ANALYSE

Le monde du savoir au service du progrès économique: Pour un développement intelligent et durable

PAR Abderrahmane Hadef (*)

De tout temps en Algérie, la carence ou bien la quasi-inexistence de la connexion entre le monde économique et la communauté scientifique a été décriée par tout le monde et pour diverses raisons.

Par conséquent, il est important de penser à formaliser cette coopération sur le terrain et loin des discours stériles et démagogiques. Il est plus que prioritaire de créer cette mixture entre les deux communautés à travers un pacte mutuellement bénéfique et performant. De ce fait, et comme première étape opérationnelle, il est fortement recommandé d’intégrer des représentants du monde économique (le secteur privé en particulier) tel que les chambres de commerce et les organisations patronales dans les conseils d’administration des universités et des centres de recherches. Ce qui va sans nul doute permettre un rapprochement des visions et l’instauration d’un dialogue permanent et objectif. La professionnalisation des enseignements devient une réalité et ne restera pas comme de simples vœux. L’université formera selon les besoins des partenaires économiques implantés dans sa région. Le choix des spécialités et des cursus se feront en adéquation de la demande et des évolutions constatées dans le monde économique. A ce titre, il faut bien voir l’évolution dans la gestion des grandes universités à travers le monde et particulièrement aux USA.

Une évolution qui eut des conséquences fulgurante et rapide en terme de croissance économique infrarégionale, on peut citer à titre d’exemple le phénomène de la Silicon Valley dans le comté de Santa Clara en Californie grâce à la contribution de l’université de Stanford ou bien à Bouston et dans les régions avoisinantes avec le grand rôle joué par le Massachussets Instinute of Technology (le Fameux MIT). Aussi on peut évoquer le rôle qu’a eu à jouer en Grand Bretagne pour l’émergence et la réussite de certaines régions grâce à l’apport des universités comme Cambridge et Oxford. En Algérie les régions sont dans l’obligation de tirer profit et valoriser l’atout du monde scientifique. Les Conseils locaux pour l’économie (CLE’s) doivent élaborer un plan d’actions pragmatique pour concrétiser sur le terrain cette passerelle entre les entreprises et les universités selon les spécificités locales.

En complément du monde universitaire, la formation professionnelle doit aussi être mise à contribution par le biais d’un vrai partenariat afin de valoriser les actifs existant et permettre à une grande partie de la population d’accéder à des formations facilitant ainsi leur intégration comme force de travail dans les différents domaines. Personne ne peut nier aujourd’hui les innombrables réalisations de structures et d’écoles de formation professionnelles à travers toutes les régions du pays. Ces établissements peuvent devenir des vrais vecteurs de croissance régionale.

De l’autre côté, il faut prévoir l’implantation des unités de recherche et d’innovation à l’intérieur même des Parc industriels afin de valoriser leurs travaux, comme par exemple en Allemagne ou on retrouve des Centre R&D au niveau des Zones Industrielles .

Aujourd’hui, l’évolution, des technologies et des métiers et par souci de compétitivité, oblige les entreprises à avoir une organisation ultra flexible et orientée vers la créativité et l’innovation. Il serait difficile surtout pour le tissu des PME/TPE de disposer de structure dédiées à la R&D et à l’innovation. Des solutions palliative basée sur un principe collaboratif peut être misent en place. A ce titre, il serait fort intéressant de prévoir l’implantation des unités de recherche appliquées et d’innovation à l’intérieur des Parcs industriels. Ca permettra à la fois de valoriser les projets de recherche sur lesquelles travaillent les nombreux centres et créer de la proximité entre les deux parties pour une meilleure collaboration et plus de performance. L’implantation d’agences telle que l’ANVDERT (pour la valorisation des projets de recherche) et l’APRU (pour toutes les questions relatives à la transition énergétique) dans les parcs industriels est plus que souhaitable. De même que pour des centres Comme le CDER spécialisé dans les énergies renouvelable et le CDTA pour les nouvelles technologies telles que les impressions 3D et ou bien son incubateur des start-ups et bien d’autres organismes qui activent dans le domaine de la recherche et de l’innovation.

* CEO & Founder, à Intelligence Vector Consulting

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