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Gaz, hydrogène et énergies renouvelables : L’Algérie et l’UE consolident leur partenariat

À l’occasion de la 6e réunion de haut niveau du dialogue énergétique tenue, jeudi à Alger, l’Algérie et l’Union européenne (UE) ont réaffirmé leur volonté commune d’intensifier les investissements dans les hydrocarbures, tout en accélérant la coopération dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert. Cette rencontre a mis en lumière la complémentarité croissante entre les priorités énergétiques d’Alger et celles de Bruxelles, dans un contexte marqué par les impératifs de sécurité d’approvisionnement et de transition énergétique.

La réunion, coprésidée par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et le commissaire européen à l’Énergie et au Logement, Dan Jørgensen, a été qualifiée de « réussie » par les deux parties. Au terme des travaux, Alger et Bruxelles ont affiché une ambition commune : bâtir un partenariat énergétique élargi, combinant sécurité d’approvisionnement, compétitivité économique et transition vers une énergie plus propre.

Entre consolidation du rôle gazier historique et montée en puissance des renouvelables et de l’hydrogène vert, l’Algérie entend ainsi se positionner comme un fournisseur global d’énergie durable, au cœur de la nouvelle architecture énergétique euro-méditerranéenne.

Dans une déclaration conjointe à la presse, Mohamed Arkab a souligné l’engagement de l’Algérie à maintenir son rôle de principal fournisseur fiable de gaz naturel au marché européen, dans le cadre d’un partenariat « fondé sur la confiance, le respect mutuel et l’équilibre des intérêts ».

Il a précisé que les discussions ont porté sur le développement des investissements dans l’exploration, la production et les infrastructures gazières, afin de garantir la durabilité des approvisionnements et de renforcer la sécurité énergétique européenne. Pour Alger, il s’agit également de conforter sa position d’acteur central sur le marché gazier régional et international, à l’heure où l’Europe cherche à diversifier et sécuriser ses sources d’énergie. Dans le même esprit, le commissaire européen a rappelé que l’Algérie demeure, « depuis des décennies, un partenaire très important dans le domaine du gaz », soulignant la solidité d’une relation appelée à s’élargir à de nouveaux segments énergétiques.

Au-delà des hydrocarbures, les échanges ont accordé une place centrale à la transition énergétique. Mourad Adjal a mis en avant les projets structurants entre les deux rives de la Méditerranée, notamment l’interconnexion électrique et le développement de l’hydrogène vert. Il a rappelé que l’Algérie a lancé un programme ambitieux de production d’électricité à partir de sources renouvelables, avec 4.000 mégawatts en cours de réalisation, inscrits dans un plan global visant 15.000 mégawatts à l’horizon 2035.

Cette dynamique devrait propulser le pays parmi les leaders africains du secteur.Pour l’UE, le potentiel solaire et éolien considérable de l’Algérie constitue un atout stratégique dans le cadre du processus de transition énergétique européen. La coopération en matière de production d’hydrogène vert et d’électricité renouvelable offre, selon la partie européenne, « de nombreux avantages » et ouvre la voie à une intégration énergétique plus poussée entre les deux rives.

Enfin, la question environnementale a occupé une place centrale dans les discussions. L’Algérie a réaffirmé son engagement à réduire les émissions de méthane et l’empreinte carbone de la chaîne de valeur des hydrocarbures, à travers des programmes destinés à améliorer la performance environnementale du secteur. Dans cette perspective, il a été convenu de créer plusieurs groupes de travail associant des entreprises européennes, dont un groupe technique de haut niveau chargé d’examiner les modalités de réduction de l’empreinte carbone dans la production pétrolière et gazière.

Les responsables algériens ont toutefois insisté sur la nécessité d’un dialogue « approfondi, équilibré et pragmatique » concernant l’adaptation aux nouvelles réglementations européennes en matière d’émissions. Une transition réussie, ont-ils souligné, suppose des technologies performantes, des investissements conséquents et un calendrier réaliste, tenant compte des spécificités des pays producteurs et préservant les intérêts communs.

Par Selma Rachid

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