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Les contours d’une nouvelle doctrine économique se dessinent

Portée par une dynamique de réformes profondes et une volonté affirmée de rompre avec le modèle rentier, l’économie algérienne entre dans une phase charnière de son développement. Entre la consolidation de la croissance hors hydrocarbures, la refonte de la gouvernance budgétaire et l’élan impulsé aux secteurs de l’industrie, de l’agriculture et de l’économie numérique, les contours d’une nouvelle doctrine économique se dessinent progressivement.

Fondée sur la souveraineté nationale, la diversification des ressources et la création durable de richesse, cette vision vise à transformer structurellement l’appareil productif. L’enjeu majeur demeure toutefois la capacité à lever les obstacles bureaucratiques et techniques afin que cette transformation se traduise de manière concrète et durable dans le quotidien des citoyens. Dans ce contexte, l’année 2025 aura marqué, selon l’expert en développement économique Abderrahmane Hadef, une étape décisive dans la trajectoire de transformation engagée par l’Algérie. Invité de la « Chaîne I » de la radio nationale, l’expert affiche un optimisme mesuré, tout en appelant à une accélération maîtrisée des réformes. « L’Algérie est aujourd’hui engagée dans un projet de transformation économique globale. L’année 2025 a été une année de consolidation de ce nouveau cap », a-t-il affirmé.

Au cœur de cette dynamique se dessine une rupture assumée avec le modèle rentier traditionnel dominé par les hydrocarbures. « Nous sommes en train de fonder une véritable doctrine économique nouvelle, basée sur la souveraineté économique, et non plus sur la dépendance au revenu pétrolier », a expliqué Abderrahmane Hadef. Cette doctrine repose, selon lui, sur deux piliers structurants : le renforcement des capacités productives nationales et la promotion active du commerce extérieur, afin de hisser l’économie algérienne à un niveau supérieur de performance et de résilience. Les indicateurs macroéconomiques viennent conforter cette orientation. Le gouvernement table sur une croissance comprise entre 4 et 4,1 % en 2026, un taux que l’expert juge crédible, d’autant plus qu’il est désormais porté par les secteurs hors hydrocarbures. « La croissance hors hydrocarbures dépasse aujourd’hui les 5,4 %, et c’est là le véritable fondement de notre optimisme », a-t-il souligné, estimant que le pays dispose, à moyen terme, d’un potentiel de croissance compris entre 6 et 8 %, à condition de valoriser pleinement les réformes engagées.

Toutefois, cette transformation ne saurait produire pleinement ses effets sans une refonte en profondeur de la gouvernance budgétaire. Hadef a rappelé que la réforme des finances publiques constitue désormais une priorité stratégique. « La nouvelle loi organique des finances publiques introduit une logique de transparence, de discipline et surtout d’efficacité dans l’utilisation du dinar public », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité que chaque dépense génère un rendement économique et social tangible. Au-delà du cadre macroéconomique, l’expert plaide pour une mutation des politiques sectorielles, rompant définitivement avec la gestion cloisonnée. « Nous devons sortir du mode de gestion en silos. La nouvelle phase exige une véritable ingénierie gouvernementale, fondée sur la coordination intersectorielle », a-t-il affirmé. Cette approche est, selon lui, indispensable pour donner corps à la souveraineté économique dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’industrie et l’économie numérique.

S’agissant de l’agriculture, Abderrahmane Hadef appelle à un changement structurel profond. « Le secteur agricole doit viser une contribution de plus de 20 % au PIB. Cela suppose une nouvelle gouvernance, de nouvelles coopératives et une maîtrise intégrale des chaînes de valeur, de la recherche jusqu’à la commercialisation », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de l’investissement privé et des partenariats structurants. L’industrie, quant à elle, est présentée comme l’un des principaux moteurs de la diversification. « Le secteur industriel est un levier fondamental du nouveau modèle économique », a rappelé l’expert, citant les performances enregistrées au premier trimestre 2025, avec une croissance de plus de 6 % pour l’industrie publique.

Enfin, l’expert a souligné l’urgence de dynamiser le marché financier afin de réduire la dépendance au financement bancaire. « L’Algérie a besoin d’un marché financier actif, capable de mobiliser l’épargne et de financer l’investissement productif », a-t-il plaidé, saluant les efforts de sensibilisation menés par l’autorité de régulation. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une demande énergétique croissante, Abderrahmane Hadef a conclu en appelant à accélérer la transition énergétique. 

Par Adem A.

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