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La consommation de gaz en hausse de 3% en 2025: L’accélération de la transition énergétique s’impose

La consommation de gaz naturel en Algérie poursuit sa progression à un rythme soutenu, atteignant en 2025 un nouveau niveau record de 5,23 milliards de pieds cubes par jour. En hausse d’environ 3 % par rapport à 2024, cette évolution confirme la croissance continue de la demande intérieure et souligne, en même temps, les défis auxquels le pays sera confronté pour préserver ses équilibres énergétiques à moyen et long terme.

Selon les données de l’Unité de recherche sur l’énergie, la consommation nationale de gaz a augmenté pour la cinquième année consécutive. Elle est passée de 5,09 milliards de pieds cubes par jour en 2024 à 5,23 milliards en 2025, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis le début du suivi statistique. Cette tendance s’inscrit dans une dynamique de croissance continue observée depuis plusieurs années. La consommation est passée de 4,18 milliards de pieds cubes par jour en 2020 à 4,66 milliards en 2021, puis à 4,87 milliards en 2022 et 4,95 milliards en 2023.

Sur une période plus longue, l’évolution apparaît encore plus significative. En vingt-cinq ans, la consommation quotidienne de gaz a progressé de 184 %, passant de 1,84 milliard de pieds cubes en 2000 à son niveau actuel. Cette hausse reflète à la fois l’augmentation de la population, l’urbanisation, l’extension du réseau de distribution et l’industrialisation du pays. Elle traduit également l’importance prise par le gaz naturel dans la production d’électricité, le chauffage et l’alimentation de nombreuses activités économiques.

Cette progression de la demande intérieure constitue un indicateur de développement, mais elle représente également un défi stratégique. En effet, chaque hausse de la consommation nationale réduit mécaniquement les volumes disponibles pour l’exportation, à moins qu’elle ne soit compensée par une augmentation de la production. Or, les chiffres disponibles montrent que la production de gaz a légèrement diminué en 2025, s’établissant à 9,48 milliards de pieds cubes par jour contre 9,67 milliards en 2024.

Dans ce contexte, l’Algérie a engagé un vaste programme d’investissement estimé entre 50 et 60 milliards de dollars afin de développer ses ressources gazières, moderniser les infrastructures et accroître les capacités de production. L’objectif est de répondre à la demande intérieure tout en maintenant la capacité du pays à honorer ses engagements sur les marchés internationaux. Les efforts portent notamment sur l’exploration, le développement de nouveaux gisements et l’amélioration de la récupération sur les champs existants.

Les nouveaux cycles d’exploration constituent, à ce titre, un levier important. L’attribution de blocs gaziers à des compagnies internationales doit permettre de valoriser des ressources estimées à près de 700 milliards de mètres cubes. Cette ouverture à de nouveaux partenariats vise à accélérer la mise en production des réserves et à renforcer la base de ressources du pays dans un contexte marqué par une concurrence accrue pour attirer les investissements énergétiques.

Parallèlement, l’Algérie conserve une place importante sur le marché gazier régional et international. Les exportations de gaz ont atteint environ 45,7 milliards de mètres cubes en 2025. Le maintien de ces volumes demeure un enjeu majeur pour les recettes extérieures et la balance commerciale du pays. Cependant, la croissance rapide de la consommation intérieure pose une question centrale : jusqu’où est-il possible de continuer à augmenter la production de gaz pour satisfaire simultanément la demande nationale et les besoins de l’exportation ?

La question est d’autant plus importante que le secteur électrique reste extrêmement dépendant du gaz naturel. La consommation destinée à la production d’électricité et au chauffage a atteint 1,86 milliard de pieds cubes par jour en 2025. Avec une dépendance au gaz estimée à 99 % pour la production d’électricité, le système énergétique algérien demeure fortement concentré autour des hydrocarbures.

Cette situation confère au gaz un rôle essentiel dans la sécurité énergétique nationale. Il garantit la disponibilité de l’électricité, soutient l’activité industrielle et permet de répondre aux besoins croissants des ménages. Toutefois, cette forte dépendance constitue également une vulnérabilité structurelle. Elle expose le pays à une pression croissante sur ses ressources et réduit la marge de manœuvre disponible pour l’exportation lorsque la demande intérieure augmente.

C’est précisément dans ce contexte que l’accélération de la transition énergétique apparaît comme une nécessité stratégique. La diversification du mix énergétique ne signifie pas l’abandon du gaz naturel, qui restera encore longtemps une composante essentielle du système énergétique algérien. Elle doit plutôt permettre de réduire progressivement la part du gaz dans la production d’électricité et de libérer davantage de volumes pour d’autres usages à forte valeur ajoutée ou pour l’exportation.

Le développement des énergies renouvelables, notamment solaire, représente l’un des principaux leviers de cette transformation. Grâce à un potentiel solaire exceptionnel, l’Algérie dispose d’un avantage naturel considérable pour produire de l’électricité à partir de sources renouvelables. La montée en puissance du solaire pourrait contribuer à couvrir une part croissante de la demande électrique, notamment durant les périodes de forte consommation diurne, tout en réduisant la quantité de gaz utilisée dans les centrales. La transition énergétique doit également s’appuyer sur une meilleure maîtrise de la demande. L’efficacité énergétique dans les bâtiments, l’industrie, les transports et les infrastructures publiques constitue un gisement important d’économies. La réduction du gaspillage, l’amélioration de l’isolation thermique et la généralisation d’équipements plus performants pourraient limiter la progression de la consommation sans compromettre le confort des ménages ni le développement économique.

L’enjeu est donc double. L’Algérie doit continuer à investir dans ses ressources gazières pour garantir sa sécurité énergétique et préserver sa position d’exportateur, tout en accélérant la diversification de son modèle énergétique.

Par Réda Hadi

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