03/04/2026
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Énergies renouvelables : La réalisation des 3 200 MW achevée fin 2026

Trois ans après le lancement officiel, en février 2023, de la première tranche de 2 000 MW du programme national des énergies renouvelables, la trajectoire engagée semble maintenue. Les 3 200 MW actuellement en phase de réalisation devraient être progressivement intégrés au réseau électrique national, le gros des centrales devant être raccordé d’ici la fin de l’année 2026 et au début de 2027. Cette étape constituera un jalon déterminant dans la concrétisation de l’objectif national fixé à 15 000 MW à l’horizon 2035. Elle traduit, par ailleurs, une volonté politique affirmée ainsi qu’un effort financier conséquent, estimé à près de 3 milliards de dollars mobilisés par les pouvoirs publics.

Au-delà des capacités installées, Boukhalfa Yaïci, directeur général de « Green Energy Cluster Algeria », a mis en avant les retombées industrielles générées par ce programme. Selon lui, l’implication croissante des entreprises locales dans la réalisation des centrales a permis de développer une expertise nationale, de créer des emplois et de stimuler l’investissement dans la fabrication d’équipements et de services associés. « Cette première tranche a donné aux entreprises algériennes l’occasion de prendre des parts de marché et d’acquérir un savoir-faire stratégique », a-t-il indiqué sur la « Chaîne III » de la radio nationale.

Le responsable a toutefois insisté sur la nécessité de renforcer la visibilité à moyen terme. « Nous avons besoin d’une feuille de route claire pour l’après 3 200 MW. Les investisseurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, ont besoin de perspectives stables », a-t-il averti. Selon lui, la stabilité institutionnelle et la continuité des programmes constituent des conditions essentielles pour préserver l’expertise acquise et éviter tout ralentissement de la dynamique enclenchée.

Dans le même sillage, il a souligné que le déploiement des énergies renouvelables est indissociable du développement de l’hydrogène vert. « Si l’on additionne les besoins liés aux énergies renouvelables et ceux nécessaires à la production d’hydrogène vert, nous parlons d’une capacité globale avoisinant les 40 GW à installer. Cela ouvre un champ industriel considérable, notamment dans la fabrication de panneaux solaires, de cellules photovoltaïques et potentiellement dans la valorisation du silicium local », a-t-il expliqué.

La publication récente d’un rapport par l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OAPEC), mettant en lumière les efforts de l’Algérie dans le domaine de l’hydrogène vert, constitue, selon Boukhalfa Yaïci, « une reconnaissance importante à l’échelle régionale et internationale ». « Ce rapport donne de la visibilité à ce qui se fait en Algérie. Il situe notre pays dans le paysage énergétique du monde arabe et dans la transition mondiale en cours », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que cette reconnaissance repose sur deux éléments structurants : l’annonce du programme des 15 000 MW d’énergies renouvelables d’ici 2035 et la feuille de route hydrogène dévoilée fin 2023, articulée autour de trois phases, allant de la mise en place de l’écosystème réglementaire et humain jusqu’au déploiement industriel à grande échelle.

Pour le directeur général de Green Energy Cluster Algeria, cette visibilité internationale intervient à un moment stratégique, alors que l’Union européenne applique son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières depuis le 1er janvier 2026. « La décarbonation devient un impératif pour accéder aux marchés internationaux, notamment européens. Produire un acier vert, un hydrogène vert ou une électricité à faible empreinte carbone nous donnera un avantage concurrentiel certain », a-t-il souligné.

Dans cette perspective, le projet de corridor hydrogène Sud, annoncé en janvier 2025, revêt une dimension particulière. Destiné à transporter jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène par an vers l’Europe, il pourrait représenter près de 40 % des besoins d’importation européens estimés à 10 millions de tonnes annuelles. « L’ampleur du projet est considérable. L’Algérie dispose déjà d’un réseau de pipelines qui facilitera une montée en puissance progressive, notamment via le mélange initial hydrogène-gaz naturel », a-t-il expliqué.

Enfin, Boukhalfa Yaïci a rappelé que l’équation économique demeure centrale dans cette stratégie. « Le coût de l’hydrogène vert dépend à près de 69 % du prix de l’électricité renouvelable. Si nous parvenons à produire une électricité verte compétitive, nous attirerons les investisseurs comme nous le faisons aujourd’hui avec le gaz naturel », a-t-il affirmé, estimant que la compétitivité sera la clé du positionnement futur de l’Algérie sur le marché international de l’hydrogène vert.

Par Selma R.

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