Forte de plus de 230 établissements de fabrication et d’une couverture d’environ 84 % des besoins nationaux en médicaments, l’industrie pharmaceutique algérienne dispose d’un potentiel qui pourrait être mieux valorisé à l’international. L’amélioration de l’accompagnement des exportateurs, la reconnaissance réglementaire des produits algériens et le développement de la production locale de matières premières constituent les principaux leviers de cette démarche.
C’est dans ce contexte que les perspectives d’exportation du médicament algérien ont été au centre d’une rencontre réunissant le ministère de l’Industrie pharmaceutique et plusieurs acteurs institutionnels et économiques concernés par les opérations d’exportation. Son objectif était de mieux identifier les contraintes rencontrées par les opérateurs et de leur présenter les dispositifs de facilitation mobilisables. « L’exportation n’est pas uniquement l’affaire d’un seul secteur, c’est l’affaire de plusieurs secteurs », a souligné Redha Belkacemi, chargé d’études et de synthèse au ministère de l’Industrie pharmaceutique lors de son intervention sur la « Chaîne IIIe de la radio nationale. La rencontre a d’ailleurs rassemblé des représentants des Douanes, de la Banque d’Algérie, de la Safex, du secteur des assurances et des structures chargées de la promotion des exportations.
Plusieurs mesures ont été présentées aux participants. Il s’agit d’abord des facilités douanières, notamment celles accessibles aux opérateurs économiques agréés, puis des dispositifs relatifs à la domiciliation bancaire, au rapatriement des recettes d’exportation et aux délais réglementaires applicables.
Les mécanismes de soutien à la participation aux manifestations économiques à l’étranger ont également été évoqués, afin d’accroître la visibilité des médicaments fabriqués en Algérie. « Il est devenu nécessaire d’orienter un peu ces productions vers l’exportation », a estimé M. Belkacemi, en référence aux capacités industrielles développées ces dernières années. L’enjeu consiste ainsi à mieux rentabiliser les investissements réalisés et à faire connaître la qualité des produits pharmaceutiques algériens sur les marchés étrangers, notamment africains.
Toutefois, l’accès à ces marchés exige aussi des garanties réglementaires. Dans cette optique, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques a présenté les procédures d’enregistrement des médicaments fabriqués localement et destinés exclusivement à l’exportation. L’Algérie œuvre par ailleurs à renforcer la coopération avec les autorités étrangères et à atteindre le niveau de maturité 3 (ML3) de l’OMS en matière de réglementation pharmaceutique.
Selon Redha Belkacemi, une nouvelle dynamique a été engagée depuis 2025, fondée sur une meilleure coordination entre les institutions concernées et visant à garantir la qualité, la sécurité et l’efficacité des médicaments. « Cela va donner une certaine confiance aux partenaires étrangers », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de cette reconnaissance pour faciliter l’exportation des produits algériens.
Enfin, le développement de la production locale de matières premières constitue un autre axe de cette stratégie, avec des projets ciblant notamment le paracétamol, les anticancéreux et les antibiotiques. Redha Belkacemi a évoqué les initiatives engagées dans le pôle de Batna ainsi que la mise à niveau d’unités du groupe public Saidal pour produire des matières premières destinées aux antibiotiques.
Ces projets visent à réduire la dépendance aux importations, à renforcer la valeur ajoutée locale et à consolider la souveraineté pharmaceutique. Avec une couverture d’environ 84 % des besoins nationaux en médicaments, l’Algérie dispose ainsi de capacités pouvant soutenir les exportations, tout en préservant la disponibilité des produits sur le marché national.
Par Selma R.



