02/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Le dispositif national de gouvernance des données lancé: L’Algérie renforce sa souveraineté numérique

Sous le haut patronage du président de la République, le Premier ministre Sifi Ghrieb a officiellement inauguré, ce lundi au Centre international des conférences (CIC), la plateforme nationale de gouvernance des données. En présence de Meriem Benmouloud, ministre et haut-commissaire à la numérisation, cet événement consacre une étape décisive pour l’Algérie, érigeant désormais la donnée en pilier central de la souveraineté numérique et de la conduite des politiques publiques.

Placée sous le slogan « Souveraineté, organisation et transparence », cette initiative s’inscrit dans une démarche de structuration globale de l’écosystème informationnel de l’État. Elle vise à mettre fin à la dispersion des systèmes, à l’hétérogénéité des bases de données et à la fragmentation des processus de numérisation. Le nouveau dispositif repose sur un modèle souverain intégré, destiné à encadrer la production, la gestion, la circulation et l’exploitation des données publiques dans un cadre unifié, sécurisé et normé. Dans une allocution à forte portée stratégique, le Premier ministre a tenu à redéfinir la place de la donnée dans l’architecture de l’action publique.

Pour Sifi Ghrieb, la donnée n’est plus un simple support administratif, mais une ressource de puissance. « Les données sont devenues un actif stratégique de l’État, au même titre que la terre, l’eau ou l’énergie. Elles constituent un levier décisif pour soutenir la décision publique, améliorer l’efficacité des politiques nationales et renforcer la souveraineté de l’État », a-t-il déclaré.

Consacrée par le décret présidentiel n°25-350 du 30 décembre 2025, la plateforme nationale de gouvernance des données ne se limite pas à un outil technique. Elle s’appuie sur une architecture complète comprenant un réseau souverain dédié, chargé de relier l’ensemble des institutions et organismes publics. Ce réseau doit assurer des échanges d’informations rapides, interopérables et hautement sécurisés, tout en réduisant l’exposition aux risques externes et aux vulnérabilités cybernétiques. L’objectif est d’installer une chaîne de confiance numérique couvrant l’ensemble des flux de données institutionnelles. Le chef du gouvernement a souligné que cette évolution marque une rupture avec les pratiques antérieures.

Le passage d’une gouvernance fondée sur le papier et des systèmes isolés vers une gouvernance numérique globale constitue, selon lui, une condition essentielle pour améliorer la performance de l’action publique. « Cette plateforme constitue un pilier essentiel pour la construction d’un État moderne et innovant, capable d’anticiper les défis futurs. Elle nous permet de passer d’une numérisation fragmentée à une gouvernance numérique globale, centrée sur la donnée », a affirmé M. Ghrieb.

Cette centralité de la donnée doit permettre une meilleure traçabilité des décisions, une plus grande cohérence des politiques publiques et un renforcement de la transparence administrative. La dimension interinstitutionnelle du projet a également été mise en avant. Les autorités insistent sur la coordination entre les différents secteurs et sur l’adhésion progressive des administrations au nouveau cadre de gouvernance. La plateforme est conçue comme un socle commun de référence, favorisant l’harmonisation des standards, la qualité des bases de données et le partage contrôlé de l’information entre organismes publics, dans le respect des prérogatives de chacun.

Au-delà de la sphère administrative, les retombées attendues concernent aussi l’économie nationale. En dotant le pays d’un cadre juridique et organisationnel clair en matière de données, les pouvoirs publics entendent renforcer la confiance des investisseurs et soutenir l’essor de l’économie numérique. Des données fiables, structurées et accessibles, (dans un cadre réglementé) sont présentées comme un facteur clé pour encourager l’innovation, stimuler l’entrepreneuriat technologique et faire émerger de nouveaux modèles économiques fondés sur la valorisation de l’information.

La plateforme est également appelée à jouer un rôle central dans le développement de l’intelligence artificielle en Algérie. Le Premier ministre a rappelé que la performance des solutions d’IA dépend directement de la qualité des jeux de données disponibles. Il a insisté sur le fait qu’il est impossible de concevoir des applications d’IA robustes sans « des données structurées, de qualité, interopérables et fiables », tout en soulignant que cette dynamique doit s’inscrire dans « le strict respect des exigences de cybersécurité, des principes éthiques et de la protection des données à caractère personnel ».

Sur le plan international, cette démarche vise également un alignement avec les normes et les bonnes pratiques en matière de gouvernance des données. Elle doit améliorer l’interopérabilité avec les partenaires étrangers, faciliter la coopération numérique et renforcer la position de l’Algérie comme acteur crédible dans l’espace numérique mondial.

En conclusion, le Premier ministre a tenu à souligner la portée politique du projet : il ne s’agit pas, selon ses termes, « d’un choix technique conjoncturel, mais d’un choix souverain et stratégique mûrement réfléchi ». Appelant à une mobilisation de l’ensemble des secteurs, il a exhorté les institutions à intégrer durablement une culture de la donnée comme actif stratégique. La réussite de ce modèle national, a-t-il estimé, doit permettre à l’Algérie de se hisser parmi les pays de référence en matière de gouvernance des données et de consolider sa crédibilité sur la scène numérique internationale.

Par Selma R.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *