Carburants: L’Algérie parmi les pays aux prix les plus bas au monde
L’Algérie continue d’afficher l’une des politiques de prix des carburants les plus avantageuses à l’échelle mondiale, y compris parmi les pays producteurs de pétrole. Des données récentes, rapportées par la télévision algérienne confirment que le pays figure aux premiers rangs en matière de carburants à bas prix, une situation rendue possible grâce à un système de subventions publiques mobilisant chaque année des montants financiers considérables.

Selon les comparaisons internationales des prix à la pompe, le litre d’essence est vendu en Algérie à 47 dinars, soit environ 0,36 dollar, tandis que le litre de diesel s’établit à 31 dinars, l’équivalent de 0,25 dollar. Le gaz de pétrole liquéfié carburant (GPL/c) demeure, quant à lui, le moins cher, avec un prix fixé à 12 dinars le litre, soit à peine 0,09 dollar. Des niveaux qui placent l’Algérie bien en dessous des standards observés dans de nombreuses économies, y compris celles fortement dotées en ressources pétrolières.
À titre de comparaison, le prix de l’essence en Algérie représente environ la moitié de celui pratiqué dans certains grands pays producteurs. En Arabie saoudite, où la production quotidienne avoisine les 10 millions de barils, le litre d’essence est vendu à plus de 0,62 dollar, tandis qu’en Russie, autre géant énergétique avec près de 9 millions de barils par jour, il dépasse 0,83 dollar. Aux États-Unis, premier producteur mondial avec environ 14 millions de barils quotidiens, le litre d’essence atteint également des niveaux similaires, dépassant 0,83 dollar sur le marché intérieur.
Le différentiel est encore plus marqué pour le diesel. Dans plusieurs pays producteurs, son prix est jusqu’à quatre fois supérieur à celui pratiqué en Algérie. Aux États-Unis, le litre de gasoil est vendu à près de 0,93 dollar, tandis qu’en Russie, il avoisine 0,95 dollar. Même au sein du monde arabe, les tarifs restent sensiblement plus élevés, à l’image de l’Arabie saoudite ou du Koweït, où le diesel se négocie à des niveaux largement supérieurs à ceux appliqués sur le marché algérien. Concernant le GPL carburant, l’Algérie occupe la première place mondiale en matière de prix les plus bas. Le litre y est vendu à un niveau inférieur de près de quatre fois à celui constaté en Arabie saoudite ou en Russie, confirmant l’orientation stratégique du pays en faveur de cette énergie alternative, largement utilisée par les automobilistes algériens.
Il convient toutefois de rappeler que les prix des carburants ont connu une révision au début de l’année 2026. Le litre d’essence est passé de 45,62 dinars à 47 dinars, celui du diesel de 29,01 dinars à 31 dinars, tandis que le prix du GPL carburant a été ajusté de 9 à 12 dinars le litre. Des augmentations limitées, qui n’ont pas remis en cause le positionnement de l’Algérie parmi les pays aux carburants les moins chers. À la suite de cette révision, le ministère de l’Énergie et des Mines a précisé que cet ajustement s’inscrit dans le cadre de l’application des textes législatifs et réglementaires en vigueur. L’objectif affiché est de garantir l’approvisionnement continu du marché national tout en tenant compte de l’augmentation des coûts liés à la production, au raffinage, au transport et à la distribution.
Le ministère a également souligné que les prix pratiqués à la pompe ne reflètent pas le coût réel des carburants. La différence est largement prise en charge par le Trésor public, afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages et de soutenir l’activité économique. Une orientation confirmée par la loi de finances 2026, qui prévoit une enveloppe de 657 milliards de dinars destinée au soutien des prix des produits de large consommation, incluant les carburants.
Cette politique de subvention, si elle constitue un levier social et économique majeur, pose néanmoins la question de sa soutenabilité à long terme, dans un contexte marqué par les exigences de rationalisation des dépenses publiques et de transition énergétique. Un débat qui reste ouvert, alors que l’Algérie continue de privilégier la stabilité sociale et l’accessibilité des prix de l’énergie.
Par M. A.
