03/04/2026
ACTUNATIONAL

Élimination de la rage: L’Algérie met en place un plan national stratégique

L’Algérie se fixe un objectif ambitieux : éliminer la rage humaine d’ici 2030, conformément aux engagements internationaux et aux Objectifs de développement durable. Si des progrès notables ont été enregistrés ces dernières années, la maladie continue de représenter une menace sanitaire majeure, avec 9 décès humains recensés en 2025 et des centaines de milliers de personnes exposées chaque année.

Selon les données du ministère de la Santé, plus de 241 500 cas de morsures ont été enregistrés en 2024, un chiffre en hausse de 17 % par rapport à 2023. Les enfants de moins de 15 ans représentent plus de 40 % des victimes, une situation préoccupante qui illustre leur vulnérabilité face aux animaux domestiques et errants. «La rage est une maladie mortelle à 100 % dès l’apparition des symptômes, mais elle reste totalement évitable si la prise en charge est rapide et adaptée », a expliqué Mme Samia Hamadi, directrice de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, invitée de la radio nationale.

La transmission est dans la majorité des cas liée aux animaux de compagnie. À l’échelle mondiale, plus de 95 % des cas humains sont dus aux chiens. En Algérie, la proportion reste élevée, avec 55 % des transmissions par les chiens et 44 % par les chats, sans exclure d’autres animaux comme les carnivores ou les bovins. Face à cette situation, les autorités sanitaires ont renforcé le dispositif de prise en charge. En 2024, 84 % des personnes mordues ont reçu un vaccin grâce aux unités antirabiques implantées à travers le pays, où le vaccin et le sérum sont disponibles gratuitement. Le protocole prévoit un lavage immédiat de la plaie à l’eau et au savon pendant quinze minutes, suivi d’une vaccination selon un schéma de cinq doses, et l’administration d’un sérum antirabique dans les cas graves.

Mais au-delà du traitement, c’est une approche globale qu’adopte désormais l’Algérie. Un plan national stratégique d’élimination de la rage a été élaboré avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), de la FAO et de l’Alliance mondiale pour la lutte contre la rage (GARC). Placé sous la présidence du ministère de l’Agriculture et impliquant plusieurs secteurs, ce plan vise à vacciner massivement les chiens, contrôler leur population, renforcer la surveillance épidémiologique et améliorer la communication auprès du grand public. « La réussite de ce plan repose sur une coordination multisectorielle : Santé, Agriculture, Intérieur et Collectivités locales doivent agir ensemble pour réduire les risques. La gestion des déchets, la lutte contre l’errance canine et la vaccination des animaux domestiques sont des priorités absolues», a insisté Mme Hamadi.

Des mesures complémentaires ont déjà été mises en place, comme l’instruction interministérielle signée récemment pour assurer un suivi rigoureux des actions sur le terrain. Les laboratoires régionaux de l’Institut Pasteur ont également vu leurs capacités renforcées afin d’assurer un diagnostic rapide et fiable. Si les défis persistent, notamment avec le commerce informel et la prolifération des chiens errants, les premiers résultats positifs sont déjà visibles. Le ministère note une baisse notable des cas d’intoxications alimentaires liés au commerce formel, signe que le renforcement de la régulation sanitaire porte ses fruits.

« L’élimination de la rage humaine n’est pas un rêve, c’est un objectif atteignable. Avec la mobilisation de tous et l’application stricte des mesures de prévention, nous pouvons protéger durablement nos enfants et l’ensemble de la population », a-t-il conclu.

Par M. A.

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