L’Algérie affiche ses ambitions pour se positionner comme un hub énergétique et industriel régional reliant l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. En effet, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a appelé lundi à Oran les investisseurs, entreprises et partenaires technologiques étrangers à saisir les opportunités offertes par l’Algérie dans le secteur énergétique, notamment dans les hydrocarbures, les énergies renouvelables et les technologies bas carbone.
De notre envoyé spécial Zahir R.
Intervenant à l’ouverture de la 14e édition du Salon et de la Conférence sur l’énergie et l’hydrogène en Afrique et en Méditerranée (NAPEC 2026), M. Arkab a insisté sur la nécessité de développer des partenariats « concrets, rapides dans leur exécution et générateurs de valeur ajoutée partagée », en invitant les investisseurs et opérateurs internationaux à contribuer à la réalisation de projets créateurs d’emplois, de compétences et de valeur ajoutée.

Le message de l’Algérie est clair : « Nous voulons des partenariats concrets, rapidement exécutables et générateurs de valeur ajoutée commune ; des investissements qui renforcent nos capacités de production, améliorent notre efficacité, accélèrent l’intégration technologique et développent un contenu local compétitif », a souligné le ministre, avant d’ajouter : « Nous voulons également renforcer la position de l’Algérie en tant que plateforme énergétique et industrielle fiable, contribuant à relier les dynamiques africaines, méditerranéennes et européennes, dans un cadre de coopération, de stabilité et de bénéfice mutuel ».
Indiquant que les défis auxquels sont confrontés les systèmes énergétiques ne peuvent être relevés par aucun État ou aucune institution à elle seule, le ministre Arkab a insisté sur la coopération technique et technologique et le partage des expériences, qui sont des éléments essentiels pour construire des systèmes énergétiques plus sûrs, plus efficaces et plus durables. « Depuis cette tribune, j’adresse un appel clair à l’ensemble des acteurs présents aujourd’hui, entreprises nationales et internationales, institutions financières, fournisseurs de technologies, bureaux d’ingénierie, centres de recherche et start-up : Nous sommes pleinement disposés à travailler avec vous sur des projets réalisables et finançables, technologiquement solides et capables de créer des emplois, de développer les compétences et de générer de la valeur ajoutée. Travaillons ensemble à transformer les opportunités offertes par l’Algérie et l’Afrique en projets concrets, et à bâtir un avenir énergétique plus sûr, plus flexible et plus durable, au service de nos peuples et de nos économies, et renforçant la coopération entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe ».
Une transition énergétique progressive et maîtrisée
Dans ce cadre, le ministre a mis en avant les opportunités d’investissement ouvertes par l’Algeria Bid Round 2026, présentée comme une nouvelle étape dans le renforcement de l’attractivité du domaine minier national. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la loi sur les hydrocarbures, qui vise notamment à favoriser l’investissement dans l’exploration, la production et l’utilisation de technologies modernes permettant d’améliorer les taux de récupération et d’optimiser l’exploitation des ressources.
Cette ouverture à l’investissement intervient alors que l’Algérie entend accélérer sa transition énergétique, tout en maintenant la sécurité de son approvisionnement et en valorisant ses ressources en hydrocarbures. Dans son intervention, M. Arkab a défendu une approche graduelle et pragmatique de la transition, adaptée aux réalités économiques et sociales du pays. Le ministre a notamment souligné que le gaz naturel continuera de jouer un rôle important dans cette évolution, en raison de sa contribution à la flexibilité du système énergétique, à l’industrie et à la réduction de l’intensité carbone. En parallèle, l’Algérie entend développer les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les technologies bas carbone.
Cette orientation rejoint la politique énergétique nationale, qui vise notamment à accroître la contribution des énergies nouvelles et renouvelables, à améliorer l’efficacité énergétique et à renforcer l’intégration régionale de l’Algérie à travers des partenariats énergétiques structurants.
L’hydrogène vert constitue également un axe important de cette stratégie. L’Algérie dispose, selon les autorités, d’atouts liés à ses ressources naturelles, ses infrastructures énergétiques, ses capacités industrielles et sa position géographique pour développer une filière hydrogène destinée notamment aux marchés européens.
La coopération avec l’Union européenne porte déjà sur le développement de l’hydrogène renouvelable et sur le projet SoutH2 Corridor, destiné à créer un corridor reliant l’Algérie à l’Europe pour le transport d’hydrogène. Les discussions portent également sur la mobilisation des investissements nécessaires à la réalisation de projets industriels intégrés et au développement d’un marché compétitif de l’hydrogène.
Concernant le Gazoduc transsaharien (TSGP), le ministre a souligné que le TSGP doit contribuer à la valorisation des ressources africaines, au renforcement de l’intégration continentale et au développement des infrastructures énergétiques, tout en créant des retombées économiques et sociales pour les pays traversés.
Par ailleurs, la stratégie présentée par le ministre accorde également une place importante à la décarbonation de l’industrie énergétique. Sonatrach vise notamment l’élimination du torchage de routine à l’horizon 2030 et une réduction significative des émissions de méthane. Selon les données présentées dans le discours de M. Arkab, les volumes de gaz torché ont diminué de 25 % entre 2020 et 2024, tandis que les projets de récupération du gaz associé ont permis de valoriser plus d’un milliard de mètres cubes.



