Gazoduc transsaharien: L’Algérie et le Niger actent le lancement du projet
L’Algérie et le Niger se sont mis d’accord sur plusieurs dossiers lors de la visite d’État du président nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, à Alger. Il a en effet été décidé de lancer le projet de réalisation du gazoduc transsaharien traversant le territoire du Niger. L’annonce a été faite par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors d’un point de presse conjoint, à l’issue de ses entretiens avec son homologue nigérien, en visite officielle de deux jours en Algérie.

Selon le chef de l’État, les deux parties sont convenues d’engager, immédiatement après le mois de Ramadhan, les procédures opérationnelles nécessaires au démarrage effectif des travaux de pose du gazoduc sur le sol nigérien. Ce projet stratégique s’inscrit dans une vision commune visant à renforcer l’intégration énergétique régionale et à valoriser les ressources gazières africaines au service du développement. Le président de la République a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à accompagner le Niger dans la mise en œuvre de ce projet structurant, en mobilisant son expertise technique et ses capacités dans le domaine des hydrocarbures, précisant que « Sonatrach prendra les choses en main et entamera l’installation du pipeline traversant le Niger ».
Cette coopération s’inscrit dans une approche de partenariat équitable et durable, fondée sur le principe du gagnant-gagnant et sur la promotion de la coopération Sud-Sud. Au-delà de sa dimension économique, le projet du gazoduc transsaharien revêt également une portée géostratégique majeure pour la région du Sahel. Il participe au renforcement de la sécurité énergétique, à la diversification des sources d’approvisionnement et à la consolidation de la stabilité régionale à travers des projets de développement structurants.
Avec un tracé de plus de 4 128 km et une capacité prévue de 30 milliards de mètres cubes par an, le projet a déjà fait l’objet de plusieurs réunions, dont celle du 11 février 2025, où Alger a accueilli la 4ᵉ réunion ministérielle tripartite du TSGP, réunissant l’Algérie, le Nigeria et le Niger, pour concrétiser ce projet stratégique.
Lors de son dernier déplacement en janvier 2026 au Niger, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a réaffirmé l’engagement total de l’Algérie à mobiliser tous les moyens pour la réalisation du projet, soulignant que le gazoduc transportera 20 à 30 milliards de m³ de gaz du Nigeria vers l’Europe en transitant par le Niger et l’Algérie. Sa concrétisation renforcerait le rôle de l’Algérie en tant que hub énergétique régional et offrirait au Niger des perspectives économiques importantes en matière d’investissements, d’emplois et de transfert de compétences.
Sur un autre registre, le président Tebboune a exprimé sa gratitude pour la visite, la qualifiant de « moment attendu depuis longtemps », soulignant que celle-ci permet de renforcer la fraternité et l’amitié historiques entre l’Algérie et le Niger. « Par cette visite, nous mettons fin à une période inhabituelle marquée par une certaine froideur entre les deux pays, bien que les deux peuples frères aient maintenu le contact », a ajouté le président de la République, affirmant que cette visite du président nigérien en Algérie a « renforcé les liens de fraternité et d’amitié entre nous, en tant que voisins, frères et amis ».

Le chef de l’État a indiqué que les deux pays ont convenu de renforcer leur coopération dans plusieurs secteurs stratégiques : sécurité et formation militaire, énergie — notamment hydrocarbures et électricité —, ainsi que formation universitaire et professionnelle. Il a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à accompagner le Niger dans tous ses besoins, « sans ménager aucune des capacités dont nous disposons ». Concernant la lutte contre le terrorisme, M. Tebboune a précisé : « Nous sommes dans le même camp et nous coopérerons avec le maximum d’efforts, en mobilisant toutes les capacités et l’expertise dont dispose l’Algérie dans ce domaine ». Le président de la République a conclu en soulignant que les liens fraternels entre les deux peuples resteront intacts : « Nous préserverons l’affection qui nous unit depuis des générations. Les peuples algérien et nigérien resteront deux peuples frères et voisins, liés par des relations fraternelles solides»
Pour sa part, le président de la République du Niger a exprimé « tout particulièrement ma fierté pour la solidité des relations historiques qui unissent nos peuples et notre volonté commune d’insuffler une nouvelle dynamique à notre coopération fraternelle et à notre bon voisinage ». « Notre présence aujourd’hui reflète l’importance que nous accordons au renforcement des relations fraternelles et de la coopération bilatérale entre nos peuples, nos gouvernements et nos pays », a-t-il souligné, en saluant « la position de l’Algérie en faveur du respect de la souveraineté du Niger et de ses choix politiques internes, qui est une position honorable pour votre gouvernement et pour le grand peuple algérien ».
Le président du Niger Abdourahamane Tiani a affirmé que « nous sommes convaincus qu’une page importante de l’histoire du Sahel et de l’Afrique s’écrit aujourd’hui, et que chaque État choisira sa position en fonction de ses convictions, de ses intérêts et des valeurs auxquelles il croit. C’est dans cet esprit que nous sommes venus dans votre pays frère, ami et voisin».
Par Zahir R.
