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Industrie automobile et sous-traitance: Des propositions pratiques pour lancer les deux filières

Le ministère de l’Industrie a entamé une démarche participative pour moderniser la filière mécanique algérienne et augmenter le taux d’intégration nationale. Dans ce cadre, experts, associations professionnelles et membres du Conseil national d’expertise automobile ont été consultés. C’est dans ce contexte que Said Mansour, président du Club Économique Algérien (AEC) et membre du Conseil national consultatif pour le développement des PME, a soumis une méthodologie nationale d’action détaillée pour structurer le développement de l’industrie automobile et de la pièce de rechange.

Le document remis au ministère se présente comme une plateforme de travail visant plusieurs objectifs stratégiques : accroître significativement le taux d’intégration nationale, soutenir les PME et la sous-traitance industrielle, créer des emplois et favoriser le transfert de technologie. La proposition ambitionne également de réduire la facture d’importation des composants et pièces détachées, tout en ouvrant des perspectives d’exportation vers les marchés régionaux, arabes et africains.

Pour éviter une dépendance persistante aux kits importés, l’AEC préconise une intégration industrielle progressive, organisée selon le niveau de complexité technologique. À court terme, la première phase concernerait les composants légers et de base : pièces plastiques, pare-chocs, tableaux de bord, sièges, vitrage, filtres, batteries traditionnelles ou encore faisceaux électriques simples. Ces éléments ont été retenus pour la disponibilité immédiate des matières premières locales et leur fort potentiel de création d’emplois. La deuxième phase, à moyen terme, viserait des industries mécaniques de complexité intermédiaire, comme les systèmes de freinage, de suspension et de direction, les radiateurs, les réservoirs de carburant ou les jantes en aluminium.

Enfin, la troisième phase, à plus long terme, concernerait les industries stratégiques et de haute technologie : moteurs, boîtes de vitesses, calculateurs embarqués, batteries pour véhicules électriques et technologies de conduite intelligente. Cette dernière étape resterait conditionnée par la consolidation préalable d’un réseau solide de sous-traitants locaux et de véritables partenariats technologiques.

Pour évaluer les capacités existantes et identifier les lacunes à combler, la méthodologie proposée par le Club Économique Algérien s’appuie sur un état des lieux couvrant dix domaines clés. Il s’agit notamment d’analyser le marché et le parc automobile national, les capacités mécaniques existantes, la cartographie des filières de composants, ou encore les besoins en formation et recherche. Le cadre réglementaire et financier, la qualité et la conformité aux normes internationales, ainsi que les perspectives d’exportation et de partenariats, complètent ce diagnostic.

La sélection des composants à fabriquer localement ne se ferait pas de façon arbitraire : sept critères précis sont proposés, parmi lesquels le volume de la demande locale, la disponibilité des matières premières, la maturité des usines existantes, le potentiel d’intégration et de création de valeur ajoutée, ou encore la viabilité économique globale des projets. Sur le plan de la gouvernance, l’AEC recommande la création de sept commissions nationales mixtes, associant ministères, entreprises, universités et experts. Chacune serait chargée d’un volet spécifique : diagnostic et statistiques, industrie mécanique et composants, sous-traitance et PME, investissement et financement, formation et innovation, qualité et conformité, ainsi que suivi et évaluation des indicateurs de performance.

Au final, la proposition soumise au ministère de l’Industrie ambitionne de faire évoluer l’Algérie du simple assemblage automobile vers une véritable industrie manufacturière intégrée. Au-delà de la réduction des importations, l’objectif affiché est de positionner le pays comme un hub d’exportation vers les marchés africains et arabes. Le Club Économique Algérien présente par ailleurs cette méthodologie comme un modèle reproductible, susceptible d’être appliqué à d’autres filières industrielles nationales.

Par S. R.

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