Grève des transporteurs de voyageurs et de marchandises: L’ONTA appelle à la reprise du service
L’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA) a lancé, dimanche, un appel à l’ensemble des transporteurs (propriétaires de bus, chauffeurs de taxis et transporteurs de marchandises) à reprendre leurs activités, tout en faisant confiance à l’organisation pour trouver une solution durable à la crise actuelle.

Dans un communiqué, l’ONTA a rappelé qu’elle avait soumis, ce dimanche , des revendications visant à défendre les intérêts des professionnels du transport et à améliorer le secteur dans son ensemble. L’organisation affirme œuvrer avec sérieux pour transmettre ces préoccupations aux autorités concernées, en plaçant sa confiance dans les pouvoirs publics et, en particulier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, afin de parvenir à une solution juste et définitive.
Hocine Bouraba, président de l’ONTA, a qualifié, dans une déclaration à la presse, cette grève surprise d’illégale, soulignant qu’une grande partie du territoire national n’en avait même pas connaissance. « Malgré cette situation, nous travaillons avec le ministère des Transports et les hautes autorités du pays pour trouver une solution. Nous espérons que nos propositions permettront d’amender ou d’annuler le projet de loi sur la circulation routière afin que le secteur en tire des aspects positifs, plutôt que répressifs », a-t-il déclaré.
L’ONTA a précisé que le projet de loi sur le code de la route n’était pas immuable : il pourrait être révisé, annulé ou remplacé carrément par un nouveau texte élaboré avec la participation effective des représentants des secteurs public et privé, garantissant un équilibre entre mesures répressives et protection des droits des professionnels.
Bouraba a également mis en avant les difficultés rencontrées par les transporteurs : « Le conducteur, même sobre et prudent, peut se retrouver en prison à cause de facteurs techniques, tels que des bus mal équipés ou défectueux. Beaucoup d’accidents se répètent pour ces raisons, mais les chauffeurs risquent jusqu’à cinq ans de prison alors qu’ils cherchent simplement à subvenir aux besoins de leur famille». L’ONTA a rappelé que, dès le début décembre, elle avait adressé une correspondance officielle au président de l’Assemblée populaire nationale, demandant une rencontre urgente pour discuter du projet de loi, élaboré sans consultation préalable des professionnels. « Si nous avions été associés dès le départ, cette crise n’aurait pas eu lieu », a insisté M. Bouraba.
À l’issue d’une réunion tenue samedi dernier par le bureau national, l’ONTA a annoncé qu’elle soumettra prochainement des propositions concrètes aux autorités, dans l’espoir d’aboutir à une solution protectrice pour les transporteurs et respectueuse de l’intérêt national.
L’organisation a conclu son communiqué en appelant ses membres à la prudence et à la vigilance, en mettant en garde contre toute récupération opportuniste de la situation. L’ONTA affirme ainsi réaffirmer son sens des responsabilités et son engagement sincère envers ses affiliés et le secteur du transport en Algérie.
Par Selma R
