03/04/2026
ACTUALITEENERGIE

Coopération stratégique avec le Niger et le Burkina Faso : Sonelgaz accélère son déploiement africain

La stratégie d’internationalisation de Sonelgaz franchit une nouvelle étape. Les nouveaux axes de coopération énergétique engagés avec plusieurs pays africains, notamment le Niger et le Burkina Faso sont  Une dynamique qui s’inscrit dans la vision des pouvoirs publics visant à positionner l’Algérie comme un acteur énergétique régional de premier plan.

Invité de la radio nationale « Chaîne III», Walid Krémia, directeur exécutif Prospective, Stratégie et Systèmes d’information du groupe Sonelgaz, a détaillé cette stratégie et explique que  la coopération avec le Niger connaît une relance significative à la suite de la visite officielle du président nigérien en Algérie les 15 et 16 février derniers. Dans ce cadre, les relations entre Sonelgaz et la société nigérienne d’électricité Nigelec ont été consolidées autour de deux axes majeurs : le renforcement des infrastructures électriques nigériennes et le transfert de savoir-faire algérien.

Première traduction concrète de cet engagement : l’arrivée à Alger d’une délégation d’ingénieurs nigériens pour une formation intensive de trois semaines à l’école de formation de Sonelgaz à Adrar. L’objectif est clair : préparer les équipes locales à l’exploitation de nouvelles installations électriques, notamment la centrale en cours de projet à Niamey.

Parallèlement, une équipe d’experts algériens s’est rendue à Niamey afin d’évaluer les sites retenus pour l’implantation d’une centrale électrique composée de deux turbines à gaz d’une puissance totale de 40 mégawatts (2 x 20 MW). Un plan d’action conjoint a été adopté entre Sonelgaz, le ministère nigérien de l’Énergie et Nigelec.

Deux équipes techniques ont été constituées : l’une dédiée à l’inspection du site et aux études préparatoires, l’autre chargée d’identifier les espaces de stockage des équipements qui seront acheminés depuis l’Algérie. Le transport constitue d’ailleurs l’un des principaux défis logistiques, les équipements devant être convoyés par voie aérienne ou terrestre jusqu’à un site situé à une vingtaine de kilomètres de l’aéroport de Niamey.

Au-delà de l’infrastructure elle-même, l’impact attendu est avant tout socio-économique. L’injection de 40 MW supplémentaires dans le réseau nigérien devrait permettre le raccordement de nouvelles populations et soutenir l’émergence d’activités industrielles locales. Pour Sonelgaz, ce projet représente également un premier jalon stratégique dans la concrétisation de son expansion africaine.

S’agissant du Burkina Faso, il affirme que c’est une coopération sur toute la chaîne de valeur. En effet, les 12 et 13 février 2026, une délégation algérienne conduite par des responsables du ministère de l’Énergie et de Sonelgaz a tenu à Ouagadougou des réunions de coordination avec la société nationale burkinabè d’électricité, la Sonabel. Contrairement au modèle nigérien centré sur la réalisation d’une centrale, le partenariat avec le Burkina Faso s’inscrit dans une approche globale couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique : production, transport, distribution, maintenance, modernisation des réseaux et fourniture d’équipements.

Sonelgaz entend notamment mettre à profit l’expertise industrielle de ses filiales spécialisées dans la fabrication d’équipements électriques. La coopération inclut également l’échange d’expertise en matière de planification et de gestion des systèmes électriques, ainsi que le développement de mini-réseaux autonomes. L’Algérie dispose en effet d’une expérience solide dans ce domaine, avec plus d’une trentaine de localités du Grand Sud alimentées via des systèmes isolés non interconnectés.

Une sélection ciblée des marchés

L’objectif affiché est double : contribuer à la sécurité énergétique du Burkina Faso tout en consolidant la présence algérienne sur le continent. Pour Sonelgaz, il s’agit de dépasser le stade des protocoles d’accord et d’entrer dans une phase opérationnelle, créatrice de valeur économique et d’opportunités industrielles.

Par ailleurs, estime-t-il, la coopération régionale ne se limite pas à l’Afrique subsaharienne. Avec la Tunisie, les relations énergétiques sont déjà bien établies. Le pays figure parmi les clients réguliers de Sonelgaz en matière d’exportation d’électricité, avec des volumes oscillant entre 600 et 700 MW selon les périodes. Au-delà de ces flux commerciaux, les discussions bilatérales portent désormais sur des thématiques stratégiques telles que l’efficacité énergétique et le développement de l’hydrogène vert.

Ces axes s’inscrivent dans une vision à long terme visant à renforcer l’intégration énergétique maghrébine. En parallèle de son expansion internationale, Sonelgaz poursuit ses investissements dans les régions frontalières algériennes. L’objectif est de sécuriser l’alimentation électrique, moderniser les réseaux et soutenir le développement socio-économique des zones isolées.

Des projets structurants sont engagés dans des localités comme Bordj Badji Mokhtar, Tinzaouatine ou encore Tindouf. Ces régions, caractérisées par des températures extrêmes et un accès logistique complexe, nécessitent des infrastructures adaptées et des programmes de maintenance préventive renforcés.

Le projet de centrale électrique dans la wilaya d’Illizi illustre cette stratégie. Outre la construction de l’unité de production, le programme comprend la réalisation de réseaux d’interconnexion vers les localités avoisinantes. L’enjeu est majeur : réduire la dépendance aux groupes électrogènes fonctionnant au gasoil, coûteux et difficiles à approvisionner, et créer les conditions d’un développement local durable. Pour Walid Krémia, la stratégie de Sonelgaz repose sur une sélection ciblée des marchés.

Les pays limitrophes ou à forte proximité géographique constituent une priorité, en raison de la facilité d’accès et de l’existence de besoins énergétiques pressants. D’autres marchés africains seront abordés progressivement, au fur et à mesure du renforcement des capacités et de l’expérience internationale du groupe. Sonelgaz n’entend toutefois pas agir seule. L’entreprise prévoit de s’appuyer sur des partenariats avec des acteurs publics et privés afin de sécuriser son implantation à l’étranger.

À travers ces projets, l’Algérie ambitionne de se positionner comme un hub énergétique régional, exportant non seulement de l’électricité, mais également des équipements, de l’expertise et des services à forte valeur ajoutée.

Par Réda Hadi

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *