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Le corridor ferroviaire Alger-Tamanrasset: Un projet stratégique parmi les plus transformateurs d’Afrique

Le projet de ligne ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset continue de susciter l’intérêt des grandes institutions financières africaines. À l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), organisées à Brazzaville, cette infrastructure majeure a été présentée comme l’un des projets les plus structurants et les plus transformateurs du continent africain. Au-delà de son importance nationale pour l’Algérie, ce corridor transsaharien est désormais considéré comme un levier essentiel pour l’intégration économique africaine et la concrétisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Intervenant lors d’une rencontre consacrée aux grands projets d’infrastructures du continent, la vice-présidente principale du Groupe de la BAD, Marie-Laure Akin-Olugbade, a souligné le caractère exceptionnel de cette réalisation ferroviaire. Selon elle, le corridor Alger-Tamanrasset représente l’une des initiatives les plus ambitieuses soutenues par l’institution panafricaine.

« Parmi nos interventions les plus transformatrices figure le projet ferroviaire algérien, qui constitue essentiellement la voie transsaharienne », a-t-elle déclaré, mettant en avant le rôle déterminant des infrastructures de transport dans le renforcement des échanges commerciaux et de l’intégration régionale.

Le projet ferroviaire Alger-Tamanrasset s’inscrit dans une vision stratégique visant à relier le nord du continent à sa profondeur sahélienne et subsaharienne. En traversant plusieurs wilayas algériennes, notamment Alger, Laghouat, Ghardaïa, El-Meniaa, In Salah et Tamanrasset, cette ligne devrait constituer un axe logistique majeur facilitant la circulation des marchandises et des personnes entre l’Afrique du Nord et les pays du Sahel.

Dans le contexte de la Zlecaf, entrée progressivement en vigueur pour favoriser la libre circulation des biens et services à travers le continent, les infrastructures de transport sont considérées comme un préalable indispensable. Les experts estiment que le déficit de connectivité demeure l’un des principaux obstacles au développement du commerce intra-africain, qui représente encore une faible part des échanges globaux du continent.

La future ligne ferroviaire pourrait ainsi jouer un rôle décisif dans la réduction des coûts logistiques, l’amélioration de la compétitivité des économies africaines et le désenclavement de vastes territoires sahariens. À terme, elle pourrait également être prolongée vers les pays voisins du Sahel, renforçant ainsi la vocation continentale du projet.

La Banque africaine de développement participe activement au financement du premier tronçon du projet, reliant Laghouat à Ghardaïa puis à El-Meniaa. Selon Marie-Laure Akin-Olugbade, il s’agit du plus grand projet jamais financé par la BAD en Algérie.

Cet engagement traduit la confiance de l’institution dans le potentiel économique de cette infrastructure et dans sa capacité à générer des retombées durables. Les responsables de la Banque considèrent que ce corridor contribuera non seulement à la diversification économique de l’Algérie, mais aussi à l’émergence de nouveaux pôles de développement dans les régions du Sud.

Le projet s’inscrit également dans la stratégie algérienne visant à renforcer les infrastructures de transport et à valoriser les ressources économiques du Grand Sud, tout en consolidant la position du pays comme plateforme d’échanges entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique subsaharienne.

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a accordé une importance particulière à ce chantier qu’il a qualifié récemment de « nouveau pari du siècle ». Une expression qui témoigne de l’ampleur des ambitions attachées à cette réalisation. Le chef de l’État a même comparé son importance stratégique à celle du projet minier de Gara Djebilet, considéré comme l’un des piliers de la nouvelle politique industrielle du pays. Selon les orientations présidentielles, la mise en service de la ligne est prévue pour la fin de l’année 2028. Outre ses dimensions économiques, le projet devrait contribuer à améliorer la mobilité des populations du Sud, favoriser l’investissement privé et renforcer l’attractivité des régions sahariennes.

Par Réda Hadi

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