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Formation professionnelle: Aligner les formations aux exigences du marché

L’Algérie amorce un tournant stratégique au niveau de la formation professionnelle en mettant en œuvre une série de réformes ambitieuses pour l’année académique 2025-2026. Selon une directive ambitieuse, le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Yacine Mehdi Oualid, a annoncé une transformation radicale du système éducatif pour mieux aligner les formations aux exigences du marché de l’emploi et des nouvelles technologies. L’intention principale est de transformer la manière de former afin d’intégrer plus efficacement les jeunes dans l’économie nationale. La réforme vise à aligner de façon optimale les formations sur les secteurs stratégiques nationaux. Les industries telles que l’agriculture, l’énergie, et le numérique sont renforcées, avec un nombre accru de nouveaux étudiants. Par exemple, chaque année, 35 000 apprentis se formeront aux métiers de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

De plus, dans un délai de cinq ans, 5 000 jeunes seront préparés aux énergies renouvelables. Le secteur numérique verra également une augmentation avec la formation de 20 000 spécialistes en trois ans. À l’inverse, des domaines perçus comme secondaires, tels que l’administration, subiront un recul de 30% dans leur représentation. La réorientation est soutenue par des études détaillées de l’économie locale pour maximiser l’employabilité des jeunes diplômés.

Un aspect clé de cette réforme est la transformation de l’approche pédagogique. Le ministère adopte une approche par compétences, remplaçant les semestres traditionnels par une évaluation continue des compétences pratiques.

Avec cela, le Référentiel national des formations et compétences (RNFC) a été lancé pour structurer les contenus en blocs de compétences évaluables. Le volet numérique n’est pas en reste : les inscriptions se feront uniquement en ligne via la plateforme takwin.dz, et une nouvelle plateforme, tamhin.dz, aidera les apprentis à trouver des entreprises d’accueil. Environ 30 000 jeunes seront accueillis dans des formations à distance, et 1 000 formateurs seront formés à l’utilisation d’outils numériques. Dès septembre 2025, la formation des formateurs se concentrera sur l’utilisation des nouvelles technologies et référentiels, avec l’intégration de modules sur les « soft skills » comme la communication et le travail d’équipe pour mieux se préparer aux exigences professionnelles.

Cette note définit « les offres de formation sur la base d’une étude approfondie de l’environnement économique, en se focalisant sur les secteurs stratégiques à priorité nationale ». A titre d’exemple, la note fait état d' »une augmentation à hauteur de 55% du nombre de stagiaires orientés vers le secteur de l’industrie », d' »une hausse de 35% du nombre de stagiaires dans le secteur du bâtiment et des travaux publics et de l’hydraulique (BTPH) », et d' »une réduction progressive de 30% des offres de formation dans les spécialités relatives à l’administration et à la gestion ».

La réforme cherche également à encourager l’inclusion et la mobilité géographique des étudiants. Les jeunes seront incités à suivre leur formation hors de leur wilaya d’origine pour élargir leurs opportunités professionnelles. De plus, des initiatives sont mises en place pour les personnes handicapées, notamment les autistes : 5% des places pédagogiques leur sont réservées, 100 établissements seront adaptés, et des formateurs spécialisés seront recrutés. Une innovation notable est que les élèves de deuxième et troisième année du secondaire pourront accéder à tous les cursus de formation, y compris les programmes techniques. Le secteur privé agréé offrira de nouvelles spécialités pertinentes. Enfin, une importante campagne de communication nationale fera la promotion des nouvelles orientations et sensibilisera les jeunes à l’importance des compétences professionnelles.

S’agissant de la formation des formateurs, « le mois de septembre 2025 sera entièrement consacré à un programme intensif de formation des formateurs, axé sur la maîtrise de l’approche par compétences, l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE) et les dernières avancées technologiques ».

La prochaine rentrée de formation sera également « sans papier », indique le document, d’autant que « toutes les opérations d’inscription se feront via la plateforme +takwin.dz+ ». En outre, une deuxième plateforme, « +tamhin.dz+ », sera lancée pour « faciliter la mise en relation des jeunes souhaitant se former en mode apprentissage avec les entreprises économiques ».

Par Reda Hadi.

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