03/04/2026
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Giorgia Meloni attendue mercredi à Alger: Focus sur l’énergie et le renforcement de la coopération

La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, est attendue à Alger, mercredi 26 mars, pour une visite officielle placée sous le signe de l’urgence stratégique. Dans un contexte international marqué par de fortes turbulences énergétiques et géopolitiques, Rome entend renforcer un partenariat devenu vital avec l’Algérie, désormais premier fournisseur de gaz de la péninsule.

Le déplacement de Giorgia Meloni intervient alors que les marchés énergétiques traversent une phase critique. Selon Agenzia Nova, depuis le déclenchement de l’opération « Epic Fury » fin février, la situation au Moyen-Orient s’est fortement dégradée. Le blocage du détroit d’Ormuz et les frappes visant le complexe gazier de Ras Laffan au Qatar ont profondément désorganisé les flux mondiaux de gaz.

Pour l’Italie, cette crise est particulièrement sensible. Le Qatar représentait jusqu’ici une source importante d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL), mais une partie significative de ses capacités est désormais indisponible. Les experts estiment que plusieurs années seront nécessaires pour un retour à la normale, plaçant Rome dans une position de dépendance accrue vis-à-vis de partenaires alternatifs.

Dans ce contexte, Alger s’impose comme un allié clé. En 2025, l’Algérie a fourni environ un tiers des besoins gaziers de l’Italie, notamment via le gazoduc TransMed, avec près de 20 milliards de mètres cubes acheminés. Parallèlement, les livraisons de GNL algérien ont connu une progression notable, avec 47 cargaisons expédiées vers l’Italie, contre 31 un an plus tôt. Au-delà des volumes, Rome cherche désormais à sécuriser trois éléments essentiels : la continuité des flux, l’augmentation des capacités et une plus grande flexibilité des approvisionnements. À l’approche de l’échéance des contrats de long terme entre Eni et Sonatrach prévue en 2027, ces discussions prennent une dimension stratégique.

13 milliards d’euros d’échanges commerciaux en 2025

Les relations bilatérales ne se limitent pas à l’énergie, même si celle-ci domine largement. En 2025, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 13 milliards d’euros, confirmant la solidité du partenariat. Le gaz naturel représente à lui seul environ 83 % des importations italiennes en provenance d’Algérie, pour un montant de 8,1 milliards d’euros.  En parallèle, les exportations italiennes vers l’Algérie affichent une progression significative (+13,8 %), tirées notamment par les équipements industriels et les machines destinées aux secteurs énergétique et manufacturier. Cette dynamique traduit une volonté de diversification progressive des échanges, en phase avec les ambitions industrielles des deux pays.

La visite de Giorgia Meloni à Alger répond ainsi à trois objectifs majeurs. D’abord, sécuriser les approvisionnements énergétiques dans un contexte mondial incertain. Ensuite, renforcer la coopération industrielle, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. Enfin, consolider l’ancrage stratégique de l’Italie en Méditerranée, dans le cadre de son initiative de projection vers l’Afrique. Évoqué lors d’échanges avec le président Abdelmadjid Tebboune, ce déplacement pourrait également relancer plusieurs projets structurants, dont la création d’une chambre de commerce italo-algérienne et le développement de nouveaux investissements.

Dans un environnement international instable, l’Algérie apparaît plus que jamais comme un partenaire central pour l’Italie. À Alger, Giorgia Meloni jouera ainsi une partie décisive pour la sécurité énergétique de son pays, mais aussi pour le repositionnement stratégique de Rome sur l’échiquier méditerranéen.

Par Selma R.

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