L’assurance takaful gagne du terrain Avec près de 26 000 d’adhérents au 1er semestre 2025
Le marché algérien de l’assurance takaful confirme sa dynamique exceptionnelle. En seulement trois années d’activité, la compagnie publique El Djazair Takaful s’impose comme l’acteur dominant du secteur, avec une part de marché de 58 % et une progression fulgurante de ses indicateurs.
Au premier semestre 2025, l’entreprise a enregistré près de 26 000 adhérents, contre 8 000 seulement à la même période en 2024, soit un triplement du nombre de clients en une année. « Le nombre d’assurés a été multiplié par trois, ce qui traduit une confiance croissante dans ce modèle basé sur la solidarité et la finance islamique », a expliqué son PDG, Mahfoudh Ziane Bouziane, lors de son intervention à la télévision algérienne.
Sur le plan financier, la performance est tout aussi remarquable. Les cotisations ont atteint environ 40 milliards de centimes au premier semestre 2025, contre 24 milliards un an plus tôt, affichant une croissance proche de 70 %. Certains segments ont même enregistré une hausse de 100 %. « Nous avons réussi à doubler les souscriptions en l’espace d’une année, ce qui prouve que le takaful séduit aussi bien les particuliers que les entreprises », a précisé le dirigeant. El DjazairTakaful mise également sur l’expansion territoriale. Son réseau est passé de 15 agences dans une dizaine de wilayas en 2024 à 26 agences réparties sur 22 wilayas à mi-2025, avec l’ambition de couvrir l’ensemble du territoire national d’ici 2026-2027. « L’Algérie est un pays-continent, il est essentiel d’être présent partout. Notre objectif est d’installer au moins une agence dans chaque grande agglomération », a souligné M. Bouziane. Au-delà de l’expansion commerciale, la compagnie a déjà redistribué des bénéfices à ses adhérents. Après un premier excédent reversé en 2023, un nouveau surplus sera distribué en 2024, estimé entre 20 % et 25 %. « C’est une spécificité du takaful : quand le fonds enregistre des excédents, ils reviennent aux assurés. Ce principe renforce la confiance et l’adhésion des citoyens », a insisté le PDG.
Pour MahfoudhZiane Bouziane, ces résultats sont aussi le fruit d’une volonté politique forte. La création d’une compagnie publique dédiée a envoyé, selon lui, « un signal clair de l’État en faveur du développement de la finance islamique ». Une dynamique qui suscite désormais l’intérêt d’investisseurs étrangers, désireux de pénétrer le marché algérien de la finance islamique et du takaful. Reste un défi de taille : renforcer la contribution du secteur des assurances au produit intérieur brut. Actuellement, elle demeure inférieure à 1 %, mais l’essor du takaful pourrait changer la donne. « Notre ambition est d’élargir l’inclusion financière. Plus d’Algériens auront accès à l’assurance, plus le secteur participera à la croissance nationale », a-t-il conclu.
Par Mourad A.
