La coopération algéro-américaine monte en puissance
L’Algérie affirme aujourd’hui une trajectoire économique axée sur la diversification et l’ouverture, et voit dans la coopération avec les États-Unis un levier stratégique majeur. À Washington, l’ambassadeur Sabri Boukadoum a présenté une relation bilatérale en nette accélération, portée par l’énergie, l’agriculture, la technologie et la volonté de dépasser les schémas centrés sur les seuls hydrocarbures. « Le ciel est la limite », a-t-il déclaré, soulignant l’ambition d’Alger de renforcer ce partenariat.
Si l’énergie reste un pilier essentiel, Alger met désormais l’accent sur l’élargissement des domaines de coopération. Le secteur privé, qui représente près de 60 % de l’économie, crée de nouvelles opportunités. L’agriculture en offre une illustration notable : une entreprise algérienne a acquis 25 000 têtes de bétail dans l’Ohio, première étape d’un programme pouvant atteindre 200 000 unités. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale de modernisation et d’autonomie alimentaire.
« Nous voulons sortir de la dépendance pétrolière, et cela exige une ouverture assumée à la technologie, à l’expertise et au savoir-faire internationaux », a rappelé l’ambassadeur lors de son intervention lors du lancement de la nouvelle série « Ambassador Series » du Stimson Center, un think tank américain consacrant cette édition aux enjeux géopolitiques et économiques de l’Afrique du Nord. Le volet technologique progresse également, avec des discussions sur l’installation de data centers solaires dans le Sahara. Ce projet place l’Algérie parmi les rares pays africains capables d’offrir une capacité énergétique fiable et une connectivité internationale par fibre optique.
Ce rapprochement se construit dans un environnement régional contrasté. Face à la Tunisie, en proie à une crise financière limitant ses capacités d’investissement, l’Algérie s’appuie sur un marché intérieur solide, une industrie en reconstruction et une politique active de soutien à la jeunesse et aux start-ups. Par rapport aux économies du Golfe, l’avantage algérien réside dans son capital humain : 70 % de la population a moins de 30 ans.
« Chaque année, un million de jeunes diplômés arrivent sur le marché du travail. Ils ne resteront pas spectateurs : ils participent déjà à transformer le pays », a insisté Boukadoum. La stabilité institutionnelle de l’Algérie, notamment face aux turbulences en Afrique subsaharienne, constitue un autre atout. Soutenue par un plan d’investissements de 60 milliards de dollars dans l’énergie et l’hydrogène, elle offre un cadre attractif pour les investisseurs américains.
Washington, de son côté, perçoit l’Algérie comme un acteur pivot. « Nous avons été le premier pays à signer un traité avec les États-Unis en 1795. L’histoire entre Alger et Washington n’a rien de superficiel »,a rappelé l’ambassadeur. La signature récente d’un accord de coopération en matière de défense illustre cette relation en structuration. En combinant énergie compétitive, vastes espaces disponibles et position géostratégique, l’Algérie entend s’affirmer comme un partenaire économique incontournable dans la région.
Par M. A.
