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Chronique Eco: Les BRICS+ à l’épreuve du Trumpisme économique

Il faut dire que l’offensive de Trump, annoncée lors de sa déclaration théâtrale du 2 avril 2025,  sur toutes les économies par des taxes douanières additionnelles  a quelque peu servi la consolidation et même elle a provoqué  l’annonce de plusieurs candidatures d’adhésion dans la nouvelle organisation dite « les BRICS+ ». Le renforcement des liens économiques entre des puissances économiques du Sud, Chine, Brésil, Russie, Inde et l’Afrique du Sud, les fondateurs du Club a été très mal vu par les USA.

Lorsque la question de trouver une monnaie alternative au dollar américain pour les échanges intra-BRICS+, l’ire américaine a été fortement exprimée. En effet, le dollar est un instrument très puissant pour la régulation de l’économie mondiale au profit des américains, et le remettre en cause, c’est porter atteinte à la suprématie américaine. Pour les américains, seule la Chine, avec sa puissance financière, peut garantir l’émergence d’une monnaie ou au moins une unité de compte pour les transactions entre les BRICS+ et leurs alliés. L’adhésion de pays considérés comme alliés traditionnels des USA comme l’Arabie Saoudite et les EAU a augmenté le niveau de menace pour l’Amérique; l’intégration de l’Iran (grand producteur des hydrocarbures hors contrôle des USA), a encore excité Trump. La cible principale des attaques de Trump  est bien entendu la Chine. Mais chemin faisant, les autres membres adhérents ou en attente de l’être vont subir aux aussi les foudres protectionnistes des USA. L’Inde, un allié économique solide de l’Amérique n’a pas été épargné. Si la Chine (la Russie est sous embargo) reçoit la principale salve portant le taux de taxation des produits chinois à l’entrée des USA à 150%, l’Inde est aussi ciblée avec un taux additionnel de 50%. Le Brésil n’est pas en reste,  puisque il se voit appliqué plusieurs taux prohibitifs en fonction des produits (aciers, chimie, aéronautiques, produits agricoles, huiles, viandes…)

L’avenir des BRICS+ dépendra, sans aucun doute, de la capacité des membres à faire face ensemble  à cette attaque américaine. C’est réellement un premier test grandeur nature pour la solidité de l’organisation  et son degré de cohésion. Un défi majeur pour les fondateurs afin de maintenir le cap et se consolider. Alors que les fissures internes ne sont pas totalement soudées (différend Inde/Chine, AS+EAU/Iran, pour ne citer que ces deux exemples), voilà que la charge de Trump vient ébranler tous les membres. L’américain cible en fonction du degré du lien qu’ont les pays entre eux par rapport à la Chine, La Russie et l’Iran, les ennemis de toujours.  Le marché américain est un marché décisif pour les pays émergeants, comme le marché chinois est un marché sûr pour les matières premières et particulièrement l’énergie (premier pays importateur d’hydrocarbures). Deux membres éminents des  BRICS sont directement visés par Trump. Les deux pays sont le Brésil et l’Inde ; tous deux dépendants des deux économies dominantes (USA et Chine) alors ils vont subir de manière directe les conséquences de la guerre entre les deux géants. Pour le Brésil, le marché américain est le second après la Chine pour ses exportations. L’Inde exporte plus de 76 Mds de $ vers les USA et en importe 49. Appliquer la réciprocité aux USA présente beaucoup de risque pour son système industriel encore en phase d’émergence. Les BRICS+ peuvent-ils trouver des mécanismes pour augmenter le volume des échanges entre eux ? Ce n’est pas évident, car d’une part, les émergents sont souvent concurrents sur les mêmes marchés et d’autre part, ils sont positionnés sur des chaines de valeurs internationales encore dominées par les pays occidentaux. La réorganisation des CVM (Chaines de Valeurs Mondiales) qui leur seront favorables prendra du temps. Le prochain sommet des BRICS+ aura du pain sur la planche s’il veut sauvegarder sa dynamique. En attendant, peuvent-ils, au moins, être solidaires face à l’assaut américain, dont l’objectif est justement de miner l’organisation des BRICS+ pour ne pas la laisser émerger comme une alternative à l’Amérique et surtout à empêcher  toute articulation aux autres pays du SUD moins développés mais généreusement dotés en ressources naturelles. Les décisions du prochain sommet des BRICS+ sont très attendues.  

ANOUAR EL ANDALOUSSI

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Tags: BRICS+

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