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Industrie automobile: De nouvelles perspectives de partenariat avec les équipementiers allemands

La prochaine mission économique allemande prévue en Algérie du 28 juin au 3 juillet suscite un vif intérêt dans les milieux industriels et économiques. Organisée sous l’égide de la Chambre allemande de commerce et d’industrie, cette visite réunira six entreprises spécialisées dans l’industrie automobile et la fabrication de composants.

L’objectif affiché est d’explorer les opportunités d’investissement et de partenariat dans un secteur considéré comme stratégique pour la diversification de l’économie nationale.

Pour les experts, cette mission intervient à un moment crucial pour l’industrie automobile algérienne, engagée depuis quelques années dans une profonde restructuration destinée à rompre avec les pratiques du passé basées essentiellement sur l’assemblage de véhicules à partir de kits importés.

Selon le docteur en économie et professeur à l’Université d’Alger, Mohamed Bacha, qui était l’invité de nos confrères de la radio nationale, l’Algérie cherche aujourd’hui à bâtir une véritable industrie automobile intégrée et non plus un simple marché de montage. Il rappelle que le cadre réglementaire adopté en 2022, puis renforcé en 2024, impose désormais aux constructeurs un objectif progressif d’intégration locale pouvant atteindre au moins 30 % après cinq années d’activité. Cette orientation marque une rupture avec le modèle du CKD-SKD qui a longtemps dominé le secteur. « Les expériences précédentes n’ont pas produit les résultats attendus en matière de développement industriel et ont parfois généré des effets contre-productifs pour l’économie nationale », souligne l’universitaire.

L’un des principaux défis auxquels l’Algérie est confrontée demeure le développement de la sous-traitance automobile. Malgré les ambitions affichées, le taux réel d’intégration locale reste encore faible et ne dépasserait pas, selon plusieurs estimations, les 5 % dans certaines activités.

Or, l’industrie automobile moderne repose essentiellement sur un vaste réseau de fournisseurs et de sous-traitants. Dans les grands pays producteurs, chaque emploi créé chez un constructeur automobile génère plusieurs emplois dans les entreprises qui fabriquent les composants et les pièces détachées. Mohamed Bacha rappelle qu’au sein des grandes industries automobiles mondiales, notamment allemandes, un salarié travaillant directement chez le constructeur est généralement soutenu par une douzaine de travailleurs employés dans des entreprises de sous-traitance.

Cette réalité met en évidence l’ampleur du retard à combler en Algérie. Pour atteindre les objectifs fixés par les pouvoirs publics, il ne suffit pas d’assembler des véhicules. Il faut bâtir tout un écosystème industriel capable de produire localement les milliers de composants entrant dans la fabrication d’une automobile.

Les constructeurs automobiles internationaux appliquent des standards extrêmement rigoureux en matière de sécurité, de fiabilité et de traçabilité des pièces. Les fournisseurs sont soumis à des procédures de certification complexes avant d’être intégrés dans la chaîne de production. « Produire une pièce ne suffit pas. Il faut qu’elle respecte les normes internationales et réponde aux exigences des constructeurs », insiste Mohamed Bacha.

La difficulté est d’autant plus grande qu’un véhicule moderne est composé d’environ 12 000 pièces, dont près de 4 000 composants spécifiques qui ne se répètent qu’une seule fois dans le véhicule. Chacune de ces pièces doit répondre à des critères stricts de qualité et de sécurité.

Dans ce contexte, la mise à niveau des entreprises algériennes apparaît comme une priorité absolue. Les industriels locaux doivent investir davantage dans la certification, les technologies de production, les laboratoires de contrôle et les systèmes de management de la qualité.

Le savoir-faire allemand comme levier de développement

L’intérêt de la coopération avec les entreprises allemandes dépasse largement le simple investissement industriel. Pour l’économiste, le véritable enjeu réside dans le transfert de savoir-faire et de compétences.

L’Allemagne est mondialement reconnue pour son modèle de formation duale, qui associe enseignement théorique et expérience pratique en entreprise. Ce système permet aux travailleurs de maintenir un haut niveau de qualification tout au long de leur carrière et d’accompagner l’évolution technologique permanente des processus industriels. L’Algérie pourrait tirer un grand bénéfice de ce modèle, notamment dans les métiers de la mécanique, de l’électronique automobile, de l’automatisation industrielle et de la maintenance avancée.

Par Réda Hadi

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