Dans ce cadre, les autorités ont annoncé le lancement, dès cette saison, d’un programme de soutien et de modernisation des équipements agricoles.

Cette initiative s’appuie notamment sur la création d’une filiale spécialisée relevant du groupe Agrodiv, chargée de mettre à disposition des agriculteurs un parc diversifié de moissonneuses-batteuses modernes et d’autres équipements agricoles performants. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des orientations du président de la République en matière de développement agricole.

Au-delà des céréales, les pouvoirs publics entendent également dynamiser la production de légumineuses, à travers le lancement d’un programme spécial dédié. Celui-ci repose notamment sur la généralisation du système de rotation des cultures, une pratique agronomique reconnue pour ses bénéfices en matière de fertilité des sols et de durabilité des exploitations.

Ce programme vise à augmenter la production nationale de légumineuses, améliorer les rendements à l’hectare et encourager des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Il s’inscrit dans une vision globale de transition vers une agriculture plus résiliente et moins dépendante des importations.

Enfin, le ministre a rappelé un ensemble de réformes structurantes qui seront mises en œuvre à partir de la prochaine saison agricole. Parmi les principales mesures figurent la révision du système de soutien aux intrants, afin de le rendre plus efficace et mieux ciblé.

La généralisation des analyses des sols et des engrais constitue également une priorité, dans le but d’optimiser l’utilisation des ressources et d’améliorer les rendements. Par ailleurs, l’introduction de nouvelles variétés de semences à haut rendement, adaptées aux spécificités des différentes zones de production, devrait permettre de renforcer la compétitivité de la filière.

À travers ces orientations, les autorités affichent leur volonté de moderniser en profondeur la filière céréalière et de poser dès à présent les bases de la prochaine campagne labours-semailles. Une démarche qui traduit une prise de conscience accrue des enjeux liés à la sécurité alimentaire et à la souveraineté agricole du pays.

Par Réda Hadi

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