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FIA 2026: Un nouvel élan pour le partenariat algéro-espagnol

Longtemps perçue comme une simple vitrine commerciale, la 57e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA) s’impose désormais comme un véritable salon d’affaires où se nouent des partenariats industriels, se négocient des contrats d’envergure et émergent de nouvelles opportunités d’investissement et d’exportation. Cette évolution revêt une importance particulière cette année avec la participation de l’Espagne en qualité d’invitée d’honneur, illustrant la solidité des relations économiques entre les deux pays.

Intervenant sur les ondes de la « Chaîne III » de la Radio nationale, l’expert en numérique et président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Souhil Guessoum, a souligné que la FIA n’est plus un simple espace d’exposition. « La foire est devenue une véritable plateforme d’affaires où se rencontrent les entreprises, les investisseurs et les partenaires étrangers pour conclure des accords concrets », a-t-il expliqué. Selon lui, cette transformation traduit la montée en puissance du tissu productif national et l’ambition de l’Algérie de consolider sa présence sur les marchés internationaux.

Les échanges économiques entre l’Algérie et l’Espagne illustrent cette dynamique. Les données de 2025 font ressortir une balance commerciale largement favorable à l’Algérie. Les exportations algériennes vers l’Espagne ont atteint près de 6,3 milliards d’euros, contre environ 2 milliards d’euros d’importations en provenance de ce pays, soit un excédent commercial de l’ordre de 4,3 milliards d’euros. Si les hydrocarbures continuent d’occuper une place importante dans les échanges, l’expert souligne que la structure des exportations algériennes connaît une évolution significative. « Aujourd’hui, l’Algérie n’exporte plus uniquement du gaz naturel ou du GNL. Nous observons une diversification progressive avec des produits à forte valeur ajoutée », a-t-il indiqué.

Parmi ces produits figurent notamment l’ammoniaque, le méthanol, le ciment, le clinker, les produits sidérurgiques, le phosphate ainsi que plusieurs produits agroalimentaires, tels que les dattes et le sucre. Souhil Guessoum cite également l’exemple de l’industrie de la céramique pour illustrer les progrès réalisés par l’économie nationale.

« Il y a une dizaine d’années, l’Algérie importait massivement sa céramique d’Espagne. Aujourd’hui, grâce au transfert de savoir-faire et à un avantage compétitif lié notamment aux coûts énergétiques, elle est devenue exportatrice nette dans ce secteur », a-t-il affirmé. Cette évolution témoigne, selon lui, du potentiel de l’industrie nationale lorsqu’elle bénéficie d’investissements, de technologies adaptées et d’un environnement propice au développement.

L’expert estime toutefois que cette dynamique doit s’accompagner d’une amélioration continue du climat des affaires. Il plaide notamment pour une digitalisation accrue des procédures liées au commerce extérieur. Selon lui, les autorisations d’importation de matières premières destinées aux producteurs nationaux gagneraient à être traitées de manière automatisée afin de réduire les délais administratifs. « L’intelligence artificielle peut contribuer à évaluer rapidement les dossiers et à fluidifier les procédures tout en garantissant un contrôle efficace », a-t-il expliqué.

Concernant les nouvelles mesures de contrôle des exportations destinées à lutter contre la sous-facturation, Souhil Guessoum soutient les efforts engagés par les pouvoirs publics pour combattre ce phénomène. Il estime néanmoins que les mécanismes de contrôle doivent préserver la compétitivité des exportateurs respectueux de la réglementation. « Le contrôle doit être rigoureux, mais il doit aussi être instantané et dématérialisé afin de ne pas pénaliser les entreprises qui travaillent dans la transparence », a-t-il souligné.

Pour l’expert, la transformation de la Foire internationale d’Alger, associée à la diversification des exportations et à la modernisation des procédures économiques, traduit l’émergence progressive d’un nouveau modèle de croissance davantage orienté vers la production, l’exportation et l’intégration de l’Algérie dans les chaînes de valeur internationales.

Par S. R.

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