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Entrée en production de Gara Djebilet début 2026: Vers une industrie sidérurgique intégrée

L’entrée en production effective du gigantesque gisement de Gara Djebilet est prévue pour le premier trimestre 2026. Le lancement de l’exploitation commerciale de ce projet pose les bases d’une véritable refondation industrielle. L’Algérie sécurise ainsi son autosuffisance en minerai de fer et peut désormais bâtir une industrie sidérurgique robuste, adossée à une ressource locale, compétitive et pérenne.

Cette réalisation stratégique ne marque pas seulement une avancée décisive pour le secteur minier national, elle inaugure également une nouvelle ère vers la souveraineté économique.

Invité de la « Chaîne I » de la radio nationale, Djamel Eddine Choutri, chef de cabinet de la secrétaire d’État chargée des mines, a expliqué que ce gisement « n’est plus seulement une gigantesque réserve minière, mais un véritable projet industriel intégré, appelé à transformer structurellement notre économie ». Avec un potentiel estimé à 3 milliards de tonnes de minerai, Gara Djebilet représente l’un des leviers les plus puissants du plan national de diversification hors hydrocarbures. Selon lui, « le début de l’exploitation, à travers une première unité de traitement dotée d’une capacité de 4 millions de tonnes, permettra de substituer progressivement les importations, qui avoisinent aujourd’hui 10 millions de tonnes par an. L’objectif est clair : assurer à l’industrie sidérurgique nationale un approvisionnement local, stable et durable ».

Le projet, qui s’étend de Tindouf à Béchar puis à Naâma, entre désormais dans sa phase déterminante. Choutri a précisé que « l’unité de Tindouf sera la première à entrer en service début 2026, suivie d’une unité similaire, également de 4 millions de tonnes, à Béchar afin d’accompagner la montée en cadence du projet ». À terme, la seule région de Béchar produira près de 10 millions de tonnes de produits intermédiaires destinés à l’industrie sidérurgique.L’un des verrous technologiques les plus complexes, lié à la présence d’un taux élevé de phosphore dans le minerai, a été levé. « Grâce à la technologie adoptée, en partenariat avec un opérateur chinois, nous sommes parvenus à réduire le taux de phosphore de 0,8 % à moins de 0,2 %, ouvrant ainsi la voie à une exploitation industrielle normalisée » ,a affirmé Choutri, soulignant que ces avancées ont « définitivement dissipé les doutes qui entouraient le projet depuis des décennies ».

La problématique du transport, autre obstacle historique, a elle aussi été dépassée. Le chef de cabinet a rappelé que « l’achèvement de la ligne ferroviaire reliant Gara Djebilet à Béchar permettra, dès le début de l’année prochaine, d’acheminer le minerai transformé vers les complexes sidérurgiques nationaux, notamment celui de Tosyali, premier bénéficiaire des premières cargaisons». Il a insisté sur le caractère stratégique de cette infrastructure : « Sans le rail, il n’y aurait pas de projet ; avec le rail, nous entrons dans une nouvelle ère ».

Les impacts attendus sont considérables. Sur le plan économique, l’exploitation du gisement permettra de réduire de manière décisive la facture d’importation, de renforcer la valeur ajoutée locale et d’augmenter la contribution du secteur minier au PIB, actuellement limitée à environ 1 %. Choutri a expliqué que « la valeur ajoutée générée par ces unités industrielles fera grimper la part du secteur minier dans le PIB dès l’entrée en production des premières unités ».Sur le plan social, le projet créera une dynamique forte dans les régions du Sud-Ouest. Plus de 250 emplois directs seront générés à Tindouf dès la première phase, et près de 800 emplois directs à Béchar, sans compter les milliers d’emplois indirects qui émergeront autour des services, de la logistique et de la sous-traitance.

« Chaque emploi direct crée au minimum trois à quatre emplois indirects », a rappelé le responsable, soulignant que le projet sera « un moteur de développement territorial ».  Enfin, ce chantier s’inscrit pleinement dans les orientations du président de la République. « Nous avons un engagement clair : être au rendez-vous du premier trimestre 2026. Toutes les équipes sont mobilisées et toutes les coordinations intersectorielles sont en place pour respecter cette échéance », a-t-il conclu.

Par Adem A.

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