En réaction à l’article de Rachid Meksen, économiste et ancien haut fonctionnaire, intitulé « Quelle stratégie d’intégration de l’intelligence artificielle et de la robotique en Algérie ? », publié le 3 novembre 2026 dans les colonnes du journal « Les Enjeux Éco », Kaci-Kacem AITYALLA, fondateur de PACAH™ et président d’honneur du Cluster Digital Africa, a apporté de nouveaux éléments sur cette thématique. Voici son texte : “ J’ai lu avec beaucoup d’intérêt la contribution de M. Rachid Meksen sur la stratégie d’intégration de l’intelligence artificielle et de la robotique en Algérie. Je trouve cette démarche pertinente et opportune. Elle présente le mérite de dépasser les déclarations d’intention pour proposer une approche sectorielle, un calendrier de déploiement et une première estimation des moyens nécessaires. Je partage notamment les priorités accordées à l’énergie, à l’agriculture et à l’industrie manufacturière, ainsi que l’importance donnée à la formation et à la transformation des compétences. Du point de vue de PACAH™, je souhaiterais cependant apporter cinq observations complémentaires.
1. Passer de l’intégration technologique à la maîtrise effective
Installer des robots, des serveurs ou des logiciels d’IA ne garantit pas la souveraineté technologique. Celle-ci suppose de maîtriser les données, les modèles, les infrastructures, les dépendances critiques et surtout les conditions dans lesquelles les décisions sont prises.
2. Développer une IA industrielle locale et souveraine
Dans l’industrie, l’énergie et les infrastructures critiques, certaines applications doivent pouvoir fonctionner localement, avec des délais maîtrisés, y compris lorsque la connexion aux infrastructures centrales est interrompue. Le Cloud national reste important, mais il doit s’articuler avec des capacités de calcul et d’intelligence locales.
3. Introduire une véritable architecture de décision
C’est l’un des fondements de PACAH™ : Human Authority / Machine Intelligence. L’intelligence artificielle peut observer, analyser, anticiper et recommander. Elle peut également exécuter certaines actions dans un périmètre préalablement autorisé. Mais la responsabilité des décisions critiques doit demeurer sous une autorité humaine clairement identifiée.
4. Mesurer les gains réels avant de généraliser
Les objectifs de productivité et d’économie de ressources avancés dans l’article méritent d’être soumis à des expérimentations industrielles mesurables. Nous préconisons de commencer par des pilotes limités, avec des indicateurs de performance, de sécurité, de continuité opérationnelle et de souveraineté. L’objectif est de démontrer la valeur créée avant d’engager des investissements importants.
5. Faire de la formation et de la mobilisation des compétences une priorité nationale
Ce point rejoint directement ma contribution publiée dans Les Enjeux Éco du 2 novembre : « L’intelligence artificielle ne s’importe pas, elle se maîtrise. » L’Algérie doit former non seulement des utilisateurs, mais aussi des concepteurs, des intégrateurs, des techniciens et des responsables capables de comprendre et de gouverner ces technologies. La diaspora scientifique et industrielle peut contribuer directement à cet effort. Ma proposition serait donc de prolonger l’article de M. Meksen par une démarche expérimentale. Pourquoi ne pas retenir un premier cas industriel algérien, notamment dans l’énergie, et y confronter plusieurs architectures d’IA à des exigences mesurables de performance, de sécurité, de souveraineté et de maîtrise humaine ? PACAH™ pourrait apporter à cette réflexion son approche d’intelligence locale, son architecture de décision humanocentrée et sa méthode d’évaluation de la souveraineté effective. Il ne s’agit pas de substituer une proposition à celle de l’auteur, mais de passer progressivement d’une stratégie d’intégration de l’IA à une stratégie de maîtrise de l’IA. C’est, à mon sens, l’enjeu industriel majeur pour l’Algérie”.
Par Kaci-Kacem AITYALLA/ Rédaction
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