L’Algérie renforce sa démarche visant à mobiliser les compétences scientifiques et technologiques de sa diaspora pour accompagner le développement des secteurs stratégiques de l’économie nationale. Hydrocarbures, agriculture et environnement figurent parmi les domaines prioritaires dans lesquels les pouvoirs publics entendent tirer profit de l’expertise acquise par les chercheurs et spécialistes algériens établis à l’étranger.
Cette orientation s’est traduite, ces derniers jours, par une série de rencontres entre plusieurs ministres et le coordinateur du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, le professeur Elias Zerhouni, en vue de renforcer les échanges scientifiques, d’encourager l’innovation et d’accompagner les projets nationaux. En effet, cette démarche s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à associer davantage les compétences nationales établies à l’étranger aux efforts de développement du pays. Tout cela s’inscrit dans la stratégie du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à faire de la diaspora scientifique un partenaire du développement national, en valorisant les connaissances, les expériences et les réseaux internationaux dont elle dispose. C’est dans ce cadre qu’un Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger a été créé fin septembre dernier.
Les hydrocarbures au cœur du transfert technologique
Ainsi, dans le secteur des hydrocarbures, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu, avant-hier à Alger, le professeur Elias Zerhouni pour examiner les moyens de renforcer la coopération scientifique et technique et de mobiliser les compétences algériennes à l’étranger au service du développement de l’industrie pétrolière et gazière.
Selon un communiqué du ministère, les discussions ont notamment porté sur l’association des chercheurs et experts de la diaspora aux activités de recherche et développement, ainsi qu’au développement de technologies industrielles avancées. L’objectif est de renforcer les capacités nationales dans un secteur stratégique pour l’économie nationale, tout en favorisant la maîtrise des technologies et le développement d’une industrie locale des équipements et matériels destinés aux activités pétrolières et gazières. La coopération envisagée concerne également la réduction des émissions de méthane et de l’empreinte carbone des activités du secteur, ainsi que l’échange d’expertises dans le domaine du dessalement de l’eau de mer. Ces axes de travail témoignent de la volonté d’associer l’expertise scientifique aux impératifs de performance industrielle, de valorisation des ressources nationales et de transition vers des procédés moins polluants.
L’agriculture mise sur la recherche et l’innovation
La mobilisation de la diaspora scientifique concerne également l’agriculture, un secteur déterminant pour le renforcement de la sécurité alimentaire et la réduction de la dépendance aux importations. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ali Khaldi, a reçu, de son côté, le coordinateur du Haut Conseil, accompagné de membres de cette instance, afin d’examiner les mécanismes permettant de mettre les compétences scientifiques algériennes établies à l’étranger au service du développement agricole.
Les échanges ont porté sur la mobilisation de la recherche scientifique, de l’innovation et des technologies modernes pour répondre aux défis du secteur, notamment les effets des changements climatiques, l’amélioration des rendements et l’accroissement de la production, particulièrement dans les filières stratégiques. Le développement des semences locales et l’amélioration des races animales figurent également parmi les domaines de coopération examinés. Le recours aux connaissances et aux expériences acquises à l’étranger pourrait ainsi contribuer à renforcer les capacités nationales de recherche, à améliorer la productivité et à promouvoir des solutions adaptées aux conditions agroclimatiques du pays.
L’environnement : des projets à forte composante scientifique
Le secteur de l’environnement constitue un autre axe de cette démarche. La ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaoutar Krikou, et le professeur Elias Zerhouni sont convenus, lors d’une réunion de travail, de créer un groupe de travail spécialisé chargé d’accompagner les projets sectoriels sur les plans scientifique et technique, avec la participation de compétences nationales établies à l’étranger.
Ce groupe devra notamment contribuer aux projets liés à l’économie circulaire, à la préservation de la biodiversité, à la lutte contre la pollution et à l’atténuation des effets des changements climatiques.
Plusieurs projets ont été présentés à cette occasion, notamment la valorisation de la saumure issue des stations de dessalement de l’eau de mer, le traitement de la pollution, l’épuration de l’eau et le développement de solutions relevant de l’économie circulaire. Autant de domaines dans lesquels l’expertise scientifique et technologique peut favoriser l’émergence de procédés innovants et améliorer la gestion des ressources naturelles.
La ministre a également évoqué le projet de conception d’une plateforme nationale destinée à recenser près de 27.000 espèces et à définir les mesures nécessaires à leur protection, notamment celles menacées d’extinction. Les possibilités de contribution du Haut Conseil à ces travaux ont été examinées, en particulier en matière d’échange d’expertise et d’accompagnement scientifique des initiatives engagées en coordination avec le secteur de l’agriculture. À travers ces initiatives, l’État traduit sa volonté de dépasser les échanges institutionnels pour aller vers une mobilisation plus opérationnelle des compétences algériennes à l’étranger. Les mécanismes de coopération envisagés visent à associer les experts aux projets sectoriels, à favoriser le transfert de technologies et à apporter des réponses scientifiques à des problématiques concrètes, qu’il s’agisse de la performance des industries pétrolière et gazière, de la sécurité alimentaire ou de la préservation des ressources naturelles.
Par Z R.



