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Le ministre de l’Agriculture à l’écoute des investisseurs

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, a présidé samedi soir une rencontre nationale cruciale avec les investisseurs bénéficiaires de terres agricoles dans les wilayas du Sud. L’événement, organisé par son département, s’est voulu un espace d’échanges directs et de concertation, destiné à lever les obstacles qui freinent l’exploitation optimale des terres attribuées dans le cadre des grands programmes de développement agricole saharien.

La réunion, tenue en présence des directeurs centraux, des responsables de l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes (ODAS) et de l’Office national des terres agricoles (ONTA), a rassemblé des investisseurs issus aussi bien du secteur public que du secteur privé. Cette configuration a permis de dresser un état des lieux complet sur les difficultés rencontrées par les différents acteurs et de dégager des pistes de solutions concrètes.

Au cœur des discussions, les investisseurs ont mis en avant un ensemble de problèmes qui freinent l’avancement de leurs projets, malgré la disponibilité des terres et la volonté d’investir. L’un des principaux obstacles reste le raccordement des exploitations aux réseaux d’électricité et d’eau indispensables pour l’irrigation et le fonctionnement des équipements modernes. Beaucoup d’exploitants se trouvent isolés, dépendant de solutions coûteuses et peu fiables, ce qui limite la rentabilité et décourage certains investisseurs.

L’ouverture de pistes et l’aménagement des accès. Dans plusieurs périmètres sahariens, l’absence d’infrastructures routières adéquates complique le transport des intrants agricoles (semences, engrais, carburant) et des récoltes vers les marchés, entraînant des surcoûts logistiques importants.

Les investisseurs ont également insisté sur le manque de matériel agricole adapté aux sols sableux et aux conditions climatiques extrêmes du Sud. Les tracteurs et systèmes de semis traditionnels, conçus pour les terres du Nord, sont souvent inefficaces ou s’usent rapidement. Les opérateurs réclament des incitations pour importer ou fabriquer localement du matériel spécifique au contexte saharien.

Sur le plan administratif, plusieurs participants ont dénoncé la lenteur des procédures et l’absence d’une véritable numérisation des démarches. La régularisation du foncier agricole reste un casse-tête pour de nombreux investisseurs, retardant l’accès au financement bancaire. Or, sans titres de propriété clairs, il est difficile d’obtenir des crédits d’équipement ou d’exploitation, freinant le développement de projets pourtant viables.

Face à ces doléances, le ministre a assuré que tous les points soulevés seront traités de manière progressive mais résolue. Il a annoncé l’inscription, dans le projet de loi de finances (PLF) 2026, d’un programme ambitieux de raccordement des exploitations agricoles aux réseaux vitaux, notamment l’électricité, l’eau et les télécommunications.

Le ministre a également rappelé que les responsables locaux seront tenus pour comptables de la mise en œuvre des solutions sur le terrain. Des coordinations directes seront établies avec les ministères de l’énergie, de l’hydraulique, des communications et des finances pour lever les obstacles intersectoriels. Des réunions périodiques seront organisées afin de suivre de près l’avancement des projets, avec pour objectif de résoudre rapidement les blocages techniques et administratifs.

Au-delà des mesures ponctuelles, cette rencontre a mis en lumière la volonté des pouvoirs publics de faire des terres sahariennes un levier stratégique pour la sécurité alimentaire nationale. Les investisseurs présents ont réaffirmé leur engagement à développer une agriculture moderne, mécanisée et compétitive, à condition que les conditions structurelles soient réunies.

La mise en place d’une cartographie des risques, la modernisation des mécanismes d’accompagnement et le renforcement du rôle de l’administration locale figurent parmi les solutions envisagées pour améliorer la gouvernance du secteur. L’objectif est de transformer les périmètres agricoles sahariens en pôles de production capables de réduire la dépendance aux importations et de contribuer à la diversification économique du pays.

En donnant la parole aux acteurs du terrain, cette rencontre nationale marque une étape décisive dans la mise en cohérence de la politique agricole avec les réalités du Sud. Si les promesses annoncées se concrétisent, les investisseurs pourraient enfin bénéficier d’un environnement favorable, propice à l’essor d’une agriculture saharienne durable et compétitive.

Par Réda Hadi

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