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Investissement: Un nouveau cadre réglementaire mis en place

L’acte d’investir en Algérie entre dans une nouvelle ère de lisibilité et de fluidité. La réorganisation engagée par les pouvoirs publics ne se limite pas à un simple ajustement administratif : elle consacre une approche intégrée où la coordination entre la décision politique et l’exécution technique devient la règle. Cette nouvelle approche est bien ancrée dans les décrets exécutifs n°26-152 et n°26-153 publiés au Journal officiel n°31, qui redéfinissent en profondeur la gouvernance de l’investissement en Algérie.

Entre renforcement du Conseil national de l’investissement (CNI) et transformation de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) en véritable pivot opérationnel, l’État affiche sa volonté de lever les obstacles bureaucratiques et de booster davantage l’investissement.

Le premier axe de cette réforme, porté par le décret n°26-152, vise à réduire les cloisonnements entre le Conseil national de l’investissement (CNI) et l’organe d’exécution. Désormais, le président du conseil d’administration de l’AAPI assiste aux réunions du CNI en qualité d’observateur. Plus significatif encore, le secrétariat du Conseil est désormais assuré par le directeur général de l’AAPI. Cette passerelle directe permet une meilleure circulation de l’information et une plus grande cohérence entre les orientations stratégiques du Premier ministère et leur mise en œuvre sur le terrain.

Un guichet unique aux compétences élargies

Le décret n°26-153 procède à une réorganisation en profondeur de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), désormais placée sous la tutelle du Premier ministre. Cette évolution marque un changement de positionnement stratégique pour l’institution, qui ne se limite plus à un simple rôle d’enregistrement des investissements, mais s’impose désormais comme un véritable partenaire de l’investisseur tout au long du processus d’investissement.

Dans ce nouveau cadre, l’AAPI voit ses missions considérablement élargies. Elle assure désormais la gestion du foncier économique, en devenant le gestionnaire du portefeuille foncier privé de l’État destiné à l’investissement. À ce titre, elle dispose du pouvoir d’octroyer des concessions convertibles en cession et d’exercer le droit de préemption au nom de l’État, renforçant ainsi son rôle dans la structuration de l’offre foncière.

Le texte consacre également une dimension d’intelligence économique pour l’agence, à travers la mise en place de bases de données centralisées portant sur les opportunités d’investissement et les disponibilités foncières. Ces informations sont accessibles via une plateforme numérique dédiée, destinée à améliorer la transparence et la visibilité du potentiel économique national.

Enfin, l’AAPI est chargée d’un accompagnement global des investisseurs, allant de l’accueil et de l’orientation jusqu’à l’octroi des avantages liés à l’investissement, ainsi qu’au suivi de la mise en exploitation effective des projets. Cette mission intégrée vise à assurer un encadrement continu et cohérent de l’ensemble du cycle d’investissement.

La réforme consacre également le rôle central des guichets uniques (grands projets et investissements étrangers, et guichets décentralisés). Ces structures regroupent en un même lieu les représentants des principales administrations : impôts, domaines, urbanisme, douanes, Sonelgaz, protection civile, emploi, sécurité sociale, ainsi que les banques et établissements financiers.

La règle est désormais claire : les représentants disposent d’une délégation de signature leur permettant de délivrer directement les actes administratifs. Les autorisations et documents liés à l’investissement doivent être délivrés dans un délai n’excédant pas 15 jours. Une transformation majeure, destinée à réduire les délais et à accélérer la concrétisation des projets.

Le conseil d’administration de l’AAPI, présidé par le représentant du Premier ministre, réunit les secrétaires généraux de seize ministères clés, dont l’Énergie, l’Industrie, les Finances, l’Agriculture, le Tourisme ou encore l’Urbanisme.

Cette configuration vise à renforcer la coordination interministérielle et à réduire les blocages sectoriels susceptibles de ralentir les projets structurants.

Avec ce nouveau cadre juridique, l’Algérie se dote d’un dispositif institutionnel modernisé, orienté vers l’efficacité et la rapidité de traitement des investissements. L’enjeu principal de 2026 réside désormais dans la mise en œuvre concrète de ces réformes.

Synthèse R E.

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