02/04/2026
AGRICULTURE/PÊCHEACTUALITE

Hausse de 50 % des opérations d’ensemencement en 2025 : L’aquaculture poursuit son développement

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture en Algérie enregistre une progression remarquable, confirmant son rôle croissant dans la sécurité alimentaire nationale et dans le développement du modèle d’économie bleue prôné par les pouvoirs publics. Selon le directeur général de la pêche au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Miloud Tria, le pays a connu cette année une hausse de 50 % des opérations d’ensemencement par rapport à la saison précédente, soit 46 millions d’alevins introduits dans les milieux marins et continentaux.

Lors de son intervention sur la « Chaîne I » de la radio nationale, Miloud Tria a déclaré que cette campagne constitue un record historique pour le secteur. Il a souligné que cette performance résulte de la mise en œuvre d’une stratégie intégrée visant à exploiter les ressources halieutiques de manière rationnelle et durable. « L’Algérie compte actuellement 27 projets d’aquaculture marine en activité, dont plusieurs en phase d’extension, traduisant une dynamique d’investissement soutenue et une meilleure appropriation des objectifs fixés par la stratégie nationale de l’économie bleue », a-t-il ajouté.

En parallèle, la production en eau douce devrait atteindre 1 800 tonnes cette année, un chiffre en nette augmentation par rapport aux campagnes précédentes. Cette évolution s’accompagne d’une volonté affirmée de développer les industries connexes, notamment la fabrication locale des aliments pour poissons et des alevins, afin de réduire la dépendance aux importations et de stabiliser la chaîne de valeur. « Nous travaillons à l’intégration biologique complète du cycle de production, depuis la fabrication des intrants jusqu’à la transformation », a précisé M. Tria, tout en insistant sur la nécessité de diversifier les espèces d’élevage. L’Algérie mise actuellement sur la dorade et le loup de mer pour la production marine, et sur le tilapia pour les eaux douces. Des projets pilotes sont également en cours pour introduire de nouvelles espèces comme la gamba, en partenariat avec le Japon.

Dans la même optique, le ministère encourage la création de coopératives de petits aquaculteurs et soutient les femmes rurales impliquées dans cette activité, notamment à travers un système de subventions pouvant atteindre 50 dinars par kilogramme de poisson produit. Des mesures fiscales incitatives ont également été prévues dans la loi de finances 2025, notamment l’exonération d’impôts pour les coopératives de pêche et d’aquaculture. Sur le plan institutionnel, Miloud Tria a annoncé la signature de contrats de performance avec les directions régionales de la pêche afin d’optimiser la gestion des ressources locales et de renforcer l’efficacité des programmes d’investissement.

Le salon SIPA 2025 réunira plus de 180 exposants

En outre, Miloud Tria a abordé le Salon international de la pêche et de l’aquaculture (SIPA 2025), prévu du 6 au 9 novembre à Oran, sous le haut patronage du président de la République. Cette dixième édition, placée sous le slogan « Pêche et aquaculture : innovation et partenariats », réunira plus de 180 exposants dont 25 étrangers représentant 17 pays, avec le Sultanat d’Oman comme invité d’honneur. L’événement mettra en avant la valorisation des produits de la mer, la numérisation du secteur, ainsi que 38 start-up algériennes accompagnées gratuitement pour exposer leurs innovations. « Le SIPA 2025 sera une vitrine du savoir-faire national et une plateforme de dialogue entre les acteurs publics, les investisseurs et les chercheurs », a souligné M. Tria, ajoutant que la tenue de dix ateliers techniques permettra de débattre de sujets stratégiques tels que la transformation, la traçabilité et la durabilité des ressources halieutiques.

Enfin, l’Algérie ambitionne de se positionner comme un pôle régional du développement halieutique en Afrique et en Méditerranée, grâce à l’amélioration des infrastructures portuaires, à la création de zones d’activités maritimes aménagées et à la promotion de l’investissement productif dans l’économie bleue. « Notre objectif est clair : bâtir un modèle algérien d’aquaculture durable, créateur de richesse, d’emplois et de valeur ajoutée », a conclu Miloud Tria.

Par Adem A.

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