Innovation sanitaire : Des laboratoires américains prêts à accompagner l’Algérie
Plusieurs entreprises pharmaceutiques américaines ont exprimé, lundi à Alger, leur volonté de renforcer leur coopération avec les opérateurs algériens afin de soutenir l’innovation dans le secteur de la santé. Cette annonce a été faite à l’occasion d’un forum de haut niveau organisé par la Chambre de commerce américaine en Algérie (AmCham), sous le thème : « Stimuler l’innovation à travers la coopération stratégique entre l’Algérie et les États-Unis ».

Réunissant des représentants d’institutions publiques, des acteurs industriels, des universitaires et des experts, cette rencontre a mis en lumière les opportunités de partenariat entre les deux pays dans un contexte mondial marqué par l’accélération des technologies médicales, la transformation numérique des systèmes de santé et l’essor de l’intelligence artificielle appliquée à la recherche pharmaceutique.
Intervenant à l’ouverture du forum, le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis en Algérie, Ryan Palsrok, a souligné « la capacité des entreprises américaines à transférer des sciences et des technologies de pointe en Algérie ». Il a insisté sur l’importance d’une coopération étroite avec les professionnels de la santé, les institutions académiques et les ministères concernés afin de stimuler la croissance du secteur des soins.
Selon le diplomate, les relations économiques bilatérales, « de longue date et multidimensionnelles », connaissent un développement soutenu dans plusieurs secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’agriculture et la technologie. Le domaine de la santé constitue désormais, a-t-il affirmé, un axe prioritaire appelé à bénéficier de cette dynamique.
Ryan Palsrok a également réitéré le soutien des États-Unis aux initiatives visant à consolider les relations économiques avec l’Algérie et à encourager l’innovation, considérée comme un levier essentiel pour bâtir des systèmes de santé performants et résilients.
De son côté, le président de la Chambre de commerce américaine en Algérie, Warren Murdoch, a estimé que la tenue de ce forum traduisait « une ambition commune de renforcer le système de santé en Algérie à travers une innovation pharmaceutique responsable, durable et de niveau mondial».
Il a rappelé que l’innovation ne se limite plus à un simple moteur de croissance économique. Elle constitue désormais « un pilier de la résilience sanitaire nationale » et un facteur clé de compétitivité industrielle. Les systèmes de santé modernes, a-t-il expliqué, reposent sur leur capacité à intégrer rapidement les avancées scientifiques et technologiques, qu’il s’agisse de biotechnologies, de thérapies ciblées ou de solutions numériques.
Évoquant la profonde mutation que connaît l’industrie pharmaceutique à l’échelle internationale, Warren Murdoch a mis en avant l’importance de la recherche et développement (R&D), désormais appuyée par l’intelligence artificielle, la santé numérique et l’industrialisation intelligente. Ces transformations, selon lui, redéfinissent les chaînes de valeur mondiales et imposent une adaptation rapide des écosystèmes nationaux.
Il a, dans ce contexte, salué les réformes engagées par l’Algérie et les investissements consentis pour moderniser son système sanitaire. Ces efforts, a-t-il estimé, offrent « des bases prometteuses pour accélérer le progrès scientifique, renforcer les capacités locales et favoriser une meilleure intégration dans les chaînes de valeur internationales ».
Un accès accéléré aux traitements innovants
La vice-présidente de la Chambre et directrice d’un laboratoire américain implanté en Algérie, Doria Oughlis, a pour sa part affirmé que la participation des firmes américaines à ce forum illustrait leur volonté de promouvoir une action commune afin d’accélérer l’accès des patients aux innovations thérapeutiques.
Elle a qualifié la coopération algéro-américaine dans le domaine de la santé de « stratégique », soulignant qu’elle permet non seulement d’introduire des traitements innovants, mais également de développer des compétences locales et de renforcer les capacités industrielles nationales.
Pour les intervenants, l’enjeu dépasse la simple importation de médicaments. Il s’agit de construire un écosystème d’innovation intégrant la recherche clinique, la production locale, la formation spécialisée et la protection de la propriété intellectuelle.
Les débats ont également porté sur les conditions nécessaires à l’émergence d’un environnement durable favorable à l’innovation. Les participants ont notamment insisté sur l’importance de la protection des brevets d’invention, considérée comme un facteur déterminant pour attirer les investissements et encourager la recherche.
Le renforcement des capacités nationales en matière d’essais cliniques a également été évoqué comme un axe stratégique. Le développement de centres de recherche performants, la formation de chercheurs et la mise en place de cadres réglementaires adaptés sont apparus comme des priorités pour positionner l’Algérie comme un acteur crédible dans le domaine pharmaceutique à l’échelle régionale.
Par ailleurs, le forum a enregistré la présence de représentants de plusieurs départements ministériels, du recteur de l’Université des sciences médicales, Merzak Ghernaout, du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, ainsi que d’un représentant de la Direction générale des Douanes. Des organisations professionnelles, des experts et des enseignants-chercheurs ont également pris part aux échanges.
Cette mobilisation multisectorielle illustre l’intérêt croissant accordé au secteur pharmaceutique en tant que levier de diversification économique et de souveraineté sanitaire. Dans un contexte où la sécurité des approvisionnements médicaux est devenue une priorité mondiale, l’Algérie ambitionne de consolider sa production locale tout en s’ouvrant aux partenariats technologiques internationaux.
À travers ce forum, les entreprises pharmaceutiques américaines ont ainsi affiché leur disponibilité à accompagner cette ambition, en misant sur un partenariat fondé sur le transfert de savoir-faire, l’innovation scientifique et la construction d’un système de santé moderne, compétitif et durable.
Par Réda Hadi
