02/04/2026
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Forte de ses 22 % des livraisons à l’Europe : L’Algérie place la barre plus haut sur les prix du gaz

Dans un contexte international marqué par de fortes tensions sur les marchés énergétiques, l’Algérie entend capitaliser sur sa position stratégique pour revoir à la hausse les prix de son gaz exporté vers l’Europe. Forte d’une part estimée à 22 % des livraisons par gazoduc au marché européen, Alger engage une nouvelle phase de négociations visant à optimiser ses revenus tout en consolidant son influence énergétique.

Les autorités algériennes envisagent une augmentation des prix du gaz comprise entre 15 % et 20 % pour toute quantité supplémentaire négociée avec leurs partenaires européens, selon la plateforme spécialisée « Attaqa.net ». Cette démarche s’inscrit dans une conjoncture favorable, marquée par des perturbations des approvisionnements en provenance du Golfe, notamment du Qatar, poussant plusieurs pays européens à diversifier en urgence leurs sources d’énergie.

Dans ce contexte, des discussions avancées sont en cours avec l’Italie et l’Espagne pour augmenter les volumes livrés. Madrid a d’ailleurs repris en mars 2026 ses importations de gaz naturel liquéfié algérien après une interruption de trois mois, tandis que Rome, fortement dépendante du gaz algérien qui couvre près de 30 % de sa consommation, cherche à sécuriser davantage ses approvisionnements. La visite attendue de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni à Alger illustre l’importance stratégique de ce partenariat dans un contexte de recomposition énergétique en Europe.

L’avantage comparatif de l’Algérie repose notamment sur la solidité de ses infrastructures, qu’il s’agisse des gazoducs ou de ses capacités de liquéfaction, estimées à plus de 25 millions de tonnes par an. Cette flexibilité lui permet d’ajuster rapidement ses flux en fonction de la demande mondiale, tout en répondant aux besoins pressants de ses partenaires.

Par ailleurs, la hausse récente des prix du gaz sur les marchés européens, ayant dépassé les 70 dollars par mégawattheure, incite les producteurs à renégocier leurs contrats dans des conditions plus avantageuses. Dans cette optique, Alger cherche à tirer le meilleur parti d’un marché sous tension, où les acheteurs se montrent plus enclins à accepter des conditions contractuelles plus strictes afin de sécuriser leurs approvisionnements.

Cette stratégie s’accompagne d’une montée en puissance des exportations de gaz naturel liquéfié. Les expéditions algériennes ont ainsi dépassé les 462 000 tonnes pendant les deux premières semaines de mars, en forte hausse par rapport au mois précédent. Une dynamique qui vise à compenser le recul enregistré en 2025, où les exportations de GNL avaient chuté d’environ 18 %. En parallèle, l’Algérie explore de nouveaux débouchés, notamment sur les marchés arabes, afin de diversifier ses clients et de réduire sa dépendance aux fluctuations européennes. Cette approche s’inscrit dans une vision plus large visant à renforcer sa résilience face aux incertitudes géopolitiques, notamment celles affectant les routes maritimes stratégiques.

Si les perspectives apparaissent favorables à court terme, les risques demeurent. Une éventuelle détente géopolitique pourrait entraîner une baisse des prix, incitant les producteurs à accélérer la conclusion d’accords dans les conditions actuelles. Consciente de cette fenêtre d’opportunité, l’Algérie semble déterminée à conjuguer augmentation des volumes et revalorisation des prix, afin de consolider durablement sa position sur l’échiquier gazier international.

Par S. R.

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